La Prophétie de Bellus (Abrégée) [2ème Partie]

(Première partie)

Layla ouvrit les yeux. De nombreuses silhouettes se dessinaient dans la lumière aveuglante. Elles l’observaient. Tentant de réajuster sa vue, elle remarqua que Ignace était là. L’inquiétude pouvait se voir sur son visage.

« Layla ?

Ignace ? »

La femme sursauta lorsque Ignace lui sauta dessus et la serra dans ses bras. « Oh Layla, tu nous as fait si peur ! Tu étais morte, mais pas vraiment, donc on ne savait pas s’il fallait se débarrasser de toi ou non et euh… Ouais non, j’en dis peut-être un peu trop là. »

Layla tenta difficilement de se lever. Elle se sentait bizarre. Son dos lui faisait mal et tout son corps semblait lourd. « Je… Je suis partie combien de temps ? »

Une des silhouettes se mit à bouger. C’était celle de son oncle, qui se voulut rassurant. « Oh, pas bien longtemps. Un jour, environ.

Un… Jour ? C’est bizarre… J’ai l’impression que ça fait des semaines. »

Tout le monde se mit à se lancer des regards d’incompréhension.

Une nouvelle silhouette se fit visible. Le doyen du village s’avança. « Layla… Aurais-tu… Rêvé ? »

La femme ne comprit pas. « Rêvé ?

Aurais-tu… Vu des choses ? Des gens et des terres différentes de celles-ci ? »

Layla tenta de se rappeler. Tout semblait à la fois clair et confus. « Eh bien… Oui. Il y avait des personnes avec des poils, des personnes sans, des fantômes et… Une Prophétie ? »

Des murmures s’élevèrent. « Une Prophétie ? » demanda le doyen, qui semblait nerveux. « Est-ce qu’elle nous concernait ? »

Les détails étaient assez vagues, mais la femme était capable de ressortir le gros du rêve. « Eh bien… Pas vraiment. Si je me souviens bien, c’étaient des gens qui devaient détruire le monde parce qu’une Prophétie leur disait de le faire, mais ils n’en avaient pas vraiment envie.

Compréhensible. » dit Ignace.

« Oui, enfin là, ils le faisaient quand même parce que le monde entier leur avait expressément demandé de le faire, pour vérifier si la Prophétie était vraie ou non. »

Le Silence se téléporta et commença à tendre la main pour faire un high-five à Layla, seulement pour être déçu, car il se rendit compte qu’il n’était qu’une entité invisible et que personne ne pouvait le voir… Ni lui faire de high-five. Dépité, il partit s’installer chez quelqu’un d’autre, car l’Embarras n’était jamais en vacances.

« Ça c’est… Débile ? » constata Ignace.

Le doyen sortit de sa réflexion. « On dirait bien que tu as rêvé, Layla… Il semblerait que tu aies eu une vision d’une Histoire d’un autre monde. Mais est-ce que ton Histoire était finie ? »

La femme tenta de se remémorer du dernier instant auquel elle aurait assisté. C’était une belle fin pour Zelda, mais aucune des quatre histoires n’avait trouvé de véritable résolution. En était-ce vraiment ainsi ? Non. Ça ne saurait être satisfaisant. Certes, le Livre d’Erwan s’était fini sur quelque chose d’ouvert et elle avait été témoin d’un épilogue, mais elle ne pouvait décemment pas finir l’histoire de la Prophétie sur une non-résolution… Non ?

« Non. »

La réponse du doyen ne se fit pas attendre. « Eh bien il faut que ce rêve se finisse et que l’Histoire trouve une conclusion ! On veut savoir ce que tu as vu, et pas juste une simple partie. Imagine que l’on raconte ton Histoire à travers le monde et qu’elle ne soit à moitié finie. Que diraient les bardes ? Que diraient les aventuriers ? Non, il faut que tu finisses de rêver ton Histoire !

Mais comment ? »

Le doyen plissa les yeux. « Euuuuh… Tu as commencé à rêver comment ? »

Layla tenta de se souvenir de ce qui avait précédé le rêve. « Erm… Je travaillais dans le champ, comme d’habitude, et ce livre est apparu de nulle part. J’ai commencé à lire la première page et c’était tellement ennuyant que je crois que je suis tombée direct. »

Le sourcil du doyen se leva. « Et où est ce livre ? »

Layla haussa les épaules.

Puis Ignace leva le doigt. « Oh euh… Il est dans mon sac. Attendez, je le preeeends eeeet…. Voilà. »

De son sac, Ignace sortit le livre qui avait tout commencé. Le blanc nacré et le côté épuré de la couverture lui conférait un aspect sinistre. Il le tendit à Layla, qui le fixa non sans appréhension.

Le doyen regarda le livre avec fascination. « Maintenant, il te faut lire le livre et finir cette Histoire ! »

Layla hocha la tête, puis ouvrit le livre.

Les mots mis bout à bout dans des phrases étaient censées être cohérentes, mais tout ce que Layla pouvait lire, c’était ‘blah blah blah, je suis super chiant, blah blah blah’. Mais contrairement à la première fois, elle n’arrivait pas à trouver le sommeil.

Au bout de trois pages, elle se tourna vers les autres, qui l’observaient avec attention. « J’y arrive pas ! »

Le doyen marmonna quelque chose, avant de lui demander. « Tu… Peux me passer le livre, s’il te plaît, mon enfant ? »

Layla, frustrée, s’exécuta. Lentement, elle le tendit au vieil homme, qui le prit, le referma, et l’utilisa pour frapper la jeune femme sur la tête.

Layla tomba au sol et s’évanouit, sous le regard effrayé d’Ignace.

Le vieil homme se retourna, haussa les épaules, puis dit. « Bah quoi ? Ça a marché ! »

Nathan (et Julius)

Plusieurs semaines étaient passées. Nathan était heureux, puisque pour la première fois de sa vie, ses parents avaient décidé de lui faire suffisamment confiance pour pouvoir passer la semaine seul à la maison. À 13 ans, le jeune garçon était suffisamment indépendant et responsable pour passer une semaine de vacances seul pendant que ses parents célébraient leurs 20 ans de mariage.

Le garçon décida de tenir une promesse faite à Julius quelques jours plus tôt et de passer une grande partie de ses journées isolé, de sorte à ce que l’ours puisse rester matérialisé et apprécier les joies de ce monde de manière plus concrète. Bien évidemment, cela ne l’empêcha pas de partir en ville lorsque c’était nécessaire, mais Nathan faisait partie de ces gens à ne faire ou dire les choses que si elles étaient vraiment nécessaires. Or, sortir n’était qu’optionnel à ses yeux, car il ne faisait qu’errer en ville sans faire quoi que ce soit de particulier, donc il préféra passer du temps avec Julius, à jouer et manger dans la joie et la bonne humeur.

Cependant, le deuxième soir, il se passa quelque chose de particulièrement inattendu.

Alors qu’ils étaient en train de dormir, Nathan se réveilla car il sentit le lit bouger. Puis il se réveilla totalement lorsque Julius se redressa et bondit du lit, haletant. Le garçon ne pouvait le voir du fait de l’obscurité, mais il pouvait sentir que l’ours paniquait. « Julius ? »

L’ours ne réagissait pas. « Oï ! Julius ! »

Nathan tendit la main vers Julius, dans le but de lui toucher l’épaule.

Mais à peine l’eut-il effleuré que l’ours se retourna et recula, une boule lumineuse crépitant au bout de la patte.

Vu la teneur de la boule, cela n’augurait rien de bon. Mais il y avait pire encore. Le regard de Julius. Il était terrifié. Comme dans un état second. « Julius !? »

L’ours hésita, puis sursauta. « … Nathan ? »

Il jeta un œil à sa patte, puis poussa un petit cri. En un instant, la boule de lumière disparut, puis l’obscurité s’empara à nouveau jalousement de la pièce.

« Ça… Ça va ? » demanda Nathan.

« Ouais… Ouais, ça va. » la respiration de Julius était encore forte.

« Attends. Je vais allumer la lumière. » Nathan se leva difficilement de son lit, puis entreprit d’appuyer sur l’interrupteur.

La lumière révéla un Julius tel que Nathan ne l’avait jamais vu. La peur pouvait encore se voir sur son visage, mais cette fois-ci, c’était une peur rationnelle.

« Nathan, je suis désolé si je t’ai fait peur, je…

Non, ne t’inquiètes pas, ça va. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Je… J’ai… » Les images lui revinrent en tête. « J’ai revu mon monde… Hope a fini la machine. » Puis le désespoir put se lire dans son regard. « Mon… Mon monde va être détruit. »

Il fallut quelques secondes à Nathan pour comprendre la gravité de la situation. « Ton… Ton monde ? »

Le regard de Julius partit dans tous les sens. Le plus perturbant était son expression. Confuse. Il ne savait pas quoi dire. « Je pense qu’il faut que je te raconte tout.

Tu en es sûr ?

    • Il le faut. » Son incertitude se mit à disparaître. « Nathan. J’ai besoin de toi pour sauver mon monde. »

***

Erwan

Plusieurs semaines s’étaient écoulées. Erwan se leva, un sourire aux lèvres. Zelda était à ses côtés et semblait encore dormir. Depuis la soudaine fin de l’épidémie de Capilotractite, il avait pu passer plus de temps avec elle et les rendez-vous allant, il avait fini par lui déclarer sa flamme.

Depuis, tout se passait bien, tant et si bien qu’il avait même emménagé dans un appartement au nom de Zelda, qui grâce à son travail de menuisier était plus que capable de payer le loyer. Et même si Pauline et sa mère étaient heureuses de voir Erwan devenir un homme, elles étaient rassurées de savoir que l’appartement n’était situé qu’à cinq minutes de marche de chez elles.

Erwan enfila des vêtements propres puis prépara ses affaires avant de se pencher une dernière fois sur sa compagne pour lui glisser un dernier baiser, ce qui la fit bouger. « Bonne journée, ma petite déesse. »

Zelda s’étira dans le lit et dit d’un air à moitié fatigué, à moitié satisfait. « Jgnourgnée, mon amgnour… »

Satisfait, Erwan sortit de l’appartement et referma délicatement la porte. Encore une journée et il allait explorer le Multivers en compagnie de Zelda pour tenter de découvrir qui elle était vraiment. Il ne savait pas encore ce qui l’attendait ni quelles choses extraordinaires il allait voir, mais il savait qu’avec elle, il ne risquait rien et que ça allait être dans tous les cas absolument génial.

***

Julius (et Nathan)

Nathan avait du mal à le croire. « Sauver… Ton monde ? »

Julius se leva du lit, l’air grave. « Enfin, pas toi directement. Je ferais tout le travail. Mais il faut que tu sois là pour éviter la catastrophe.

Erm, d’accord ? »

Devant le ton d’incompréhension du garçon, Julius sentit qu’il était temps pour lui de tout expliquer. « En gros, il existe une Prophétie qui dit que cinq héros venus d’autres mondes se réuniront pour arrêter un scientifique de détruire le monde.

Oookay… Donc je fais partie de ces héros ? » demanda Nathan.

Julius hocha la tête. « Oui… Et non.

Non ?

Je prendrai ta place pour aider à détruire la machine, parce que je suis l’être le plus puissant de mon monde. Cependant, il faut que tu sois là, autrement tous mes efforts ne serviront à rien. »

Nathan essayait de comprendre, mais tout était trop vague. « Mais si t’es le plus puissant, pourquoi tu ne le fais pas tout seul ? »

Julius soupira. « C’est juste que… Que… Que le peuple ne serait pas content.

Hein ?

Pour faire simple, les gens de mon monde se sont tous unis pour vérifier si la Prophétie se réaliserait un jour. Quand le Docteur Hope est arrivé dans une ville, un homme a pensé qu’il était le scientifique de la Prophétie. De fil en aiguille, tout le monde a été mis au courant de l’existence du Docteur Hope et ils l’ont forcé à construire la machine pour vérifier si les héros viendraient. Et le truc, c’est qu’il faut spécifiquement que les héros viennent d’un autre monde, autrement le peuple s’énerve et force le Docteur à tout recommencer. »

Nathan tenta de comprendre. En vain. « Mais… Mais c’est débile ! Si la Prophétie ne s’accomplit pas, le monde sera détruit !

Je sais. » Le visage de Julius s’assombrit. « Mon père… Il a tenté d’arrêter la construction de la machine avec ma mère, trois autres personnes de mon clan et le soutien du Docteur, qui était un ami de la famille. Ils y sont parvenus, mais le peuple surveillait la machine et n’a pas été satisfait lorsqu’il a découvert que notre clan venait de ce monde. C’est alors que… Qu’ils se sont réunis et… Et… Ils ont tué tous les membres de mon clan en signe de représailles. »

Julius éclata en sanglots. Nathan était incapable de dire quoi que ce soit, choqué par une telle barbarie.

« Ma mère… Elle a voulu me protéger… Plus de membres de mon clans mourraient, plus je devenais puissant… Et lorsque le peuple était à la porte de notre maison et que j’ai reçu le pouvoir de mon oncle… Ma mère m’a… Elle m’a… Forcé à me téléporter vers un autre monde… Et elle est… »

Julius fut incapable d’en dire plus. Nathan ne put que se rapprocher et le prendre dans ses bras.

***

Zelda

Ça y est, c’est le jour J !

Zelda avait réussi à quitter son travail sans briser le cœur de son patron, ce qu’elle considéra comme un succès retentissant et Erwan avait expliqué à ses clients qu’il partait en congés pendant deux semaines, chose qu’il n’avait pas fait depuis plus de deux ans. Elle et Erwan avaient même expliqué à Pauline et sa mère qu’ils partaient en amoureux, histoire de ne pas attiser trop de craintes. Cela échoua quelque peu, car la mère d’Erwan sermonna Zelda pendant cinq bonnes minutes, lui demandant de veiller à la sécurité de son fils comme si sa vie en dépendait.

En sortant de chez sa mère, Erwan rassura Zelda en lui disant que si sa mère ne lui avait pas fait confiance, la liste de recommandations aurait duré ‘biiiien plus longtemps que ça’.

***

Erwan

L’avantage d’avoir une déesse pour compagne, c’est que vous n’avez pas besoin de partir en voyage chargé comme une mule. Tout peut être invoqué en un claquement de doigts, que ce soit un vêtement de rechange, des affaires de toilette ou même de la nourriture. Bien évidemment, mieux vaut rester discret quand on utilise de la magie en territoire inconnu, et c’est bien pourquoi Zelda avait décidé de donner à Erwan un sac de facteur doté d’une poche dimensionnelle invisible. Zelda, elle, se contenta de garder sa veste, qu’elle révéla dotée de poches spéciales. (« D’où pensais-tu que je tirais tout cet argent ? »)

Tout était fin prêt pour voyager dans le Multivers. Cependant… « Au fait, on fait comment pour voyager ? » demanda-t-il, alors qu’il était encore en train de boire son café.

Zelda lui lâcha un petit sourire. « Ça, c’est mon petit secret. »

La mine d’Erwan se fit inquiète.

« Oh, mais ne t’inquiètes pas, c’est tout simple. »

Zelda claqua des doigts, faisant apparaître une porte d’une couleur marron au niveau du mur du fond. « Suffit juste de passer par là ! »

Erwan manqua de recracher son café.

Zelda se rapprocha d’Erwan et lui tapota gentiment sur l’épaule. « Allez, on s’habille et on y va ? »

***

Hideki (et Lucien-Ferdinand)

Ça faisait désormais une vingtaine de minutes que Hideki et Lucien-Ferdinand déambulaient le long d’un étrange couloir aux portes multiples. D’après le dieu, chaque porte menait à un monde différent. Parfois c’était le même que le sien, mais à une seule différence près, et parfois c’était totalement autre chose. Si Hideki pensait à quelque chose d’improbable selon la logique de son monde, il se pouvait très facilement que la porte devant laquelle il passait la contienne.

« Du coup, Loutre-Monde, c’est encore loin ? » demanda Hideki.

Lucien-Ferdinand, qui était devant, regardait chacune des portes. « Non non, pas loin du tout. »

La façon dont la tête du lapin partait à gauche et à droite de manière répétée témoignait du contraire. « Vous êtes sûr ?

Mais oui, t’inquiètes, on n’est plus qu’à deux minutes. Stan a régulièrement fait le trajet avant d’installer un portail qui permettait de relier Loutre-Monde à la chambre de son Leo Davis, donc ça n’est pas loin du tout. »

Hideki écoutait sans tout comprendre. « Si vous le dites. »

***

Zelda

« Et donc comme tu le vois, chaque porte mène à un autre monde. Plutôt cool, non ? »

Erwan regardait d’un œil à la fois émerveillé et peu rassuré toutes ces portes. « Du coup, on va prendre laquelle ? »

Zelda haussa les épaules. « Celle qui vient. »

Puis elle remarqua quelque chose de particulier : un immense lapin blanc et un canard marchaient un peu plus loin. Elle jeta un petit coup d’œil en direction d’Erwan. « Hey, regarde ! Un autre dieu ! » Elle se tourna à nouveau vers les deux personnes, qui se rapprochaient sans vraiment faire attention au couple, occupés à se crier dessus. « Salut salut ! »

Les deux hommes sursautèrent. « Oh euh… Bonjour ? » dit le grand lapin. Erwan et le canard se saluèrent timidement.

« Quelque chose ne va pas ? » demanda Zelda, enthousiaste à l’idée de croiser un dieu dans cet immense couloir.

Le lapin se sentit embarrassé. « Non rien, on était juste en train de chercher un monde et erm… On s’est un peu perdus.

Ah bah voilà ! Je savais que vous vous étiez perdus ! Et ce n’est que maintenant que vous l’admettez !? Eh bien merci de m’accorder votre confiance ! » le canard semblait survolté.

Le lapin soupira. « Bon ok, et je n’ai pas admis m’être perdu. Voilà, content ? »

Le canard grogna.

Cela n’effraya pas Zelda, qui considérait cela comme une bonne opportunité de réconcilier les deux et peut-être même avoir de l’aide en retour. « Vous cherchiez un monde en particulier ?

Oh, eh bien j’ai un ami qui m’a parlé de Loutre-Monde. Je n’y suis jamais allé, mais de ce que je sais, les gens là-bas sont super sympa et ils pourraient aider mon protégé à redevenir normal. »

Cela attisa la curiosité de Zelda. « Malédiction ?

Plutôt Passage raté, mais malédiction peut aussi fonctionner. »

Zelda tenta de faire marcher sa mémoire. Elle avait lu quelque chose à propos du Passage dans un de ses livres, mais… Ah mais si ! « Ah mince…

Du coup, si vous saviez où se trouve Loutre-Monde, vous seriez bien aimable. »

Zelda fit la moue. « Malheureusement non… Par contre, je peux vous aider à le trouver si vous voulez ! Mon compagnon et moi, nous cherchons un lieu sympa à explorer pour… » Puis elle pensa à quelque chose. « D’ailleurs, vous pourriez m’aider ! »

Une des oreilles du lapin se leva. « Hum ? »

Zelda claqua des doigts et fit apparaître un livre à moitié brûlé. Les yeux du dieu s’écarquillèrent. « Vous qui êtes aussi un dieu, vous pourriez m’aider à réparer ce livre ? »

Le lapin se ressaisit, puis tendit la main. « Faites voir ? »

Zelda lui confia le livre. Le dieu se mit à l’ouvrir. « C’est le vôtre ? »

Le regard de Zelda se perdit dans le vide. « Oui… Et j’ai tout oublié à partir du moment où j’ai hérité de ces pouvoirs.

Ça, ça craint… » Le lapin claqua des doigts dans le but de réparer le livre… En vain. Il se plongea dans une profonde réflexion. « Huuum… Peux pas vraiment vous aider pour ça. Ceci dit, le Leo Davis de Stan pourrait potentiellement vous aider avec ses pouvoirs. »

Le regard de Zelda et d’Erwan s’illuminèrent. « Et où est-ce que l’on peut le trouver ? »

Le lapin fronça les sourcils. « Pour le coup, aucune idée. Ceci dit, on peut l’attendre dans Loutre-Monde ! Sa femme vient de là-bas, et même s’ils partent régulièrement à l’aventure dans le Multivers, ils reviennent souvent. »

Passer des vacances dans un coin tranquille et en plus réussir à débloquer le secret de son passé ? Ça avait tout du plan d’enfer ! « Génial ! Si vous voulez, on peut vous accompagner… Enfin, ça ne te dérange pas, Erwan ? »

Le chat haussa les épaules. « Bah pourquoi pas. »

Le lapin et le canard répondirent de même.

« Cool ! » La déesse tendit la main au dieu. « Zelda.

Lucien-Ferdinand, mais vous pouvez m’appeler Lucy si vous voulez. »

Les présentations faites, le groupe se remit à sa place. « Bon bah du coup, on cherche une porte noire. » dit Lucien-Ferdinand.

Le regard de Zelda se tourna légèrement sur la droite. « Bah voilà. »

Devant eux se trouvait la seule porte noire aux alentours. Lucien-Ferdinand regarda dans toutes les directions, puis dit. « Huh… L’avais pas vu, celle-là. »

Hideki prit son bec entre ses mains.

« Ça doit être celle-ci, non ? » demanda la déesse.

« On peut toujours essayer. » dit le dieu.

Zelda hocha la tête, prit la poignée et ouvrit la porte.

« Et les bonnes manières ? » demanda Lucien-Ferdinand, intrigué par le manque de politesse de la femme.

« Désolée… »

Dans tous les cas, il était trop tard pour faire demi-tour sans au moins s’excuser devant le propriétaire. Comme un seul homme zoomorphe, le groupe entra.

***

Lucien-Ferdinand (et Hideki, Zelda et Erwan)

Comme dans son univers, la porte menait au domaine du dieu de ce monde. « Bon-jour ? » Lucien-Ferdinand entra avec précaution. Au vu de l’état de décrépitude avancé de la cabane et du craquement du plancher, il savait déjà que cette porte ne menait pas à Loutre-Monde. Avec un peu de chance, le dieu de ce monde-ci était sain d’esprit… Ce qui n’était pas gagné.

Une masse informe trônait au milieu de la pièce. Drapé d’une cape noire, doté d’une longue queue grise et portant une barbe tellement longue qu’elle faisait le tour de ses chevilles, il ne pouvait que s’agir du dieu.

« Excusez-nous ? » Zelda était aux côtés de Lucien-Ferdinand lorsqu’elle vit le dieu.

Ce ne fut que lorsqu’elle fit craquer le plancher une seconde fois que le dieu se retourna et se précipita sur la femme. Erwan se mit à bouger pour s’interposer. « Zelda ! »

La créature s’arrêta dans un mouvement très fluide qui fit qu’il était truffe à truffe avec Erwan. « Qui êtes-vous ? » demanda le dieu.

Son apparence était des plus perturbantes. Son museau allongé ressemblait à la gueule d’un crocodile poilu, les dents partant dans tous les sens inclus. Ses cheveux gris étaient extrêmement longs et désordonnés. Couplés à ses yeux, si on ne pouvait que juger par l’apparence et si l’on se tenait à la mentalité purement terrienne de déterminer le caractère d’un personnage par son apparence, ce… Cette petite créature pourrait être facilement classée dans la catégorie « monstre très probablement cinglé ».

Yep, définitivement pas Edgar, constata Lucien-Ferdinand. « Nous euh… » Le regard du dieu se dirigeant vers lui intimida Lucy. « Erm… Nous nous sommes trompés de monde. »

Le regard de la créature se fit différent. Comme si l’espoir avait pris la place de l’apparente folie. « Vous… Vous venez d’un autre monde !?

Oui, oui. C’est bien ça ! » confirma Zelda.

La créature fixa Zelda, puis le reste du groupe. Elle constata que Hideki était terrorisé. Un sourire hideux se dessina sur le visage du dieu « Par-fait ! C’est parfait parfait parfait ! Vous tombez à pic !

Nous… Tombons à pic ? »

La créature hocha vigoureusement la tête. « Oui oui oui ! Grâce à vous, ce monde ne sera peut-être pas détruit ! »

***

Nathan (et Julius)

Il fallut une bonne demi-heure à Nathan pour réussir à calmer Julius. Il lui proposa même de l’aider à sauver ce fameux Docteur, s’il le pouvait, car c’était bien ce qu’un ami devait faire, non ? « Merci… »

Nathan sourit.

Le Silence vint tapoter l’épaule des deux amis pendant une minute. Julius se mit à réfléchir. « Tes parents reviennent dans cinq jours, c’est ça ?

Yep, à peu près.

Du coup, ça te dit de partir maintenant ? Plus tôt on sera partis, le plus vite on aura la possibilité de vérifier si d’autres héros sont arrivés et résoudre le problème.

Ok, mais il n’y a pas de problème de différence d’écoulement du temps, rassures-moi.

À priori non. Je sais que le temps peut partir dans tous les sens d’un univers à l’autre, mais ça devrait aller… Enfin j’espère. »

Cela ne rassura pas Nathan, qui accepta non sans appréhension. « Ok, on y va maintenant. »

L’ours claqua des doigts, invoquant un gobelet. « Mais bois ça avant. Je sais que tu es un peu fatigué, donc ça, ça devrait te filer assez d’énergie pour tenir jusqu’à demain soir. »

C’est vrai que vouloir accomplir une mission et partir dormir direct après être arrivé n’était pas particulièrement malin. Nathan prit le gobelet et avala le liquide vert au goût de menthe. En quelques secondes, le garçon passa d’assez fatigué à véritable pile électrique. Il tapa du pied de manière énergique. « Bon, allez, on est partis, wooo ! »

Julius sourit, puis tendit sa patte. « Allez, accroche-toi à moi. »

Le garçon s’exécuta, non sans trépigner, puis Julius claqua des doigts.

En un instant et sans aucun effet particulier, ils arrivèrent dans une étrange petite maison, nez-à-nez avec un loup humanoïde, qui poussa un cri d’effroi en faisant tomber sa tisane.

« Des… DES HÉROS !!! »

Sans que Julius ou Nathan n’aient eu le temps de réagir, le loup se précipita sur son téléphone et composa un numéro qui déclencha une alarme dans tout le voisinage.

Julius se prépara à courir, mais fut arrêté par la femme du loup, qui bloqua la porte.

En deux minutes, une dizaine de voitures étaient stationnées devant la maison.

À suivre…

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