L’île Enfumée – Une Aventure Rocambolesque du Cap’tain Fletcher

Oh tiens, vous revoilà ! Cela faisait bien longtemps que vous ne m’aviez pas rendu visite. C’était pour quoi cette fois-ci ?

Vous vous êtes sacrifié pour sauver votre meilleur ami ? Voilà qui est bien noble de votre part. Attendez, je consulte votre histoire.

Gna gna gna… Hum hum… Ah oui, d’accord, c’était très bien vu. Vous avez même réussi à neutraliser le preneur d’otage, c’est très bien… Cependant, je pense que vous auriez pu éviter d’y passer si vous aviez juste lancé la grenade au lieu de la garder sur vous et de foncer sur lui ! Réfléchissez un peu avant de vous la jouer héros du dimanche !

***

… Enfin. Au moins vous saurez quoi faire une fois que je vous aurai ramené à la vie. Rassurez-vous, vous vous souviendrez de votre funeste « des-tin » jusqu’au moment fatidique, que vous pourrez modifier à votre avantage. Après vous aurez oublié tout ça et tout reviendra dans l’ordre. Oui oui, je sais, c’est très pratique, ne me remerciez pas.

Ceci dit, cette histoire de sauvetage me rappelle un chat remarquable et courageux… Un homme un peu comme vous, tiens ! Ou du moins, en un peu plus velu. Vous avez un peu de temps ? Ahah, suis-je bête, vous avez tout le temps du monde. Donc à vous de voir, voulez-vous entendre une belle histoire de la part de ce fringant dieu que je suis ?

Et vu qu’il s’agit de l’histoire d’un grand chat, autant que je prenne une forme plus… Appropriée pour ce récit !

Alors ? Ça en jette hein ? En plus le petit chapeau haut-de-forme donne à l’ensemble un petit côté années 20 – enfin, 1920. Ça va bien avec ce veston, non ?

Comment ça, c’est un peu bizarre ? On m’a toujours dit que j’avais la classe pourtant. Pfff, les jeunes, vous avez des standards toujours changeants, c’est frustrant.

***

Brrrref, passons le style vestimentaire. Asseyez-vous là si vous voulez. Un verre ? Un thé ? Je vous reconnais bien, là.

Ah, il me rappelle plein de souvenirs ce fauteuil. Vous y êtes assis exactement de la même manière que mon vieil ami Leo en plus ! Pour le coup, vous me faites plaisir. Vous voulez que je mette de la musique ? Leo adorait écouter des version jazz des musiques de Phoenix Wright lorsque je lui racontais des histoires. Allez, je mets ça, ce morceau est parfait en plus, même le… Ah, j’adore ce solo de saxo. Plein de subtilité. Comment ça, vous devez sauver votre ami ? Roh, mais ne soyez pas impatient, le temps est arrêté et en plus vous avez accepté d’écouter mon histoire. Votre faute, pas la mienne.

Donc oui, aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire du Cap’tain Thomas Fletcher. Tout le monde disait de lui qu’il était un pirate, alors que techniquement il n’était juste qu’un explorateur, un aventurier et un pêcheur qui s’habillait bizarrement.

Avec son équipe et son fidèle second Theodore – un félin borgne à l’allure imposante – Thomas écumait les côtes de son île avec le grand navire Septentrion pour ramener tout le poisson dont les habitants avaient besoin. Et à moins que des circonstances particulières ne le demandaient, il ne partait en vacances autour du monde que tous les trois mois.

Ses vacances à lui consistaient principalement à visiter des lieux qui lui étaient inconnus et éventuellement trouver des trésors ou des minerais rares qui pourraient être utiles aux différents artisans de l’île. Limberg, Cabbianna, Johsei et même Neo Raito après le traité de paix… Du haut de ses 29 ans, il avait déjà été sur toutes les îles et continents peuplés de ce monde et rencontré des gens aux cultures radicalement différentes de la sienne. Il adorait rentrer chez lui pour offrir au petit Jeff un instrument de musique du pays qu’il venait de visiter. J’imagine qu’il prenait aussi un malin plaisir à voir le jeune musicien lutter contre l’instrument pour en comprendre le fonctionnement. Oui, Thomas était parfois un chat facétieux, pour ne pas dire légèrement sadique sur les bords.

Un jour, alors qu’il visitait les côtes de Cabbianna, Thomas eût vent d’une île inexplorée à une cinquantaine de milles de là. On lui avait déconseillé d’y aller parce qu’une brume épaisse empêchait toute navigation, mais cela ne l’a pas arrêté. Même Theodore, qui d’habitude était toujours partant pour l’accompagner dans ses aventures, semblait plus que réservé.

Sentant l’appréhension de ses hommes, il décida de ne partir qu’avec ceux qui n’avaient pas peur. Theodore, lui, préféra rester avec le capitaine, car il ne le connaissait que trop bien et il savait que les aspirations de son ami lui attiraient souvent des ennuis.

L’équipage n’était constitué au final que d’une vingtaine d’hommes et ils partirent à l’aube. Le trajet se fît sans encombres, mais lorsqu’ils purent voir l’île, ils se rendirent compte à quel point les locaux n’avaient pas exagéré.

La brume était épaisse. On ne pouvait y voir plus loin que dix mètres devant soi. Et vous imaginez bien que l’île avait des mécanismes de défense bien avancés si personne n’avait pu y poser le pied !

Le Septentrion accrocha de nombreux morceaux de débris flottant. Thomas remarqua qu’il s’agissait des restes d’autres navires moins fortunés et moins solides que le sien. Theodore s’approcha pour lui conseiller de faire demi-tour, mais à peine eût-il tenté de lui parler que le navire heurta un rocher flottant. L’impact fît basculer le félin borgne par dessus bord. « Theodore !!! » hurla-t-il avant de se ruer vers le mat, où il y était attaché une corde. Il demanda aux membres de l’équipage encore présents de tenir fermement la corde, qu’il s’enroula autour de la taille, puis il sauta.

Il avait sept chances sur huit de tomber sur un morceau de débris, ou pire, sur un des rochers, mais il n’hésita pas une seule seconde. Par miracle, il tomba dans la mer et nagea vers son ami Theodore, qui lui cria dessus. Car oui, malgré le fait que Thomas était un homme de la mer, il ne savait pas bien nager.

Maladroitement, Theodore remonta la corde le plus vite possible, s’appuyant contre la paroi du navire, tandis que le Cap’tain flottait tout en veillant à ne pas se prendre d’obstacle. Une fois arrivé en haut, le second hissa la corde de toutes ses forces pour récupérer son ami.

L’opération fut un succès.

Après une légère dispute entre les deux hommes, qui tentaient de se rejeter la faute et décider qui était le plus stupide des deux, ils se réconcilièrent, rallièrent tous les hommes vers le centre du navire et Thomas prît la barre.

La lutte contre les débris et les nombreux remous fut longue, mais ils en étaient arrivés trop loin pour abandonner maintenant. Et même si Thomas savait que la coque tiendrait, une certaine appréhension s’empara de lui. Ce ne fut que lorsqu’ils arrivèrent à terre qu’il put commencer à se détendre. Mais juste un peu.

La source de cette épaisse et étouffante brume n’était pas difficile à trouver, car l’île était non seulement petite, mais totalement dépourvue de végétation et de vie.

Ils tombèrent sur une machine qui leur était inconnue. La forme et les mécanismes semblaient provenir d’un autre monde, mais rien n’indiquait que l’objet était dangereux.

Dans le doute, ils tapèrent dessus jusqu’à ce qu’il fasse des bruits bizarres et se casse.

La fumée mît du temps à se dissiper, mais au bout de quelques minutes, ils se rendirent compte que cette machine était le moteur fuyant d’un vaisseau géant. Imaginez le genre de vaisseau que vous utilisez pour aller sur Mars et vous avez une bonne idée du design du truc.

Thomas et le reste de l’équipage explora l’intérieur de la bête. Ils y découvrirent de nombreux matériaux qui leur était inconnu et que vous ne trouverez ni dans ce monde, ni dans le nôtre. Personnellement, je pense que quand Fred a utilisé ses pouvoirs pour transformer intégralement l’univers, soit sa jauge de magie s’était épuisée trop vite, soit il a juste oublié ce petit détail. Enfin…

Au bout de trois heures d’exploration et d’extraction de matériaux, l’équipage sentît une secousse bien trop forte pour qu’elle soit naturelle. Et pour cause, le vaisseau était en train de lentement sombrer dans l’océan !

Avec son calme légendaire, Thomas fît évacuer le bâtiment et tout le monde pût regagner le Septentrion sans problèmes particuliers.

Le Cap’tain rentra à Lutricia quelques semaines plus tard avec quelques matériaux rares. Edgar, le dieu de ce monde fît une large grimace lorsqu’il vît le cargo, mais laissa l’équipage célébrer son aventure à la taverne, où ils passèrent les semaines qui suivirent à raconter leur exploit tout en rendant le récit exagérément grandiloquent. Thomas Fletcher est un chat très courageux, très intelligent et surtout… Très modeste.

***

Bon, c’est pas tout ça, mais cette histoire de taverne me donne soif !

***

Alors ? Cette histoire vous a plu ? Personnellement, je ne m’en lasse pas de la raconter. Bon ok, il y a aussi le fait que Thomas m’avait rabattu les oreilles avec cette aventure maintes et maintes fois, donc j’imagine que j’y ai développé un certain attachement, mais ça ne m’empêche pas de la trouver objectivement sympathique.

***

Encore un dernier verre avant de reprendre le cours de votre vie ? Allez, on se fait ça. Vous préférez quel millésime ? J’ai une petite faiblesse pour le 2113. Dans sa meilleure forme, vous verrez, vous sentirez un arôme bio inégalable.

***

Woupla, je crois que j’en ai peut être un peu trop pris. Je commence à voir doub-ble. Attendez, que je… Eeet voilà, ça va bien mieux. Sort de sobriété, ça marche toujours. Je vous raccompagne ?

***

Donc voilà, n’oubliez pas : la grenade, c’est dans la poche de l’adversaire qu’il faut la mettre, pas la vôtre. En espérant ne pas vous revoir trop vite ! Allez, à la prochaine.

… Bon. Temps d’aller voir les petits-enfants de Leo et découvrir ce qui se passe du côté des Dregozarro… Drego… De ces envahisseurs spatiaux.

Qui donc leur a trouvé un nom aussi stupide ?

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