Les Multiples Rêves de Leo Davis : Black-Hands Leo

Uh-oh. Je crois qu’il est temps pour moi de filer. Leo vît l’expression amusée du président se transformer progressivement en celle avec laquelle on se dit qu’il vaut mieux courir et partir le plus loin possible. Ce que le jeune homme n’attendît pas de faire.

« Ne le laissez pas s’échapper ! Attrapez-le ! »

La fiole luisante en main, Leo se rua vers la porte, bloquée par deux gardes. Il transforma sa main libre pour se munir de ses griffes et donna deux coups suffisamment forts pour neutraliser, mais non tuer. Voyant les gardes autour du président sortir leurs armes, il érigea une barrière temporelle, juste à temps pour voir les balles s’arrêter devant son nez. Poussant un petit cri, il tourna les talons en direction de la porte et donna un coup de pied dans le but de l’ouvrir. Rien.

« C’est dans l’autre sens que ça s’ouvre, espèce de crétin ! » hurla le président.

« Oh euh… » Il prît la poignée et tira. La porte s’ouvrît. «Ah bah oui, tiens. Merci ! » cria le jeune homme avant de courir bizarrement dans l’ouverture de la porte.

Le président émît un grognement, puis s’empara du micro. « Alerte ! Alerte ! Black-Hands est en train de s’enfuir ! Arrêtez-le à tout prix! Je répète… »

Leo entendît l’annonce tandis qu’il courait. Tain’ que ce nom est badass, j’adore toujours autant ! Claquant des doigts, il fît apparaître sa valise. Il transforma son visage sous les regards choqués des employés afin de pouvoir tenir la fiole dans sa gueule et ouvrir la valise de ses deux mains. Toujours en courant il lâcha la fiole en lui donnant un peu d’impulsion pour qu’elle tombe dans le trou dimensionnel, puis il referma la valise avant de claquer des doigts et reprendre son apparence normale.

Il ne fallût pas trente secondes de plus pour que de nouveaux gardes arrivent dans le couloir, mais à peine eurent-ils eu le temps de sortir leurs armes que le jeune homme se mît à ralentir le temps, prendre sa forme vulpine et courir entre les jambes d’un des gardes. Redevenant humain, il relança le cours du temps tout en rigolant.

Ce qu’il le fît moins rire, ce fut le moment où les gardes se retournèrent sans prendre le temps de s’interroger sur ce qu’il venait de se passer et de commencer à lui tirer dessus. « Ack ! » Leo reprît sa forme vulpine et leur lança avec la force de son esprit la photocopieuse qu’il venait tout juste de dépasser. « Ça ne se fait pas de tirer sur les gens ! C’est pas sympa ! » hurla-t-il tout en prenant un virage à gauche.

La voix du président continuait de se faire entendre grâce aux haut-parleurs. Malheureusement pour Leo, l’homme avait une vue sur tout le bâtiment grâce aux caméras de surveillance et indiquait sa position à la sécurité. Se cacher n’était clairement pas une bonne option car ils le retrouveraient tôt ou tard et invoquer un portail pour se payer une petite visite à Stan serait la pire option possible, étant donné que s’il revenait dans ce monde, il devrait revenir à l’endroit où le portail avait été invoqué. Bref, il fallait fuir, et discrètement si possible.

Leo arriva dans une couloir ouvert, un côté donnant sur une grande cour. Il jeta un œil en contrebas. Grumpf… Encore une vingtaine d’étages. Il n’avait pas le temps de descendre chaque étage de façon conventionnelle. De toutes façons la sécurité avait probablement créé un blocus sur au moins quelques étages.

« Arrête-toi ou on tire ! » cria un des gardes.

Leo sortît de sa réflexion et constata que quatre gardes l’attendaient devant lui. Il se retourna et en vît six autres. Le couloir de l’autre côté de la cour était lui aussi occupé avec plusieurs tireurs. Idem pour les étages supérieurs et inférieurs. Et malheureusement la porte la plus proche non seulement donnait sur un placard à balais, mais en plus était juste devant le groupe de derrière. Bon bah… Pas le choix.

Leo tendît les bras et érigea trois barrières. « Tirez ! » leur ordonna la voix du président.

Un bruit assourdissant se fît entendre. Les balles fusèrent, mais toutes s’arrêtèrent devant les murs temporels. Leo sourît et transforma ses bras pour mieux coller à son surnom. « C’est bon, vous avez fini ? » cria-t-il.

Il entendît un garde continuer à tirer par pure terreur jusqu’à ce que son chargeur soit vide. « Non mais c’est pas fini, oui ? » lui dît son collègue, qui lui donna une tape derrière la tête.

Le sourire du jeune homme aux mains noires s’élargît. « Bien. Je vais maintenant vous demander quelque chose. » Les hommes se regardèrent dans une vague de confusion. « Je vais vous demander de partir.

– Ne l’écoutez pas ! Continuez à tirer ! » ordonna le président.

« Ohoho ! Si j’étais vous, je ne l’écouterais pas, lui. »

Un des gardes enleva le masque qui le protégeait de la fumée des armes. « Et pourquoi on ne l’écouterait pas ? »

Leo se retourna et lança à l’homme un regard exaspéré. « Vraiment ? » Il soupira. « Bien… Vous voyez ce mur de balles que vous avez créé ? » L’ensemble des gardes hocha la tête. « Eh bien elles ne sont arrêtées que parce que je le veux bien…

– Tu bluffes !

– Hein ?

– Non, mais on le connaît le coup. Tu vas nous forcer à partir et une fois que tu auras le champ libre tu arrêteras ton petit truc là et toutes les balles vont tomber au sol. C’est super cool et tout, mais on connaît. »

Le sourcil de Leo ne pouvait pas se lever plus haut. « Mais… Je… » Il s’énerva. « Et tu veux que j’essaye de dissiper la barrière pour m’avoir, c’est ça ? »

Le garde haussa les épaules. « Meh, ça aurait pu marcher… »

Leo laissa s’échapper un grognement vulpin. « Parfait. Tu vas voir toi. » Il regarda où était posté le garde, puis regarda sur la barrière opposée quelle balle l’atteindrait le mieux. Il la pointa de son doigt griffu. « Tu la vois, cette balle ? » Le garde hocha la tête. « Eh bien voilà ce qui va se passer si je dissipe les deux barrières ! » Leo recula de sorte à ne pas se mettre sur la trajectoire de la balle et fît un trou dans la barrière qui la retenait. Elle fusa et en quelques millisecondes elle s’arrêta sur la barrière opposée.

Le garde fît de gros yeux et poussa un petit cri. « Voilà, tu la vois mieux, cette balle maintenant !? » Le garde hocha la tête. « Bien… Maintenant barrez-vous si vous ne voulez pas vous prendre vos propres balles !

– Ou-ou-oui m’sieur ! » firent les gardes de l’étage avant de s’enfuir de manière totalement désordonnée.

Les hommes postés aux autres étages et en face, quant à eux, n’avaient pas bougé. Leurs armes étaient toujours braquées sur Leo, qui soupira. Il jeta un coup d’œil en contrebas. Personne ne l’attendait au rez-de-chaussée en dehors d’une garnison d’une dizaine d’hommes. Parfait.

Le jeune homme prît appui sur la rambarde et sauta.

Les gardes se mirent à tirer en direction de l’homme qui était en train de tomber à une vitesse anormalement lente. Plus il se rapprocha du sol, plus il se mît à ralentir, avant enfin d’atterrir, indemne.

Tout le monde observa le jeune homme aux mains noires dans une incompréhension totale. « Mais… Mais qu’est-ce que vous attendez !? Attrapez-le ! » La voix du président se mît à retentir, faisant reprendre leurs esprits à quelques hommes.

La porte menant à la sortie du bâtiment était encore fermée. Leo ne pouvait toujours pas arrêter le temps complètement et sortir, il lui fallait attendre une ouverture. À moins que…

Leo leva les mains et ralentît le temps, à la limite de l’arrêt, puis se précipita vers la porte. Heureusement pour lui, le mécanisme était automatique. Malheureusement pour lui, la porte était soumise au ralenti et mettait énormément de temps à s’ouvrir.

Voyant que ça allait prendre un moment, il s’assît et observa une dernière fois la cour. Les gardes devant lui étaient encore en train de se retourner et tous ceux qui étaient aux étages faisaient des gestes pour descendre au plus vite.

Au bout d’une minute, les portes à l’entrée ne s’étaient ouvertes que de 20 centimètres. Une chose était sûre : si ça continuait comme ça, son score final serait très fortement impacté. En plus, Irène et Lara lui donneraient encore des coups sur les doigts pour gaspiller son temps de vie comme ça. Il lui fallait accélérer la cadence.

Le jeune homme se releva et décida de changer d’approche. Il érigea une barrière derrière lui et relança le cours du temps. Les gardes se mirent à courir à vitesse normale avant de heurter la barrière et de s’arrêter complètement. La porte s’ouvrît totalement et Leo en profita pour courir. Même en bas des marches, il pouvait entendre le président hurler des ordres sans queue ni tête.

Leo prît le métro après avoir roussi ses cheveux et légèrement affiné son visage. Même si les caméras de surveillances pouvaient l’observer, il était assez difficilement reconnaissable.

Il descendît vingt minutes plus tard et s’isola dans une ruelle non surveillée. Il claqua des doigts pour faire apparaître sa valise et en fît sortir un téléphone. « Bonjour, Mme Jolimont ! Votre gâteau est prêt… Malheureusement, notre camion est en panne et il ne pourra pas venir le délivrer en personne. Faudra que vous veniez le chercher directement à la boulangerie. Sincèrement navré.

– Rien de grave, j’espère ? » demanda Irène, inquiète.

« Oh nononon, trois fois rien. Juste le moteur qui a toussoté, mais ça sera réparé dans trois jours. Encore désolé. »

Un silence se fît entendre de l’autre côté de la ligne. « Je vois… J’espère que vous me le garderez au frais. »

Leo pouvait entendre une légère pointe d’agacement dans la voix d’Irène. Il savait qu’il allait se faire tuer à son retour. « Heheheh… Pas de soucis madame. Au revoir !

– Au revoir. » Irène dît sèchement avant de raccrocher.

Leo grimaça. « Yeech… Bon, bah reste plus qu’à s’éclipser quelques jours dans Loutre-Monde… » Je me demande comment va Lara tiens… Il invoqua à plusieurs reprises le nom de Stan.

Le temps se figea, puis un portail vers le domaine du dieu se matérialisa dans le mur.

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