Prologue

NOTE : L’histoire qui suit est une « bêta » en cours d’écriture. Le texte final pourra être très différent de cette première version tout comme elle pourrait ne pas trop changer. De fait, si vous voyez des petites fautes ça et là euh… Eh bien désolé d’abord, et prenez en compte qu’elles seront bien évidemment corrigées le jour où le livre sera inévitablement publié. Merci de votre compréhension et bonne lecture !

 

« Hé, vous ! Que pensez-vous de la qualité déclinante des huîtres du Bassin d’Arcachon ? »

Leo s’arrêta. Que… Quoi ? Mais… Hein ? Je… Mais… Euh… Hein ? « Quoi ? »

L’homme s’approcha et reposa sa question, de manière un peu plus insistante : « Que pensez-vous de la qualité déclinante des huîtres du Bassin d’Arcachon ? »

      En dehors de l’impossibilité de répondre à la question, Leo était perturbé par le fait qu’il ne savait pas qui était cette personne étrangement bien habillée. Faisait-elle un sondage ? Visiblement non, elle ne portait pas de papier avec de quoi noter son éventuelle réponse. Faisait-elle partie d’une quelconque émission de caméra cachée ? Possible. Les caméras deviennent tellement petites qu’elles en deviennent indétectables. Ceci dit, il ne saurait pas pourquoi est-ce que ça ferait rire des gens de voir des personnes totalement déboussolées à cause d’une question venue de nulle part… Quoique. Peut être s’agissait-il tout simplement de quelqu’un d’énervé contre l’industrie ostréicole à cause d’un repas de réveillon qui a mal tourné. Peu importe son identité, Leo devait lui répondre. Peut être qu’il me laissera tranquille si je lui donne la réponse qu’il veut entendre.« Elle est… déclinante ? »

Un sourire immense se dessina sur le visage de l’homme : « Exactement ! Je savais que quelqu’un serait d’accord avec moi, vous n’imaginez pas à quel point je pensais… »

      Et merde… De toutes les personnes traversant la rue Sainte-Catherine, il fallait que cet énergumène s’adresse à lui. En plus sa question est mal tournée ! Leo se mit à regretter d’avoir oublié de charger son lecteur MP3 avant de partir de chez lui. Il aurait tout aussi bien pu ne prendre que son casque, histoire de faire illusion. Les gens ont bien plus souvent tendance à vous laisser tranquille quand ils pensent que vous avez la tête ailleurs, et dans cette situation là, sa présence aurait été plus que bienvenue.

***

     Et le pire c’est qu’il ne s’arrête pas, le bougre ! Voilà déjà cinq bonnes minutes qu’il parle d’huîtres et du déclin de la société – comment en est-il arrivé jusque-là, Leo ne le savait pas – et voilà maintenant qu’il se met à causer politique ! Leo commença à considérer que quelqu’un quelque part lui en voulait énormément pour avoir vécu aussi longtemps. D’ailleurs, y’a-t-il quelqu’un supervisant toute forme de vie sur cette planète ? Quitte à être coincé avec un homme déblatérant des sottises, autant y réfléchir.

Leo n’arrêtait pas de se poser des questions à ce sujet, et surtout depuis quelques mois : il avait une chance monstrueuse et il ne pensait pas cela normal, comme si quelqu’un veillait sur lui et l’empêchait de mourir (ou au moins de se blesser de façon plus ou moins grave). La première fois qu’il s’en était véritablement rendu compte, c’était quand il avait manqué de tomber dans des escaliers. Son bras avait retrouvé la rampe et il avait réussi de façon quasi-miraculeuse à retenir sa chute, comme si son corps tout entier en avait déjà fait l’expérience ne voulait pas la revivre. Bien entendu, il en avait parlé à ses parents le soir même. Ils avaient mis tout cela sur le compte de ses réflexes encore aiguisés par son jeune âge, mais le doute planait dans son esprit.

Il y avait eu aussi cette fois où un pot de fleur avait manqué de s’écraser sur sa tête… Mais le lecteur n’a pas besoin d’être inondé par autant d’exposition à ce moment de l’histoire et par un heureux concours de circonstance, Leo venait de remarquer que l’homme lui avait posé une autre question et qu’il attendait de lui une réponse. N’ayant pas écouté, ni ne sachant quoi dire, il haussa les épaules en émettant un petit ‘humpf’, ce qui semblait convenir à l’homme qui reprit sa tirade de plus belle.

***

      Au bout de deux minutes qui lui semblaient être une éternité, Leo sentit des vibrations provenant de sa poche de pantalon droite. Un appel, signe que le destin n’était peut être pas si rancunier après tout ! Il interrompit l’homme qui semblait désormais parler de conspiration sioniste : « – Je suis désolé, je dois y aller, j’ai un appel !

– Oh… Eh bien bonne journée alors ! »

Les deux hommes partirent dans des directions opposées. Leo prît son téléphone et vit sur son écran que le numéro lui était inconnu. Il hésita, puis répondit : « – Ouiyello ?

– Bonjour. Monsieur Davis ? » C’était une voix féminine. À son ton, il y avait trois chances sur quatre qu’il s’agisse d’une standardiste. Leo commença à craindre le pire.

« – Oui, c’est bien moi… Enfin… Euh, oui ?

– Oui bonjour, nous vous appelons pour vous parler de l’ouverture d’un magasin de… » 

      Mais c’est quoi cette journée pourrie !? Rrrraaah !

***

      Au bout de quarante secondes de blabla inutile à ses oreilles, Leo jeta un œil à sa montre, uniquement pour voir qu’il était déjà 16h25. Dans cinq minutes il allait être en retard pour le dernier cours de la journée, le lycée se situant à l’autre bout de la rue, soit à 500 mètres de là où il était ! Plus de doutes, il allait devoir courir plus vite que jamais s’il ne voulait pas avoir une pénalité. Il prit le temps de dire gentiment que l’offre ne l’intéressait pas avant de dire au revoir et de raccrocher, mettre le téléphone dans sa poche en veillant à ne pas le faire tomber et mettre son sac sur ses deux épaules avant de commencer à courir à toute vitesse, évitant les nombreux passants avec une agilité dont il ne soupçonnait pas l’existence.

Les devantures de magasins défilaient à toute allure, semblant se brouiller dans un mélange de couleurs vives et de lumières quasi-aveuglantes. Tandis qu’il courrait, Leo ne voyait clairement que son objectif. Le bout de la rue se rapprochait lentement, mais sûrement, jusqu’au moment où elle fût coupée en deux parties égales. Le réseau routier et de tramway la traversaient perpendiculairement, frontière invisible entre le côté lumineux, chic et riche de la ville et les quartiers pauvres, où la lumière semblait être moins présente, les échoppes plus vétustes et l’ambiance franchement moins rassurante.

Leo continua de courir, trop focalisé sur son objectif pour faire attention à ses alentours. À sa propre surprise, il se mit à penser à cette histoire de pot de fleur, mais un bruit assourdissant le sortit quasi-immédiatement de sa réflexion. Il tourna sa tête vers la droite et vit le tram arriver droit sur lui, le chauffeur paniqué klaxonnant, ne pouvant freiner brutalement à cause du poids de l’engin. Malgré sa peur, Leo réussit à continuer à courir, évitant de finir écrasé comme un vulgaire Leo-sandwich. In extremis, il avait réussi à défier la mort, et vit le regard des passants. Certains étaient choqués tandis que d’autres s’apprêtaient à courir pour le rattraper.

Ce qu’il ne vit pas en revanche, c’était la voiture roulant à une vitesse un peu trop élevée sur la route juste derrière. Il ne vit pas non plus l’impact.

Au lieu de cela, il vit une vieille maison, entourée de rien d’autre que les ténèbres et la faible lueur des astres.


Chapitre 1

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