A Peculiar Cat

« Rien de mieux qu’un bon jeu pour se récompenser après une longue séance de travail ! Qu’est-ce que t’en dis, Lucky ? »

Le chat colla sa patte sur son front. « Combien de fois t’ai-je dit de m’appeler Jack ? C’est pas parce que je suis un chat que je ne peux pas avoir de nom normal. »

Leo haussa les épaules. « Pas de ma faute si ma mère a décidé de t’appeler comme ça. »

Le chat fronça des sourcils. « Ouais, bah c’est pas ta mère qui peut me comprendre ! N’oublie pas que toi aussi tu n’es pas très humain que je sache. »

Un grognement se fît entendre. Leo n’aimait pas trop qu’on lui rappelle que son humanité avait plus ou moins disparu le jour où il avait reçu ses pouvoirs. Au moins, il n’était pas comme Jack, qui lui avait presque totalement perdu son humanité et était devenu un chat Européen au poil gris. « Ouais, bah tu sais, j’aurais pu tout aussi bien couper la poire en deux et t’appeler Jacky. »

Un spasme nerveux parcourût le visage du félin, qui montra sa patte. « Fais bien attention à ce que tu dis mon gars. Je suis peut être plus un homme, mais je peux faire tout aussi mal, si ce n’est plus. » Il fît ressortir ses griffes.

Leo répliqua en prenant sa Forme Intermédiaire. « Si tu veux jouer à ça, je peux faire tout aussi mal qu’un animal et qu’un homme en même temps, alors poupougne. »

Leo et Jack se regardèrent quelques secondes d’un air de défi, mais le chat abdiqua. « D’accord. Mais dans tous les cas, je veux que tu m’appelles Jack. »

Leo reprît sa Forme Humaine et soupira. « Okay… Tu peux être vachement susceptible quand même.

– Comme si j’avais le choix… » marmonna le chat. Il fallait avouer que son adversaire pouvait tout aussi bien avoir l’air d’une peluche vivante qu’un vicieux et malveillant renard-garou si on venait à l’énerver et que non seulement il faisait 1m50 de plus que lui en toutes circonstances, mais il avait aussi un atout non négligeable sous sa Forme Intermédiaire : des mains (griffues qui plus est).

Leo se sentît légèrement coupable de cette remarque mal placée, mais au ton de Jack, ce dernier ne semblait pas trop lui en vouloir. Le garçon se retourna et jeta un œil à sa liste de jeux Steam. « Allez, on va lancer Rogue Legacy. Ça fait un moment que ça traîne dans ma bibliothèque et j’ai jamais pris la peine de le lancer. »

Jack s’étira. « Soldes Steam ?

– Yep.

– Un piège typique… » Jack, avant de n’être qu’un chat, avait été un homme du même âge que Leo et un joueur invétéré. Leo fut surpris d’apprendre que le chat avait autrefois été un champion régional de Soul Calibur avant de mourir bêtement d’un accident d’arrosage de plantes et de faire la malencontreuse connaissance de Johnson, son dieu de substitution. Johnson était devenu fou depuis sa douloureuse séparation avec son ami et clone Gaëlnor et voulait mener des expériences plus ou moins éthiques. Il prît Jack comme cobaye et le fît Passer alors qu’il était loin d’être pur.

Résultat, Jack avait obtenu les pouvoirs de pyrokinésie et d’invisibilité, mais à peine eût le jeune homme le temps de faire griller son premier marshmallow qu’il était devenu un chat. Heureusement pour lui, il s’était arrêté juste au moment où son repas était cuit à point car à quelques secondes près il perdait sa conscience et ne serait devenu qu’un simple animal.

Johnson, paniqué, partit avec sa victime en quête de la dimension de Stan alors que ce dernier était parti voir son ami Lucien-Ferdinand, un dieu d’un univers plus ou moins voisin. Johnson jeta le chat dans le quartier de Leo avant de repartir en toute hâte, de peur de confronter un dieu qui aurait eu vite fait de le tuer s’il avait eu vent de cette histoire.

Malheureusement pour Jack, une vieille femme le recueillit alors qu’il essayait de trouver la maison de son potentiel sauveur et il passa ses jours à appeler à l’aide dans l’éventualité où Leo passerait dans le coin.

C’était un miracle que ces deux-là se soient rencontrés totalement par hasard deux jours auparavant lorsque le chat avait crié à l’aide depuis le balcon d’un immeuble de Bordeaux. Le pauvre était martyrisé par la vieille femme, qui n’arrêtait pas de vouloir lui donner à manger et la serrer dans ses bras. Lorsque Leo se rendît compte que l’animal parlait et que lui pouvait lui parler, le garçon l’invita à sauter du balcon et venir avec lui.

Suite à ça, Leo ramena Jack chez lui et après un sale coup du garçon, sa mère décida de renommer Jack ‘Lucky’. Bien entendu, le principal intéressé le prît extrêmement mal, mais Leo le rassura en lui disant qu’il ne tarderait pas à leur dire toute la vérité.

Jack sauta sur l’emplacement arrangé par le garçon pour qu’il puisse lui aussi regarder l’écran. Alors que Steam installait pour la énième fois Microsoft VC Redist Package, Leo en profita pour demander à Jack « Au fait… Tu sais combien de temps il te reste avant de pouvoir retrouver tes pouvoirs et ton apparence humaine ? »

Le chat observa le petit disque d’installation tourner l’air pensif et dit d’une voix triste. « Johnson m’a dit que si tout se passait bien, il me faudrait environ un an ou deux… Pfff, j’aurais dû me douter qu’il y avait un piège lorsqu’il m’a dit que je pouvais avoir des super-pouvoirs gratuits… »

Leo ne pouvait que compatir. Lui aussi avait été victime de ce mauvais tour, bien que les conséquences avaient été plus joyeuses pour lui. Le garçon voulût poser sa main sur l’épaule du chat, mais l’exercice se prouva être tellement compliqué qu’il renonça presque immédiatement. « Bah… Si tu veux, je ferai en sorte que l’attente te soit un minimum agréable. »

Jack se tourna et tenta de sourire. « Merci… C’est gentil. Ah tiens, le jeu se lance ! Tu verras, il est sympa. Assez difficile au départ, mais très sympa. »

***

Leo passa l’intro et fît quelques parties infructueuses sous les rires de Jack. Puis un bruit strident se fît entendre, faisant fuir le chat en quatrième vitesse jusqu’en dessous du lit. Leo se couvrît les oreilles et vît l’écran de son ordinateur devenir bleu. « Oh non. Nononon, ne me fais pas ça ! »

Un message d’erreur s’afficha quelques secondes, puis l’ordinateur s’éteignît sous le regard sidéré du garçon. Il se tourna en direction de Jack et lui demanda « Mais c’est quoi ce bordel ? Je n’ai fait que lancer un petit jeu indé ! Comment est-ce qu’il peut me faire un Blue Screen comme ça !? »

Jack le regardait, lui aussi hébété. « Hé bé, ton PC est vraiment pourri.

– Mais même pas ! Il fait tourner Borderlands en Ultra avec absolument tous les paramètres à fond ! » Leo semblait sur le point de s’arracher les cheveux.

Le chat leva la patte droite. « Ouais, c’est bizarre, mais redémarre l’ordi, j’ai envie de vérifier un truc. » Leo s’exécuta. Il appuya sur le bouton d’allumage. Rien. « Uh oh.

– Oh non. J’ai juste mal appuyé, ça ne peut… » Il retenta. Toujours rien. « Oh nononon… » Il appuya trois fois successivement « Nonononononon ! » Désespérément, il tenta de rallumer l’ordinateur une vingtaine de fois en l’espace de trente secondes.

« Je crois que tu peux arrêter. C’est mort de chez mort là.

– Mes travaux… Mon histoire… J’ai tout perdu… » Leo était paralysé devant son écran resté désespérément noir.

Jack se rapprocha de la tour. « … Et tu n’as rien sauvegardé sur un disque externe ? »

Les larmes commençaient à lui monter aux yeux. L’histoire qu’il était en train d’écrire semblait définitivement perdue. « Nooooooooon… » Sa tête rencontra le bureau.

Jack sauta sur le bureau, puis posa sa patte sur l’épaule de Leo « … Bah au pire, tu peux voir un spécialiste pour qu’il récupère les données de ton disque dur s’il n’a pas été endommagé. »

Leo leva la tête et vît le regard du chat. Il se ressaisît dans la seconde « Ah. Bon bah… Je ferai ça une fois que j’aurai récupéré un nouveau PC. Cette fois-ci, ça sera un portable relativement performant, histoire de faire les choses bien. »

***

« Monsieur, les animaux non attachés sont interdits ici. »

Le vigile de l’entrée de la Fnac était impassible. Leo tenta de négocier. « Enfin vous voyez bien qu’il ne bouge pas ! Regardez, je peux faire un tour sur moi même qu’il ne bouge même pas ! » Le garçon tourna rapidement, surprenant le chat, qui planta fermement ses griffes sur l’épaule de Leo. « Bon ok, ça fait un peu mal, mais vous voyez, il bouge pas. »

Le vigile ne semblait pas impressionné. « Je vois bien que vous êtes assez stupide et moi non plus, je ne bougerai pas tant que cet animal ne sera pas attaché ou bien sera resté dehors. »

Leo sentit Jack basculer en arrière, visiblement peu enclin à rester dehors dans une rue aussi bondée et peu sûre pour un animal aussi petit que lui. « Bon euh… Regardez, il m’obéit au doigt et à l’œil ! Jack, fais miaou !

– Je t’emmerde. » Leo tourna la tête vers le chat, choqué et vît son expression satisfaite.

Le vigile ne semblait pas plus impressionné que ça, mais semblait tout de même intrigué. « Ok, c’est bien beau tout ça, mais je ne vous laisserai passer que si vous l’attachez ou bien pouvez le faire faire passer d’une épaule à l’autre sans le toucher. »

Ce défi était bien trop ridicule pour Leo. « Euuuuuh… Vous pouvez pas juste me faire passer ? »

Jack roula des yeux, puis sauta sur la tête du garçon, qui eût à peine le temps de sursauter que le chat avait déjà atteint l’autre épaule, se réceptionnant non sans une certaine classe.

Il fixa le vigile d’un air défiant. Se dernier se mît à sourire. « Visiblement votre chat semble plus intelligent que vous. Vous pouvez passer, mais si votre chat fout le bordel, il ne sera pas le seul à partir, d’accord ? »

Leo tenta de se remettre de ses émotions. « Euh.. oui, d’accord, merci… » Puis il avança dans le magasin. Arrivé à l’escalator menant aux étages supérieurs, le garçon profita de l’absence de personnes pour marmonner « Toi, tu vas me le payer…

– Bah écoute, tu voulais mon aide, tu l’as eue. Maintenant tu assumes et tu continues. »

***

Les quelques clients qui circulaient dans le magasin à ce moment-là étaient surpris de voir un jeune homme avec un chat sur son épaule regarder les ordinateurs portables. Encore plus surprenant était le fait que le garçon semblait regarder sans vraiment prêter attention à quoi que ce soit, alors que le chat, lui, semblait plus que concentré. À croire que c’était le chat qui faisait tout le travail.

Et si les clients avaient pu comprendre les grognements du chat, ils auraient très certainement commencé à entendre la partie rationnelle de leur cerveau leur dire de faire comme si de rien était, car ils auraient effectivement compris que le chat était en train de lire les descriptifs de chaque ordinateur ainsi que de demander quel était le budget du garçon. Ils devaient se contenter d’entendre le garçon parler à son chat, ce qui était déjà amplement suffisant pour leur cerveau de se dire que tout allait bien et qu’un autre rayon les attendait.

Et encore, heureusement pour ces clients qu’ils ne surveillaient pas le garçon dans ses moindres mouvements, autrement leur cerveau leur aurait dit que tout était tellement normal qu’une autre boutique serait une excellente destination et que d’y aller d’un pas rapide serait une très bonne option. En effet, s’ils avaient observé les mouvements du garçon à la seconde près, ils auraient pu jurer qu’il avait oublié de faire quelques mouvements, en plus de s’être déplacé d’un mètre ou deux.

***

Voici la scène du point de vue du garçon :

« Gna gna gna, carte graphique sympa… Nope, la mémoire vive est pourrie. Suivant. » Leo suivît les ordres du félin et avança vers l’ordinateur suivant. « Bla bla blah… Hum… Pourrait être intéressant, mais il est quand même bien chéros. Suivant. » Le garçon fît deux pas sur la gauche. « Bla… Wow, mais celui-là est encore plus cher que le précédent !

– C’est normal, c’est classé comme ça. » tenta de dire le garçon entre ses dents pour essayer d’attirer le minimum d’attention.

« Ouais, enfin c’est pas la peine de continuer à regarder si les prix ne font que grimper. C’est quoi ton budget ? »

Leo regarda à gauche, à droite et derrière lui, puis dît. « Attends… Arrête.

– Arrête qu… » Le temps s’arrêta autour des deux adolescents. Jack vît les couleurs se délaver et les gens autour de lui s’arrêter. Il manqua de tomber de l’épaule de Leo. « Qu’est-ce que !? Ça fait ça d’arrêter le temps ? »

Leo acquiesça. « Ouip. Je sais, ça fait un peu peur la première fois, mais on s’y habitue… Enfin bref, pour répondre à ta question, mon budget est plus ou moins illimité. »

Jack le regarda d’un air sceptique. « Plus ou moins ? Genre t’es millionnaire ? » Leo hocha la tête. « Sérieusement !?

– Sérieusement. » Sa voix était calme, bien que légèrement teintée de regret. Après tout, il avait acquis sa fortune en trichant à l’Euromillions et c’est en partie ce qui lui avait valu d’être expédié dans Loutre-Monde. Il n’avait jamais eu la sensation d’avoir mérité cet argent. Il avait triché certes pour empêcher sa famille de finir à la rue, mais une centaine de millions d’euros était peut être un peu trop. « Ceci dit, on ne va pas prendre l’ordinateur le plus cher. Je vais juste prendre le strict nécessaire pour jouer tranquillement et aussi continuer mon histoire. »

Après un long silence et une observation minutieuse du visage de son protecteur, Jack lui répondît « Je vois… Bah on va finir de regarder tout ça et je te donne des pistes.

– Ok. Profitons du fait que personne ne puisse nous voir ou nous entendre alors. Je préfère éviter de nous attirer plus de regards avec tes pensées à voix haute. »

Jack prît cette dernière remarque personnellement. « Oui, bah s’cuse moi si ce que je suis ne convient pas aux normes de ce monde, c’est pas comme si j’avais voulu être un chat… Bon ok, éventuellement une fois ou deux, mais j’aurais préféré que ce soit une option, comme ce que tu peux faire toi… » Conclût-il en grognant

Leo se voulût rassurant. « Désolé. Mais ne t’inquiètes pas, j’ai plus ou moins connu la même chose, et on s’y fait, crois-moi.

– Humpf… J’espère bien. »

Les duo observa tranquillement les fiches des différents ordinateurs, puis il fut convenu que l’ordinateur portable à 800€ était un assez bon compromis entre prix et performance. Ils se remirent en place, puis Leo relança le temps, avant d’aller confirmer son choix auprès d’un vendeur.

***

« Pourquoi est-ce que tu n’as pas dépensé plus ?

– Je te l’ai déjà dit : je ne prends que le strict nécessaire. » Leo était en train d’installer son nouvel ordinateur, tandis que Jack jouait avec le papier-bulles que le carton contenait, couché sur le lit.

Le chat se leva furtivement. « Ça me sidère, franchement. Vous avez remporté suffisamment d’argent pour être une des plus grandes puissances de Bordeaux et vous n’en faites rien ! Pas même une maison de luxe ou quoi. »

Leo se retourna et se mît à rire. « Hahah, ça tu ne le sais pas mon matou… On en a quand même une. »

Jack lui lança un regard noir. « Ah ouais ? Où ça ?

– En Angleterre. C’est une maison de taille modeste pour n’importe quel membre de la famille. »

Le chat se rapprocha du bord du lit, curieux. « L’Angleterre ? Sérieusement ? Et pourquoi pas… Je sais pas moi, l’Alaska ou la Sibérie ? C’est vraiment pas paradisiaque, ça ! »

Leo fît bouger sa chaise et se pencha de sorte à ce que son nez touche presque le museau du félin. Il le regarda d’un œil à la fois tendre et sérieux. « Peut-être parce que ma famille est en grande partie anglaise et que je suis très attaché à ce pays ? »

Cette forte proximité rendît Jack nerveux. Il repoussa doucement le garçon de sa patte en veillant à ne pas sortit les griffes « Espace vital s’il te plaît ! »

Leo se mît à sourire et recula. « Enfin bref, tu comprends bien que si on dépense, on le fait pour le bien de tous.

– Le bien de tous… » Le chat rumina « Ouais, enfin tu pourrais te faire plaisir de temps à autres… »

La chaise tourna sur elle-même et le garçon s’étira. « Qui a dit que l’on devait dépenser de l’argent pour se faire plaisir ? T’inquiètes pas qu’avec ça, j’ai de quoi le faire et surtout faire plaisir aux autres ! » dît-il en désignant l’ordinateur du doigt.

Jack pencha la tête sur le côté. « Huh ?

– Disons que ça va être un peu long… »

Leo passa la demi-heure suivante à lui raconter ses aventures dans Loutre-Monde. Ses exploits, ses découvertes et les drames qu’il a vécu. « Et c’est pour ça que l’écriture est quelque chose d’essentiel désormais pour moi ! Je veux partager des histoires, vraies ou non avec le reste du monde pour leur offrir des expériences qu’ils n’auraient potentiellement jamais pu vivre et aussi et surtout leur faire ressentir des émotions, plaisantes ou non. Je veux que mes textes puissent éventuellement leur apporter quelque chose qui améliore leur vie dans un sens ou dans un autre. »

Jack était surpris de voir à quel point une activité qu’il considère comme ennuyante au possible puisse passionner autant. D’un ton sceptique, il déclara « Je vois… Tu fais ce que tu veux de ton temps, écoute… Et sinon concernant La… »

Leo l’interrompît. « Ah tiens, le PC est prêt ! Bon ! Temps de retélécharger tout ça… »

Au grand dam de Jack, Loutre-Monde ne fut plus évoqué de la journée. Jamais il n’aura eu la réponse à propos de la possibilité qu’un dragon existe dans ce monde mais de pourquoi il était aussi inactif…

***

Les deux adolescents décidèrent d’aller se coucher aux alentours de minuit, après une partie de Puissance 4 remportée haut-la-patte par Jack. Leo décida de ressortir ses jeux de société du placard, car il fallait bien quelque chose pour occuper le garçon maudit. Ils avaient essayé de jouer à la PS4, puis à la Wii… Sans succès. Les pattes du chat étaient trop grosses pour les boutons et pas assez agiles pour faire des enchaînements de mouvements compliqués dans des temps restreints.

Une fois que Leo fut confortablement installé dans le lit, Jack se positionna sur la couette. Au bout d’une trentaine de secondes de silence total alors que les lumières étaient éteintes, Leo pût entendre Jack soupirer. « Tu sais… J’aimerais vraiment pouvoir redevenir humain là.

– J’imagine… » dît Leo d’un air compatissant.

« Non mais surtout pour pouvoir t’exploser à Smash Bros. ! Franchement, tu n’aurais aucune chance ! »

Leo se mît à rire. Il comprît que Jack ne voulait pas aborder les dizaines d’autres problèmes que ces limitations physiques lui causaient. « Pah, franchement, aucune chance ! »

Jack leva la tête en direction du garçon « Mec… Double champion régional de SoulCal. Tu peux pas test !

– Ouais, ouais, c’est ce qu’on dit ! » nargua Leo.

Jack insista et déclara d’un air confiant « Tu verras. Le jour où je peux reprendre une manette, je te collerai une rouste dont tu te souviendras pour le restant de tes jours.

– On verra bien, champion… Allez. Bonne nuit. »

Leo n’eût aucun mal à dormir. Il partit au pays des rêves en à peine cinq minutes. Jack, quant à lui, n’arrivait pas à fermer l’œil. Son esprit travaillait à plein régime, faisant fuser des pensées toutes plus négatives les unes que les autres. Combien de temps allait-il tenir sans devenir fou ? Comment allait-il continuer son entraînement d’aïkido ? Et surtout : Quand allait-il revoir son petit frère, qui commençait vraiment à lui manquer ? Heureusement que Leo était là et veillait sur lui, mais Leo n’était pas Paul. Il ne pouvait pas juste l’embêter comme il aimait le faire avec son petit frère. Il ne pouvait pas lui donner des conseils pour repousser n’importe quelle menace et il espérait sincèrement qu’il ne se mettait pas en danger inutilement. Dans tous les cas, le jour où il redeviendrait humain – si il le redevenait – il ferait tout pour rentrer chez lui et s’assurer que son frère aille bien !

Le lit remua, le faisant basculer sur le côté. Légèrement énervé, il partît à l’encontre du visage de Leo, qu’il entreprît de tapoter gentiment. « Mgngnnnn… Keskinya ?

– Tu as bougé ! » lui reprocha Jack d’une voix parfaitement claire.

« Bah moui… gné ?

– Et tu imagines bien que ce n’est pas très pratique pour moi ! »

Leo sentît la voix de Jack légèrement déformée par… La tristesse ? Cela le réveilla immédiatement et il se redressa. Il ne pût voir le chat dans le noir, mais quelque chose n’allait définitivement pas. « Tu pleures ?

– Je… Mais bien évidemment que je pleure ! Tu imagines bien qu’être coincé sous cette forme à longueur de journée sans pouvoir parler à personne d’autre que toi, ni avoir la possibilité de revoir ma famille, ça me court sur le haricot ! J’en ai marre, je veux rentrer chez moi… »

Leo savait exactement ce que Jack parcourait. Il avait connu ça les premiers jours de son exil. Ceci dit, lui pensait que le temps s’était arrêté dans son monde et cela l’avait grandement aidé à se remettre. Dans ce cas là, Jack savait pertinemment qu’il était parti pour longtemps et que la vie continuait sans lui… Tout ce dont ce garçon avait besoin, c’était de soutien.

Jack sentît la masse sous lui fondre. Leo prît sa Forme Finale et utilisa ses pouvoirs télékinétiques pour réactiver l’interrupteur.

La lumière s’alluma et Jack vît un renard. Pas le plus beau renard au monde, mais un beau renard quand même. Leo se rapprocha de lui, le regarda dans les yeux, puis dît « Ne t’inquiètes pas. Je sais que ça va paraître incroyablement cliché, mais je suis avec toi et si tu veux, je verrai avec Stan s’il ne peut pas t’aider au moins à communiquer avec les autres plus facilement. Je sais qu’il est parti quelques jours faire la fête avec Lucy et il devrait revenir d’ici jeudi, mais je verrai demain s’il n’est pas possible de le contacter. »

Des larmes commençaient à monter aux yeux du chat. « … Merci. »

Leo bâilla en ouvrant grand la gueule. « Et puis tiens, vu que je n’ai jamais pris la peine d’essayer, je vais dormir sous cette forme. Je vais voir si les renards dorment aussi bien qu’en photo. »

Au ton de la voix du renard, Jack se doutait bien qu’il essayait de trouver un prétexte pour essayer de dissimuler le fait qu’il était en train d’ouvertement le soutenir dans son épreuve. Le chat se mît à sourire.

***

Le lendemain, ce fut Leo qui se leva en premier. Voyant Jack encore endormi, il hésita à faire le moindre mouvement, de peur de le réveiller. Dans le doute, il resta immobile.

Il se rendît compte qu’il était complètement reposé, chose qui n’arrivait pas bien souvent ces derniers temps, notamment à cause de ces terribles images qui lui revenaient en tête de temps à autres dans des cauchemars… Dormir sous cette forme était bien plus agréable et semblait inconsciemment l’aider à oublier. Un chose était sûre : rares seraient les nuits où il ne dormirait pas comme ça désormais !

Il repensa aux événements de la veille. Faudra que j’aille voir si je peux parler à Stan aujourd’hui… Si je peux rendre la vie de Jack un tant soit peu plus facile, ça serait cool. Dans tous les cas, être dans la peau d’un renard ne le dérangeait pas plus que ça, mais il était vrai qu’être contraint à rester sous cette forme deviendrait bien vite éreintant.

Au bout de deux minutes, du mouvement pouvait se faire sentir à côté de Leo. « Tu peux aller déjeuner si tu veux. » lui dît Jack, visiblement déjà réveillé au son de sa voix.

Leo sursauta légèrement. « Oh… Déjà réveillé ?

– Mec, je peux entendre quand quelqu’un arrête de dormir et dans ton cas, c’est plutôt perceptible. »

Leo lui fît un petit rire nerveux. Sa petite amie lui avait déjà fait remarquer qu’il ronflait… Même si elle n’était pas en reste, remarque… « Désolé ! » Jack sortit de sa position et s’étira. Leo en fît de même avant de sauter du lit et se diriger vers la porte. « Tu veux quelque chose à manger tant que je suis là ? »

Jack posa sa patte sur le menton. « Huuuum… » Puis il fît une grimace. « Pfff… Je veux un truc sucré de bon matin moi… » Il vît l’expression intriguée de Leo. « Bah disons que les chats et le sucre, ça fait pas bon ménage… Tu pourrais pas… Je sais pas moi, utiliser ta mallette pour invoquer un truc qui soit bon pour moi, mais qui a le goût du chocolat ? Ça me manque, ce goût…

– Ah ! Attends. » Leo reprît sa Forme Humaine, puis claqua des doigts, faisant apparaître du néant une petite valise à l’apparence sobre, mais classe. Il l’ouvrit et fît mine de regarder à l’intérieur. « Bon, tu veux quoi ? Plutôt solide ou mou ?

– Fais péter le solide. J’ai envie de croquer dans quelque chose pour réveiller ma mâchoire.

– Solide ça sera ! » Leo sortit une sorte de biscuit d’une dizaine de centimètres de long et le posa sur le lit.

« Merci ! »

Jack tenta d’amener à lui son repas avec ses pattes, tandis que Leo ouvrît la porte. « Je reviens rapidement, ne t’inquiètes pas. »

***

‘Leo,

On est partis faire les courses, ton père a oublié de reprendre du lait. On va aussi en profiter pour reprendre quelques trucs pour le chat, donc ne t’étonne pas si tu ne nous vois pas. On reviendra d’ici 10h30 environ.

Bisous, Maman.’

Leo jeta un coup d’œil en direction du pendule accroché au mur : 9h42. Il regarda à nouveau la note posée à la place à laquelle il avait l’habitude de s’asseoir. C’est fou comment l’écriture de sa mère l’avait manqué. Depuis qu’il était rentré de ses aventures de Loutre-Monde, ses parents l’avaient rarement lâché d’une semelle et il n’avait pas encore eu l’occasion de lire quoi que ce soit de manuscrit.

Prenant son bol, il décida de retourner dans sa chambre, là où Jack était encore en train de lutter avec sa nourriture. « Bon… Stan attendra un tout petit peu, il n’y a personne d’autre à la maison. »

Jack leva la tête, et haussant un sourcil, dit « Boh, je peux me débrouiller par moi-même tu sais.

– Oui, mais j’aime pas laisser des invités seuls à la maison. » déclara Leo en faisant la moue.

« Parce que je risque de casser quelque chose ?

– Hein ? Quoi ? Non. Juste que ça ne se fait pas de laisser quelqu’un comme ça… »

Jack fît un geste nonchalant de la patte. « Pah, ça ne me dérange pas du tout. Au pire tu me sors quelques livres de ta bibliothèque et je m’occuperai avec ça. Là tout de suite, j’aurais juste envie que tu ailles voir si tu peux faire quelque chose avec Stan. »

Leo observa le chat d’un air inquiet. « Mouais… Pas faux. » Le garçon posa son bol sur le bureau puis il se rapprocha de la bibliothèque. « Quel livre t’intéresserait ? Je n’ai pas grand chose, mais je pense qu’il y a au moins quelque chose qui devrait te plaire. »

Le chat se leva puis du rebord il pencha la tête pour observer les différents noms qui constituaient la bibliothèque de son hôte. « Huuuum… Va pour Terry Pratchett. J’en ai entendu pas mal de bien.

– Oh tu verras, ses livres sont largement à la hauteur de ce que l’on dit de lui ! » dit Leo, souriant. Il posa son doigt sur ‘La Huitième Couleur’ puis le sortit de la bibliothèque avant de le poser sur le lit. « Commence par celui-là, il permet de mieux découvrir ce monde. » Faudrait que je vois avec Stan si je pourrai visiter le Disque-Monde un de ces jours tiens, pensa le garçon.

« Merci. Je trouverai un moyen de tourner les pages, ne t’inquiètes pas… Quoi qu’est-ce qu’il y a ? »

Leo semblait pensif « Erm, je crois que j’ai oublié un détail : quand je vais chez Stan, le temps semble s’arrêter donc pour lire un livre qui devient aussi compact et solide qu’une pierre, ça va être coton…

– Har. Har. Har…

– Hein ? Oh ! Pas fait exprès. Enfin bref, je vais tenter un truc. » Leo invoqua trois fois Stan, puis le temps autour de lui et de Jack s’arrêta. Un portail vers le domaine du dieu se forma dans l’encadrement de la porte de la chambre. Jack tapota le livre à côté de lui, sans effet. « Bon… Ça, c’est vu. Reprends ! » Le temps reprît son cours et fort heureusement, le portail était encore là. « Oh hey, ça a marché ! Bon eh bien j’y vais. Si Stan est dans le coin, ça ne devrait pas prendre trop de temps, et vu que le portail vient d’être activé, il devrait revenir assez rapidement s’il est encore chez Lucy.

– Oki doki. Prends tout ton temps, je serai occupé de toutes manières.

– Yep yep. Allez, à tout à l’heure ! » Leo passa à travers le portail, réduisant le niveau de bruit de la pièce au zéro absolu.

***

Jack grogna. Il n’avait aucun problème en particulier pour tourner les pages depuis qu’il avait relativement bien maîtrisé l’art de doser la sortie des griffes, mais il n’arrivait pas à rester concentré sur les mots.

Car il ne pouvait que voir ses pattes. Elles étaient plutôt petites, mais pas assez pour qu’il puisse faire abstraction. Qui puis est, il n’était pas totalement habitué à son nouveau corps et son esprit n’y avait pas été adapté par une quelconque magie. Non seulement il faisait bouger des ‘doigts’ minuscules, mais aussi des doigts inexistants et il savait qu ‘il n’allait pas y être habitué de sitôt.

Frustré, Jack referma le livre, puis sauta du lit. Peut être aurait-il mieux fait d’accepter la proposition de Leo et attendre avec lui l’arrivée des parents.

Il lui fallait quelque chose pour l’occuper. Et vite.

Son regard se dirigea vers le bureau. S’il se débrouillait bien, peut être pourrait-il aller sur Internet et s’occuper un minimum. Il connaissait les raccourcis clavier et la surface tactile devait être suffisamment réceptive à ses coussinets pour qu’il puisse naviguer un tant soit peu confortablement. Quant à l’ouverture de l’appareil, ça ne devrait pas poser trop de problèmes, mais il devait d’abord monter avant d’aviser.

Jack se prépara à sauter. Il observa la distance et tenta de doser son saut en fléchissant les pattes arrières. Il avait eu l’occasion de s’y essayer à de nombreuses reprises et commençait à prendre le coup.

Malheureusement pour lui, il força un peu trop et heurta le bol que Leo avait oublié sur le bureau, renversant le lait et les céréales, qui volèrent gracieusement en direction du nouvel ordinateur du garçon.

Jack se réceptionna sur l’appareil et sursauta lorsqu’il sentît ses pattes entrer en contact avec le liquide glacial. Le temps qu’il se rende compte de son erreur, il tomba du bureau sur la chaise de bureau assez bien placée d’un point de vue pratique (et un peu moins d’un point de vue parental).

Oh non. Oh non non non non non ! Pas ça, pas maintenant !

L’ordinateur trempait dans une flaque de lait assez large. Des gouttes tombaient sur le sol et un peu sur la chaise. Des céréales s’étaient ajoutées en décoration à quelques feuilles de papier posées ça et là… En deux mots : le chaos.

Paniqué, il se précipita dans la cuisine, veillant à ne pas renverser plus de choses. Jack sauta le plus calmement possible sur une des chaises, puis sur le plan de travail pour essayer de trouver le sopalin. À droite ? Non. À gauche ? Non plus. Il se retourna et vît un rouleau presque entièrement utilisé. Dans tous les cas, ça devait être suffisant et dans un sens, c’était une bonne chose, puisqu’il pouvait potentiellement le prendre dans sa gueule pour le traîner plus facilement… Restait plus qu’à essayer de le faire tomber sans qu’il ne se déroule partout.

Délicatement, il le renversa, puis le prît dans sa gueule. Le goût n’était pas nécessairement agréable, mais il devait faire avec. D’un coup de tête, il le leva et se posa au dessus du vide. Le rouleau allait faire une chute de soixante centimètres, donc il n’allait probablement pas se dérouler de manière absurde… Enfin, dans la logique de son monde ça n’était pas le cas, donc sûrement qu’ici ça devait être pareil.

Il le lâcha. Le rouleau tomba de manière droite, puis rebondît très légèrement avant de se renverser sur le côté, sans trop se dérouler. Parfait.

Jack sauta du plan de travail et atterrît délicatement. Récupérant le rouleau, il se dirigea prudemment vers la chambre de Leo. Malheureusement, le lait avait continué de faire son affaire et avait bien attaqué le sol.

Le chat tenta de détacher des morceaux de sopalin avec ses pattes et sa gueule, puis se dirigea vers le lieu de l’incident, se débrouillant tant bien que mal pour éponger. Il avait fini de s’occuper du sol et venait tout juste de poser des feuilles sur le plancher lorsqu’il entendît la porte d’entrée s’ouvrir. Uh oh…

***

Le ventre de Leo se mît à gronder. Et mince… Oublier son bol de céréales n’était pas la meilleure idée qu’il ait eu de la journée et il ne se voyait pas juste prendre quelque chose dans sa valise et le manger pour ensuite rentrer et jeter son petit déjeuner. Il était certes un des hommes les plus riches de la région (et le renard le plus riche au monde si il devait confronter la triste réalité), mais ce n’était pas une raison pour faire du gaspillage ! Ceci dit, Stan n’était pas là. Le temps qu’il arrive et qu’ils discutent, il s’écoulerait une bonne heure au minimum. Leo décida donc d’invoquer sa valisette et d’en sortir un petit croissant, histoire de tenir un peu.

Le garçon se posa dans le fauteuil qui lui était dédié, puis alluma le téléviseur posé dans l’angle.

L’avantage d’avoir à sa disposition un téléviseur magique est que l’on peut regarder n’importe quelle chaîne au monde sans avoir à payer quoi que ce soit. Qui plus est, grâce à la magie de Stan, Leo était désormais capable de comprendre et parler n’importe quelle langue. Les possibilités de divertissement étaient illimitées !

Voyant qu’il n’y avait pas grand chose d’intéressant à ce moment-là, il décida de regarder des épisodes de Gravity Falls.

***

Ok. Bon. Reste calme. S’ils n’entrent pas dans la chambre, tout se passera bien.

« Leo ? Leo, où es-tu ? »

La voix de la mère de Leo résonnait dans la maison. Des bruits de pas se faisaient entendre accompagnés du bruit désagréable d’un paquet de croquettes. Ce n’était pas bon du tout : elle se dirigeait vers la chambre ! Une diversion, vite ! Euh… Ah oui !

Jack se précipita vers la porte, puis se glissa dans l’ouverture.

« Tiens, salut Lucky ! Ça va ? » dit Elsa en caressant le dos du chat de sa main libre. « Tu n’aurais pas vu Leo par hasard ? » lui demanda-t-elle de façon rhétorique. La mère posa le lourd sac de croquettes dans le couloir puis continua d’avancer vers la chambre. Oh non ! Jack se mît à trottiner vers la porte de manière à rester dans l’ouverture. « Lucky, ne bloque pas le passage s’il te plaît… » Le chat insista, tournant autour de l’ouverture… Avant de se voir soulevé comme ce vulgaire sac et gardé sous le bras. « Grumpf, tu me gênes là. » Puis elle ouvrît la porte. « … Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

Elsa vît le bol reversé sur un bureau trempé par le lait. Puis son regard se porta sur le sol, maladroitement épongé à l’aide de feuilles de sopalin posées ça et là, à côté d’un rouleau renversé. De nombreuses questions jaillirent dans son esprit d’écrivain au même moment. Pourquoi est-ce que le bol avait été renversé ? Qui avait fait ça ? Et pourquoi est-ce que Leo n’avait épongé que le sol et non le bureau ?

Son regard se tourna vers le chat, qui tentait d’éviter tout contact avec ses yeux. D’un ton relativement léger, elle demanda. « C’est toi qui a fait ça ? »

Il ne pouvait plus fuir maintenant. Il était temps de dire la vérité. Jack, résigné, hocha la tête pour dire un ‘oui’ franc, bien qu’un peu triste.

« Euh… » Avait-elle vu ce qu’elle venait de voir ? Ce chat venait-il de lui répondre ? Ses yeux se plissèrent et elle fît une moue sceptique. « Ce… N’est donc pas Leo qui l’a fait ? »

Jack hocha à nouveau la tête pour dire non, n’ayant pas compris qu’il avait une bonne opportunité de s’en sortir.

Une soudaine révélation frappa la femme. Elsa regarda le chat d’un air blasé. « Tu… Ne serais pas une de ces personnes qui seraient Passées, non ? »

Hein ? Elle connaît la cérémonie de Passage ? Jack regarda la femme avec des yeux ronds, la mâchoire pendante.

« C’est bien ce qu’il me semblait… » Elsa roula des yeux. Leo aurait quand même pu le lui dire depuis le début, ça aurait pu lui éviter pas mal d’embarras. « Donc j’imagine que tu ne t’appelles pas Lucky ? » Jack lui fît un non insistant de la tête. « Okaaaaay… Est-ce que par hasard Leo ne serait pas allé voir Stan pour essayer de résoudre cette situation ? » Le chat lui fît un oui vigoureux. « Mon pauvre garçon… » Elle le posa par terre. « Bon eh bien en attendant, on va voir si les dégâts ne sont pas trop importants. »

Elsa débrancha la prise de l’ordinateur du mur après s’être assurée que le lait ne l’avait pas atteinte, puis elle récupéra le rouleau de sopalin pour nettoyer le bureau.

Une fois le nettoyage terminé, elle jeta un coup d’œil en direction du chat et remarqua une certaine tristesse mêlée de regret dans son regard. Elle ne pût s’empêcher de sourire. « Ne t’inquiètes pas, ce n’est pas de ta faute. On ne t’en veut pas, tu sais. » Elle vît que ses mots le rassuraient, puis elle tenta de démarrer l’ordinateur. Après un bref allumage, un petit bruit se fît entendre, uniquement pour que l’écran ne devienne définitivement noir. « Bon… Bah il est foutu. J’en connais un qui va avoir un peu les boules… »

***

Yes ! Enfin ! Le secret de Stan va être enfin révélé ! Allez, plus qu’un épisode et ça sera bon !

« Salut Leoooo…. Oooh ! Je vois que toi aussi tu regardes Gravity Falls ! On connaît le secret de l’Oncle Stan ? »

Leo se retourna, surpris. « Oh hello Stan. Pas encore. Justement, ils vont diffuser le dernier épisode après la pub. »

Le dieu fît la moue. « Hum… J’imagine que c’est un épisode qui suit le précédent, non ?

– Yup.

– Tu peux… Ne pas le regarder ici ? Je n’ai pas vraiment envie de me faire spoiler.

– Mais… Mais…

– Pas de mais qui tienne ! En plus j’imagine que si tu es venu ici, c’est pour quelque chose d’important, non ? »

Résigné, Leo éteignît la télévision alors que la publicité venait enfin de finir et soupira. « Vous voulez que je vous annonce la nouvelle comment ? De manière douce ou directe ? »

Stan fronça les sourcils, inquiet. « Euh… C’est quelque chose qui risque de ne pas me plaire ? »

Leo haussa les épaules. « Tout dépend du point de vue. »

Le dieu grimaça. Quelque chose lui dît que ça n’allait vraiment pas lui plaire. « Eh bien vas-y de manière douce.

– Vous vous souvenez de Jonhson ?

– Mon double incompétent ? Oui, bah quoi ?

– Eh bieeeeen… Il-aurait-mené-des-expériences-qui-auraient-totalement-raté-dans-une-autre-dimension-et-il-vient-de-nous-en-refourguer-le-résultat. » Leo déclara de manière extrêmement rapide quoique étrangement bien articulée.

Stan regarda le garçon avec des yeux ronds. « Tu veux dire que… Qu’on a un Étranger chez nous ?

– Yup.

– Gentil ou… »

Leo se voulût rassurant sur ce point « Oh, totalement gentil, ne vous inquiétez pas. C’est juste qu’il est Passé mais son temps d’utilisation et de recharge de magie est tellement naze qu’il s’est presque condamné en quelques secondes… »

Stan était à la fois abasourdi et furieux. Il marcha d’un pas incertain vers son fauteuil et s’assît. « Je… Pourquoi est-ce que… » Le silence s’installa confortablement dans la salle et dura une dizaine de secondes. Le dieu prît sa tête entre ses mains et souffla. Puis, se ressaisissant, il demanda « Depuis combien de temps est-il là ? »

Le garçon savait qu’il lui fallait faire extrêmement attention à ses paroles. Un mot de travers et le dieu allait exploser. « Une semaine et demi. Je l’ai trouvé il y a trois jours. »

D’un ton calme, le dieu lui demanda. « Et pourquoi tu n’es pas venu me voir plus tôt ? »

Uh oh… Terrain miné ! « Parce que… Vous étiez parti vous détendre et que je ne voulais pas vous déranger ? »

Le dieu soupira, puis lui dît. « Leo… Tu sais, c’est gentil de me laisser en paix quand je suis en vacances, mais on parle d’un sujet important. Tu sais, tu aurais dû venir dès l’instant où tu l’as trouvé… Tes parents sont au courant ? »

Eeeeet ce n’était vraiment pas la question à poser à ce moment-là. « Eh biiien… Plus ou moins ? » Voyant le regard inquisiteur de Stan, Leo n’attendît pas plus longtemps pour élaborer. « Euh… Eh bien Jack habite désormais chez nous, mais ils ne savent pas qu’il est un Étranger… Mais j’allais leur en parler une fois que vous lui auriez débloqué le Multilingue… Ahem. »

Stan se frappa le front en soupirant, puis se rapprocha de Leo pour lui coller une petite tape derrière la tête. « Tu ne l’as pas volée celle-là… Je sens qu’une petite visite et une explication avec tes parents s’imposent. »

***

« Maman, Papa ! Je suis rentré ! »

Leo ouvrît la porte de la maison après avoir demandé au dieu de placer le portail de retour à l’extérieur. Stan entra après Leo. Son apparence féline habituelle avait laissé place à ses trait humains d’antan grâce à un astucieux sort d’illusion. Aux yeux des parents et du reste de l’humanité, Stan était un homme raffiné quoiqu’un peu excentrique pouvant toucher des choses derrière lui et pouvant laisser des traces de griffes assez larges là où n’a fait qu’effleurer les choses.

« Bonjour Leo et bonjour à vous, Stan ! » Elsa sortît de la chambre du garçon avec Jack qui suivît de près derrière. Lorsque le chat vît Leo, il ne pût s’empêcher de baisser la tête, l’air triste, avant de se réfugier derrière les jambes de sa protectrice à la vue de cet immense chat anthropomorphe coiffé d’un chapeau haut-de-forme et d’un veston noir complémentant une chemise blanche et un pantalon noir.

« Bonjour Elsa. Quel plaisir de vous voir. » dît le dieu en ôtant son chapeau. Le style vestimentaire et les manières de Stan trahissaient son goût pour les années 20… Ce qui lui valait d’être très apprécié de tout le monde.

Son regard se porta sur Jack. « Oh et je vois que Jack est déjà avec nous. Parfait. »

Elsa se tourna vers le chat et le regarda, intriguée. « Alors, c’est comme ça que tu t’appelles vraiment. Ça te va bien mieux ! » Elle se tourna ensuite vers son fils, l’air sévère. « Tu aurais pu nous le dire qu’il était Passé ! Non mais sérieusement… »

Le visage de Leo tourna au rouge. « Ah… T’es au courant…

– Et c’est vraiment par un coup de malchance que je l’ai découvert. »

Leo semblait ne pas comprendre. « Hein ? Comment ça ? »

Le regard d’Elsa se tourna vers Jack, qui voulait s’écraser le plus possible, puis vers le garçon. Voir la honte de son nouveau protégé calma sa colère, puis elle tenta de dire le plus calmement possible. « Il y a eu… Un petit accident ?

– Je suis vraiment désolé Leo ! Je n’ai vraiment pas fait exprès… » se lamenta Jack.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Leo commençait à craindre le pire.

« Eh bien tu vois l’ordinateur que tu as acheté hier ? »

Une expression d’horreur défigura le garçon. « Il est… ?

– Oui… » déclara le chat, atterré.

« Mais… Comment ?

– Attendez un instant. » Stan interrompît brutalement la conversation. « Je suis certain que Elsa voudrait comprendre elle aussi comment tout cela s’est passé, n’est-ce pas ? » dît-il en se tournant vers la mère de Leo.

« À vrai dire, je sais déjà comment ça s’est fait, mais c’est sûr que j’aimerais bien comprendre ce pauvre garçon…

– Je comprends… Approche Jack ! » Stan s’accroupît et attendît que le chat hésitant vienne. Le dieu l’observa d’un air triste. « Je suis désolé Jack, je ne peux pas être en mesure de t’aider plus que ça et ça me peine vraiment. » Le chat baissa la tête. « Cependant, je peux t’offrir la possibilité d’être compris de tout le monde, en espérant que ça te rende cette épreuve un peu plus… Tolérable. »

Le regard de Jack s’illumina. « Ce serait avec grand plaisir… Enfin… Si ça ne vous dérange pas. »

Stan se mît à rire. « Absolument pas ! Ce qui est en train de t’arriver est indirectement de sa faute et vu qu’il est sous ma charge, je dois en assumer la responsabilité. » déclara le dieu en pointant nonchalamment du doigt Leo, qui le prît relativement mal.

Elsa ne comprît pas « Hein ? Qu’est-ce que mon fils a fait ?

– C’est… Une longue histoire que je vous raconterai un autre jour si le cœur vous en dit. En attendant, il faut que je vienne en aide à ce pauvre garçon. » Le regard du dieu se posa à nouveau sur Jack. « Tu es prêt ? » Le chat hocha la tête. « Parfait. » Stan posa sa main sur le front de Jack. Le processus dura à peine une seconde. « C’est bon.

– Huh… J’aurais pensé qu’il y aurait eu quelque chose de plus spectaculaire. » déclarèrent Elsa et Leo en même temps, déçus.

Stan lança au garçon un regard consterné, puis se tourna vers Jack. « Tu veux dire un mot à Elsa ? »

Jack sursauta, comme extirpé de ses pensées. « Oh euh… » Puis, se tournant vers Elsa, il dît « Euh… Bonjour ? »

La mère de Leo sourît malgré le fait que voir un chat lui parler était quelque peu étrange. « Bonjour à toi aussi Jack ! Je suis contente d’enfin pouvoir te comprendre ! »

Jack était au bord des larmes lorsque le père de Leo arriva en trombe de la cuisine « Bonjour Le… Oh bonjour Stan ! J’ai raté quelque chose ? Qu’est-ce que vous faites tous dans le couloir ? »

Elsa se tourna vers son mari et tenta de lui expliquer les choses de manière à ne pas l’effrayer. « Eh bien… Lucky-est-un-jeune-homme-nommé-Jack-coincé-dans-le-corps-d’un-chat-que-Leo-a-aidé-et-Leo-a-demandé-à-Stan-de-l’aider-en-permettant-à-Jack-de-pouvoir-communiquer-avec-nous. » Hugh regarda sa femme avec des yeux ronds. « Oh et Jack a involontairement détruit le nouvel ordinateur de Leo. » rajouta-t-elle à voix basse.

Le silence envahît le couloir pendant cinq secondes, le temps que Hugh digère toutes ces informations. « Wokééé… Je vais aller me faire un café. » Puis il partît d’un pas rapide dans la cuisine.

Elsa se tourna à nouveau vers Jack et se voulût rassurante. « Ne t’inquiètes pas Jack. Il a réagi pareil quand Stan est arrivé ici la première fois. Donne lui une heure ou deux avant de commencer à lui parler, autrement il risque de faire un blocage. »

Un certain embarras s’empara du chat. « Je comprends… »

Leo observa la scène d’un regard amusé, cependant… « Sinon, concernant mon PC… »

Jack se retourna. « Oh euh… Eh bien tu sais, j’ai essayé de lire le livre que tu m’avais donné… Mais je n’y arrivais pas, alors je me suis dit que peut être je pourrais regarder quelques vidéos sur Internet pour m’occuper et quand j’ai voulu sauter sur le bureau pour ouvrir le PC, j’ai accidentellement renversé le bol de céréales que tu avais oublié et… Je suis désolé. J’ai tenté de nettoyer du mieux que je pouvais, mais tes parents sont arrivés et… Voilà. »

Leo grimaça à l’évocation du bol renversé. Il savait qu’il aurait dû le prendre avec lui… « Je vois.

– J’ai nettoyé le bureau, mais on n’a pas pu sauver ton ordinateur… Désolé, Leo. » déclara Elsa.

« Bah, c’est pas grave… Au pire il est toujours sous garantie… »

Stan posa sa main sur l’épaule du garçon. « Sinon, je peux le réparer, moi… Ou du moins ma magie le peut, parce que j’y connais pas grand chose là-dedans. »

Leo leva un sourcil, inquiet. « Euh… Vous êtes sûr ? Non parce que la dernière fois…

– C’était un petit accident, rien de plus. » Interrompît sèchement Stan. « On ne va pas en reparler, quand même, si ?

– Non et je ne veux vraiment pas y repenser… Dans tous les cas je le ramènerai en magasin tout à l’heure, quitte à passer pour un irresponsable et j’en profiterai aussi pour transférer les données de mon ancien PC sur celui-là dans la foulée. »

Stan croisa les bras, légèrement offusqué par l’attitude de son protégé. « Eh bien vas-y, refuse donc l’aide de ton dieu ! Tu verras, tu le regretteras un jour… »

La menace était tellement sérieuse que Elsa ne pût s’empêcher de sourire. « Je peux vous offrir le thé si ça peut calmer votre colère, ô grand Stan !

– Eh bien allez-y vous aussi, rajoutez de l’huile sur le feu ! Mon courroux ne peut qu’être totalement apaisé après ça ! » Le dieu déclara d’un air faussement théâtral. Il ne pût s’empêcher de sourire à son tour au bout de deux secondes, puis tous éclatèrent de rire. Après qu’il se fût calmé, il ajouta « Ceci dit, une tasse de thé ne serait absolument pas de refus… Mais d’abord… »

***

Le groupe rejoignît Hugh dans la cuisine. Ce dernier était affalé sur la table en train de siroter un café bien serré. Ce que venait de lui dire sa femme était sûrement une blague. Un chat qui parle… Pah, impossible !

« Bonjour monsieur Davis ! »

Hugh sursauta en entendant cette voix qui ne lui était pas familière. Il se tourna et constata que c’était bel et bien le chat qui venait de parler. Ce dernier le fixait, comme s’il attendait une réponse. Hugh leva la tête et vît sa femme, son fils et son dieu l’observer en souriant. Son regard se porta à nouveau sur le chat, qui continuait à le fixer. « Euuuuuuh… Chérie, je suis en train de rêver, non ? »

Il sentît une petite pression exercée de manière répétée sur le bas de sa jambe. « Non non, vous ne rêvez pas. » lui dît le chat d’un ton calme et posé.

Le visage de Hugh se figea dans une expression de scepticisme aigu couplée à une pointe d’effroi. Jack se tourna vers Elsa, puis déclara. « Vous aviez raison, c’est plutôt drôle en fait ! »

Elle ne pût s’empêcher de rire. « C’est sûr, mais bon, c’est Stan qui a lancé l’idée, l’espèce de petit monstre.

– Absolument pas, je fais votre taille ! »

Leo éclata de rire. Profiter de la rationalité de son père pour rire un bon coup était un acte ignoble mais ô combien délicieux.

Elsa se rapprocha de la statue vivante qu’était devenue son mari et posa sa main sur son épaule. « Oooohé, ça va ?

– Le chat… Parle…

– Oui chéri, je sais, Jack parle, tout comme Stan est un dieu et notre fils plus ou moins un super-héros. Tu vas t’y faire, ne t’inquiètes pas. »

Leo n’aurait jamais cru entendre cette phrase de toute sa vie. « Huh… Vu sous cet angle, c’est vrai que ma vie est plus que particulière… » marmona-t-il.

***

La discussion qui suivît porta sur la vie de Jack et des circonstances qui menèrent à son arrivée dans le monde de Leo. Puis il se tourna vers Stan. « Stan, j’ai une question à vous poser. Quand exactement est-ce que je pourrai rentrer chez moi ? »

Stan regarda Jack d’un air perplexe. « Huuum… Laisse-moi vérifier. Viens par là. » Le dieu posa sa main sur la tête du chat. « Hum… Tu redeviendras totalement normal d’ici 313 jours et tu pourras retrouver l’usage de tes mains dans environ quatre mois. » Il vît l’expression blasée du chat. « Oui je sais, ça va être assez long… Ceci dit, on va tout faire pour que cette épreuve te soit la moins pénible possible. Oh, et tant que j’y suis, je vais te faire subir un truc un peu désagréable, mais ça devrait te permettre de sortir. »

Jack leva la tête, inquiet. « Désagréable ?

– Je vais bloquer ta transformation pendant les quatre premiers mois, histoire que tu évites de ressembler à un monstre et que tu sois contraint de rester à l’intérieur.

– Façon Cronenberg ? » la question fusa de la bouche d’Elsa, qui aimait un peu trop ses films d’horreur des années 80.

Stan lui lança un regard interrogateur. « La Mouche ?

– Yup.

– Dit comme ça, c’est vrai que ça y ressemblerait pas mal… » pensa Hugh à voix haute. L’idée de voir une version plus que réaliste et à l’envers de ce film se dérouler dans son salon ne le rassurait guère.

« Faudrait vraiment que je vois ce film… » déclara Leo, intrigué.

– Moi aussi. » conclût Jack.

« Disons que c’est assez dérangeant et pas très esthétiquement beau… Enfin bref, on va t’éviter ça. Tu passeras d’une étape à l’autre en Mai, après quoi je te lancerai un sort d’illusion comme celui que j’utilise en ce moment-même pour que tu aies l’air d’être ton toi humain aux yeux des autres. Bien entendu, tu te verras comme ce que tu es réellement, et crois-moi, bien habillé, tu auras la Classe avec un C majuscule !

– Ça voudra dire que je pourrai rentrer chez moi ? »

Stan fît la moue, puis hocha de la tête. « Malheureusement non. Le sort d’illusion ne fonctionnera que si tu es dans le même monde que le mien… Ceci dit, je pense que tu seras en mesure de rentrer chez toi dans 270 jours. Tu auras juste des cheveux et des poils un peu bizarres, mais ça devrait passer avec les bonnes excuses. Demande à Leo, il te dira comment il a fait. »

Le principal intéressé réfuta cette accusation en voyant le sourire moqueur du dieu. « Ne me demande pas de conseils là-dessus, Jack, il dit vraiment n’importe quoi, je ne l’avais pas fait exprès. » Puis, voyant le regard intrigué du chat et de ses parents, il ajouta « Je vous raconterai ça une autre fois…

– C’était très drôle à lire en tout cas. » lança le dieu, qui décida rapidement de changer de sujet lorsqu’il vît la soudaine envie de meurtre dans le regard du garçon. « Ahem… Bref, tu es prêt à accepter ce compromis, Jack ? 

– Je ne vois pas trop ce qui me retiendrait d’accepter. En tout cas c’est gentil de vouloir autant m’aider.

– C’est tout à fait normal. » Puis Stan claqua des doigts. « Bien, c’est fait.

– Huh… J’aurais pensé qu’il y aurait eu quelque chose de plus spectaculaire. » déclara Hugh, déçu.

***

L’après-midi venu, Leo retourna à la boutique avec son père pour faire fonctionner la garantie de son ordinateur. Hugh lui conseilla de dire directement que l’ordinateur était défectueux et de manipuler suffisamment la vérité pour éviter de dire qu’un chat l’avait détruit en l’inondant de lait. C’était certes légèrement malhonnête, mais à ses yeux, ça allait faire gagner du temps et de l’argent à tout le monde et personne ne le saurait (sauf Stan, qui préféra juger Hugh en silence une fois qu’il était rentré).

Elsa, de son côté, fut ravie de passer du temps avec Jack. Le garçon était très ouvert d’esprit et ils pouvaient avoir des conversations très intéressantes sur tout et n’importe quoi… Tant et si bien qu’elle commençait à entrevoir la possibilité d’écrire une nouvelle histoire ! Jack, lui, était content de ne plus se sentir aussi seul et sentait qu’il allait passer un très bon moment dans cette famille. Les quatre mois qu’il allait devoir passer dans ce corps ne seraient pas si terrible que ça, finalement.

Enfin, Stan repartît dans le multivers pour payer une nouvelle visite à Edgar, le dieu de Loutre-Monde. Car malgré ce qu’il s’était passé et ce qui allait potentiellement se passer, la vie continuait et un certain optimisme animait tout le monde… Mais pour combien de temps ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s