Leo Davis [Fr] – Chapitre 3 : La Vie Bordelaise

Instant « Making-of » : Fin 2014, je trouvais le premier tome de la série assez… Rachitique. Le nombre de pages ne me plaisait pas du tout comparé au second tome et l’ellipse entre le Chapitre 2 et le désormais renommé Chapitre 4 était beaucoup trop longue pour ne pas proposer des développements intéressants. Et vu que le tome 1 sert plus ou moins de « Tutoriel » à Leo, il était de bon ton de multiplier les scénarios et trouver de nouvelles applications à ses pouvoirs en plus de creuser « la relation entre le Maître et l’Élève »… Mais vous verrez bien ça dans les lignes qui suivent ♫

« Alors tu vas vraiment le faire ? »

Stan referma sa valise. Il prit des lunettes de soleil, qu’il accrocha à son col. « Yep. Il est grand temps que je m’occupe de ça. Il l’a bien mérité. »

Le double sourit. « C’est vrai qu’il n’y a pas eu d’incident majeur en quatre mois.

— Yep, et ces petites vacances improvisées vont aussi me permettre de mener une petite expérience. J’ai bien envie de voir si je ne me suis pas trompé sur le compte de Leo. »

Le double fut légèrement choqué. Certes, il parlait plus ou moins à lui-même et connaissait sa manière de penser, mais cela ne l’empêchait pas de se voir douter « Tu n’as pas confiance en Leo, c’est ça ? Même après tous ces mois où vous avez pu discuter et sympathiser ? Tu as bien vu que depuis l’incident il n’a pas utilisé ses pouvoirs à de mauvaises fins alors pourquoi douter de lui ?»

Ce fut au tour de Stan d’être choqué. Dire qu’il n’avait pas confiance en Leo était une vérité assez dure à entendre de la bouche de quelqu’un d’autre, encore plus de lui-même ! « Eh bien… Pas totalement. Tu imagines bien qu’il n’a pas exploité ses pouvoirs principalement parce que j’étais là pour le surveiller… » Il marqua une pause. « J’ai envie de savoir s’il est un garçon spécial ou quelqu’un de normal, qui, lorsqu’une figure d’autorité tourne la tête, décide de braver les interdits. »

Le double était perplexe. Il se leva de son lit et marcha en direction de Stan. Il posa sa main sur son épaule. « Et que comptes-tu faire si jamais il lui arrive de braver les interdits ? Lui enlever ses pouvoirs ?

Eh bien… Oui. »

Jamais un Stan ne fut autant effrayé en entendant ce simple mot. Le double ouvrit la bouche pour répliquer, mais n’y arriva pas avant quelques secondes « Tu… Sais ce que cela impliquerait ! Comment oses-tu penser à une chose pareille ? As-tu ne serait-ce que pensé aux conséquences que cela aurait sur sa vie !? C’est de la folie !

Tu penses bien que j’y ai pensé. Pas qu’une fois en plus. Et c’est pour cela que je pars. Il me faut trouver un endroit décent pour le purifier. Puisque si ma théorie est bonne, si jamais il devient pur, il pourra utiliser ses pouvoirs comme bon lui semble ! Cela ne vaudra-t-il pas le coup sur le long-terme de faire ce petit sacrifice ? Qui plus est, ce n’est qu’une question de temps avant qu’un accident tellement énorme lui arrive au coin de la gueule et qu’il découvre par accident sa véritable nature. Surtout vu ce qui a failli arriver récemment. Mieux vaut que je prépare le terrain plutôt que de rester passif et le regarder devenir malheureux. »

Le double n’était pas totalement convaincu, mais comprenait les motivations de l’homme. « Je vois… Alors tu t’es vraiment attaché au garçon. » Puis après un long silence « Et où comptes-tu aller ?

— À l’endroit le plus approprié. »

***

Stan continua de se préparer sous le regard de son double. Au bout d’une dizaine de minutes, il se tourna vers la bibliothèque. Il savait qu’il faisait une bonne action, mais un léger doute le prit. Il voulait vérifier une dernière fois si Leo méritait ce futur voyage.

Le dieu prit le livre et se mit à le feuilleter. Il ne put s’empêcher de sourire à de nombreuses reprises.

Mercredi 22 Janvier 2014

Leo entra dans sa chambre et se posa dans son lit, fatigué de la journée de cours qui s’était déroulée. Il regarda le plafond une minute. Bac blanc. Ces deux mots avaient été prononcés bien trop de fois aujourd’hui, aussi bien par les élèves que par les professeurs. Les épreuves allaient avoir lieu la semaine suivante, et même s’il s’était préparé en révisant tout au long de l’année, le stress de ceux qui n’avaient pas travaillé était bien trop contagieux et commençaient à grignoter la confiance qu’il avait mis tant de temps à bâtir.

Il lui fallait se changer les idées, et il savait bien où aller.

Il prononça à plusieurs reprises le nom de Stan. Ça faisait déjà une semaine et demi qu’il ne l’avait pas vu et il imaginait bien qu’un peu de compagnie lui ferait du plus grand bien.

Le temps s’arrêta autour de lui et un portail apparut. Sans hésiter, il se leva et entra dedans, avant de trottiner vers la maison du dieu.

« Hello hello ! »

Le dieu se tenait au centre de la pièce et était plus que souriant. « Ah Leo, ça fait longtemps !

— Désolé de ne pas être venu plus tôt… »

Stan l’interrompit d’un geste amical. « Ne t’inquiètes pas, je sais. Tu es pas mal occupé depuis quelques temps. D’ailleurs, ça me surprends que tu décides de venir me voir maintenant. »

Leo sourit faiblement. « Journée difficile, j’avais envie de me changer les idées et je savais que ça vous plairait que je vienne sans prévenir. »

Stan laissa s’échapper un petit rire. « C’est gentil Leo. Ceci dit, tu es arrivé au bon moment, puisque j’étais parti voir un nouvel ami ces derniers jours.

— Oh ? Un autre dieu vous voulez dire ? »

Stan hocha la tête. « Oui. D’ailleurs, tu vas trouver ça drôle, mais c’est un nouveau venu qui n’est devenu un dieu que très récemment. Il te ressemble un peu d’ailleurs. »

Cela attisa la curiosité du garçon. « Comment ça ?

— Oh, disons qu’il est plein de très bonnes intentions… Juste qu’il manque d’expérience.

— Du coup vous lui apprenez des trucs et astuces ?

— Exactement. Au moins il apprend vite… Même si son envie de faire Passer des gens m’inquiète pas mal. » Stan fronça les sourcils.

Leo se voulut rassurant. « Après, ce n’est pas un forcément un problème, si ?

— Pas particulièrement, non, c’est vrai. Mais s’il s’amuse à faire Passer n’importe qui… » Sa voix se perdit, puis il vit le regard inquisiteur du garçon, ce qui le fit sursauter. « Oui, non. En fait, imagine qu’il fasse Passer plusieurs personnes d’un coup, et que ces gens-là ne s’entendent pas. Tu vois les comics avec plusieurs super-méchants qui se mettent sur la tronche ? »

Leo hocha la tête.

« Bah pareil. Chaos et destruction attendraient son monde.

— Pour le coup, j’imagine que ça aurait été une bonne chose qu’il n’entende pas parler de ça.

— En effet… Bah, si je l’encadre bien, il n’y a pas de raison que sa curiosité l’emporte. »

Leo sourit. « C’est vrai qu’avec vous dans les parages, tout se passera bien. »

Le dieu leva un sourcil. « Qu’est-ce que ça veut dire, ça ? C’était sarcastique ? »

Leo se sentit mal à l’aise. Il avait peur que Stan soit du genre que l’on peut offenser facilement. « Oh non, c’était sincère. Vous avez l’air d’être quelqu’un de mesuré. »

Stan sourit d’un air auto-suffisant. « Heh, penses-tu. Enfin… Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ? »

Leo leva les yeux au plafond. « Boh, pas vraiment. Je me disais que ça serait cool que l’on fasse plus ample connaissance, vu que l’on sera amenés à se voir régulièrement. »

Le dieu fit une petite moue. « Moui, enfin plutôt que tu apprennes à me connaître, vu que je sais déjà tout de toi. »

Touché. Il était vrai qu’avec ce livre, le dieu pouvait relire à volonté la vie du garçon et Leo imaginait bien qu’il l’avait fait au moins deux fois. Sans compter sur les nombreux rendez-vous qu’il avait eu avec lui au cours de ses centaines de milliers de morts. « Pas faux.

— Que dirais-tu que l’on s’assoit ? Mieux vaut ça que de rester plantés comme des piquets. »

Le garçon accepta l’invitation et prit un des fauteuils.

Le dieu invoqua un pichet d’eau et des verres. « Par contre, on limitera ça qu’à une demi-heure par session. Il ne faut pas tout révéler en une seule fois et surtout il vaut mieux t’éviter de trop vieillir ici. »

Leo leva un sourcil. « Ah ? Il y a un truc de vieillissement accéléré ?

— Quoi ? Ah euh non. Façon de parler. Juste que si tu restais plus d’une journée à chaque fois, tu finirais par mourir un an plus tôt du point de vue de la Terre.

— Oh ok. Ouais, je comprends.

— Donc tu veux que l’on parle de quoi ? Du fait que je sois un dieu ? » Stan prit son verre et le but lentement.

« Je dois avouer que c’est un sujet qui m’intrigue, oui. » Il fit de même.

« En même temps, qui cela n’intriguerait pas ? »

Leo haussa légèrement les épaules. Il fallait dire que faire l’entretien d’un dieu était une chance dont peu de gens pouvaient se vanter. « Yep. Du coup, je me demandais… Pourquoi avoir créé cet univers ? »

Stan parut un peu gêné. « Créé ? »

Leo fut surpris d’obtenir une question en guise de réponse. « Ce… N’est pas vous qui l’avez créé ? »

Ce fut la première fois que Leo vit le dieu rougir. « Erm… Non. Il était déjà là quand je suis arrivé ici. » Voyant le regard surpris du garçon, il continua. « Disons que je n’ai pas toujours été un dieu, mais c’est tout ce que je peux te dire aujourd’hui à ce sujet.

— Oh.

— Faut bien ménager un peu le suspens. Et puis bon, techniquement, tu ne m’as vu que quelques heures et cette histoire est un peu trop longue pour aujourd’hui. »

Leo était déçu, mais comprenait les intentions du dieu. « Je vois… Et donc si j’ai bien compris, il y a d’autres dieux, c’est ça ? »

Stan acquiesça. « Oh oui. Une infinité, même !

— Vraiment ?

— Enfin, très certainement. Le Multivers est vaste, et s’il y a un bout, j’imagine que seuls ceux qui y sont savent qu’il y en a un.

— Huh. » Leo avait encore du mal à croire qu’il était en possession d’informations aussi cruciales. C’était impensable. Tellement de questions se bousculaient dans son esprit qu’il ne savait plus par laquelle commencer. « Mais ça veut dire que tous les dieux sont comme vous ou… »

Stan se mit à rire. « Heureusement non ! Déjà qu’il y a un nombre incroyable de moi basés sur les mondes où je t’ai sauvé… Si le Multivers n’était composé que de moi, ça serait effrayant. J’aime bien me penser comme unique ! »

Leo sourit. Puis une autre question vint à sa bouche. « Il est possible de devenir un dieu ? »

Stan lui fit un petit sourire espiègle. « Si c’est parce que tu veux en devenir un, alors je ne te le dirai pas. »

Leo agita violemment ses mains. « Oh nononon. Je n’ai pas l’intention d’en devenir un, rassurez-vous !

— Je le sais bien. Je te faisais marcher.

— Ah…

— Mais oui, il est possible de le devenir, même si je pense qu’il vaudrait mieux que tu ne le saches pas. Je te le dirai peut-être un jour s’il y en a besoin, ceci dit. Mais bon, là, je n’en vois pas l’utilité. Le pouvoir attise la convoitise de certains hommes et si jamais ils savaient qu’ils pouvaient devenir des dieux et qu’un garçon en détenait le secret…

— Ouais… Vaut mieux éviter, donc.

— Comme tu dis. Enfin, je pense qu’il est temps que tu rentres chez toi. »

Leo sursauta. « Quoi, déjà ?

— Bah oui, déjà ! Surtout que si je te bourre la tête d’informations, tu risque d’avoir oublié tout ce dont tu avais besoin pour le bac blanc, non ? »

Le dieu avait un point. Mieux valait absorber ces informations optionnelles au fil du temps plutôt que tout d’un coup et ensuite perdre le fil. Leo hocha la tête.

« Bien. Dans tous les cas, si on se voyait qu’une fois par semaine, ça vaudrait mieux. Tous les mercredis ? »

Leo sourit. « Carrément ! Par contre, vous ne m’en voudrez pas si je ne viens pas la semaine prochaine et celle d’après ? »

Stan fit un geste rassurant. « Mais non, t’inquiètes. Les examens avant tout ! Même s’ils sont simulés, mieux vaut que tu aies un aperçu de ce qui t’attendra en Juin. »

Les deux hommes se levèrent. « Allez file maintenant, autrement tu auras faim bien trop tôt ! »

Leo salua Stan, puis rentra chez lui par le portail.

Samedi 25 Janvier 2014

Leo se réveilla tranquillement. Il avait fait le deuil de son enfance la veille et aujourd’hui, il se sentait plus que prêt à attaquer la vie d’adulte. Il avait désormais 18 ans. Longtemps il avait attendu ce jour tout comme il l’avait redouté. La fin de tous les interdits, le début de toutes les responsabilités… Même si bon, techniquement, il s’en fichait un peu, puisque ça restait un jour comme un autre et ses parents ne semblaient pas particulièrement pressés à vouloir se débarrasser de lui.

Dans tous les cas, il serait le roi de cette journée. À moi les cadeaux, l’argent, le… Erm… Leo haussa les épaules. Il n’avait rien prévu de particulier en fait. Le plus intéressant qu’il allait avoir aujourd’hui allait être le gâteau et c’était très certainement tout.

Il se tourna et prit son téléphone pour regarder les notifications.

Ses yeux s’écarquillèrent pour plusieurs raisons. Non seulement il avait reçu énormément de messages d’amis et de proches sur Facebook et Twitter, mais en plus il constata qu’il était déjà 10 heures. Il allait répondre aux messages plus tard. Il était plus important pour lui d’aller voir ses parents.

***

Lorsqu’il arriva dans la cuisine pour se prendre quelque chose à boire, il vit que son père et sa mère avaient eux-aussi passé une longue nuit. Au vu de leurs visages, ils venaient tout juste de se réveiller. « Oh coucou Leo… » Elsa semblait sur le point de s’écrouler nez en premier dans son bol de céréales.

« Bonjour Maman. » Il l’embrassa sur le front, sa joue étant occupée par une main tentant désespérément de soutenir sa tête.

« B’n’anniv’ mon chou. »

Cette phrase avait été dite avec une telle fatigue que Leo ne put s’empêcher de sourire. Il partit embrasser son père qui se faisait griller du pain. Lui aussi semblait fatigué, mais moins que Elsa.

« Vous avez fait la fête toute la soirée ou quoi ? » demanda le garçon.

« Oh non, juste que ta mère a voulu te faire un cadeau de dernière minute et y a passé une partie de la nuit. » répondit Hugh.

Elsa plongea la main sur la chaise de son mari et en sortit un paquet de feuilles de papier. « Tiens, cadeau. »

Le paquet n’était pas bien épais, mais pour quelque chose qui avait été concocté en une nuit, il n’en restait pas moins impressionnant. Il ne lui fallut pas plus d’un coup d’œil pour savoir qu’il s’agissait d’une petite histoire. Sur la première page était inscrit le titre « Les aventures rocambolesques de la princesse Piment, sauveuse du Royaume Harmonia et son sauvetage spectaculaire du Chevalier Concombre (parce que bon, le chevalier sauvant la princesse, c’est surfait, donc voilà) ».

Leo explosa de rire en lisant le titre. « Eh beh, tu t’es lâchée !

— Contente que ça te plaise, mon trésor. Je pense que ce qu’il y a à l’intérieur devrait aussi te faire sourire.

— Je n’en doute pas. » Leo lui adressa un petit sourire mesquin.

La chaise enfin libérée, Hugh put enfin de nouveau s’asseoir. « Tes cadeaux t’attendent dans le salon, si jamais tu veux tout déchirer d’un coup.

— Nah ça ira. J’ai les crocs de toutes façons. »

***

Le petit déjeuner englouti, Leo se dirigea ensuite dans le salon, où l’attendait une petite mais non moins impressionnante pile de cadeaux. En dessous se trouvait un boite un peu trop grosse et il savait plus ou moins déjà ce qu’il y avait. « Noooon. Vous n’avez pas osé ! »

Elsa et Hugh suivirent, souriants. « Commence par les cadeaux de tes grand-parents. Ce n’est pas grand chose, tu diras, mais c’est bien quelque chose dont tu as besoin, je crois.

— C’est où ? » demanda le garçon.

« Au sommet de la pile. » indiqua Hugh, qui buvait une nouvelle gorgée de café.

Ouvrant le paquet, Leo trouva un pull. Ce n’était clairement pas le pull le plus beau au monde, mais la matière en laquelle elle était faite allait lui garantir un hiver bien au chaud.

Il y avait également une carte, qu’il ouvrit sans plus attendre. À sa grande surprise, à peine eut-il ouvert l’enveloppe qu’un morceau de papier en tomba. Il ne fallait pas observer trop longtemps pour découvrir qu’il s’agissait d’un chèque. Il le retourna, vit le montant et… « Whaaaat !?

— Alors ? Combien ? » demanda Elsa.

« Cinq… Cinq-cent livres ! » les mains de Leo tremblaient. Il avait l’habitude de recevoir de leur part deux-cent, trois-cent livres maximum tous les ans en combinant Noël et son anniversaire, mais cinq-cent ? Rien que pour son anniversaire ? C’était de la folie pure !

Hugh fronça les sourcils tandis que sa femme siffla. « Hé bé. Tu vas pouvoir te faire plaisir !

— Ou économiser. » corrigea Hugh.

« Ou économiser. Ouip. » confirma Elsa.

Leo prit la peine de lire les mots que ses grand-parents lui avaient écrit. Ça se résumait à « Passe une bonne journée et sois sage. » ce qui le fit sourire.

Son attention se tourna ensuite sur les autres paquets des oncles et des tantes. Quelques billets dans des enveloppes, beaucoup de vêtements et quelques magazines de jeux vidéo britanniques.

Puis vinrent les trois derniers cadeaux. Deux boîtiers DVD et la grosse boite. Il savait déjà ce que contenait le plus gros des trois alors il se décida de l’ouvrir en premier. Son visage se décomposa lorsqu’il vit un carton lambda avec des marquages grossiers au stylo.

Elsa explosa de rire. « Roh ta tête ! Génial ! » Elle avait son téléphone dans sa main. Visiblement, elle s’était amusé à filmer la scène. « Et je garde ça.

— Mais c’est sadique ! » protesta Leo.

Hugh ne pouvait s’empêcher de sourire lui aussi. « Roh, fallait qu’on la fasse, Leo. C’était trop beau. Maintenant ouvre la boite, je pense que tu y trouveras ce que tu voulais vraiment. »

Leo leur lança un regard faussement noir, puis s’occupa d’ouvrir la boite. « Vous n’auriez vraiment pas dû. »

Dedans se trouvait une Nintendo Wii U édition spéciale avec The Legend of Zelda : The Wind Waker HD. Son regard s’illumina.

« On voulait te l’offrir pour Noël, mais on s’est dit que c’était plus intéressant de te l’offrir pour ton dix-huitième anniversaire. » dit Hugh.

« C’était plus symbolique. » ajouta Elsa. Leo sourit. « Allez, il ne t’en reste plus que trois.

— Trois ? » Leo tourna la tête et ne vit plus que les deux boîtiers DVD emballés.

« Faut bien garder le meilleur pour la fin, non ? »

Le garçon fronça les sourcils, mais entreprit d’ouvrir les deux autres paquets. Comme prévu, il s’agissait de deux jeux qui allaient alimenter sa nouvelle console. Super Mario 3D World et The Wonderful 101. « Cool ! » Puis le garçon se tourna pour aller embrasser ses parents.

« Du coup, on ne t’a toujours pas dit le meilleur ! Ou du moins… Chéri ? »

Hugh sortit une enveloppe de sa poche arrière et la tendit à son fils. « Tiens. »

Leo l’ouvrit et vit une feuille de papier avec un avion dessiné à la va-vite. Il y avait les mots « Bon pour un voyage en Angleterre » d’inscrits. Les yeux de Leo s’illuminèrent.

« Yep, cet été, on ira tous là-bas ! » déclara Hugh avec un large sourire.

Leo ne savait comment réagir. « Vous n’auriez pas dû !

— Boh, c’est pas tous les jours que tu as dix-huit ans, Leo ! » dit Elsa, avant de grimacer et de marmonner. « C’était incroyablement cliché, ce que je viens de dire. »

Vendredi 14 Février 2014

Leo se réveilla en grognant. Quelque chose en lui disait que cette journée allait être désastreuse. Ou du moins très désagréable. Il fallait dire qu’aujourd’hui était la Saint-Valentin. Le jour où tout le monde allait plus ou moins lui rappeler à quel point sa vie sentimentale était un échec.

À chaque fois qu’il avait essayé, il s’y était cassé les dents de façon plus ou moins spectaculaire. Et pourtant, ça avait si bien commencé.

Il y a deux ans, il s’était mis avec une fille super sympa et pendant deux mois. Lise. Il se sentait comme au sommet du monde. Elle était sympa et tout le monde trouvait qu’ils allaient bien ensemble… À l’exception de ses parents, qui le considéraient comme un profiteur de première pour oser courtiser leur trésor. Car eux étaient riches, et sa famille très modeste. De fait, Lise lui disait que ses parents le pensaient être quelqu’un qui en voulait à son argent.

Ça a tourné court quand ils lui ont purement et simplement interdit de continuer cette relation « qui de toutes façons n’allait aboutir à rien ». Leo était atterré, et sa mère outrée, mais les sentiments ne suffisaient pas.

Il passa le mois suivant à osciller entre joie et tristesse. Heureusement pour lui que Thomas et ses parents étaient là pour l’aider, car il finit par reprendre du poil de la bête et la vie pouvait finalement reprendre.

La seconde fille à être sortie avec lui… Ça n’a duré qu’une semaine et ce n’était vraiment pas du joli. Ils n’avaient absolument rien en commun. Et la troisième… Il avait des vues sur elle, mais au moment où il avait enfin trouvé le courage d’aller vers elle, elle avait trouvé quelqu’un de très sympathique.

Ces échecs le firent sérieusement douter sur sa capacité à être avec une personne pendant plusieurs mois1. Il envisagea éventuellement de finir avec un homme. Après tout, sa famille était plutôt ouverte et ne le refuserait pas et lui non plus. Encore aujourd’hui, la possibilité était là, mais fortement atténuée par la pensée qu’il tomberait amoureux de la personne avec qui il tomberait amoureux et puis basta. Advienne que pourra.

Le garçon se leva, frustré, mais pas totalement énervé. En plus le bac blanc s’était terminé l’avant-veille, donc cette journée ne pouvait qu’être bonne.

***

Lorsque le tram arriva sur la place de la Victoire pour aller au lycée, ce fut pour lui l’horreur la plus totale. Du jaune d’œuf par terre ? De la farine recouvrant une bonne partie de la place ? Des étudiants en blouse blanche ?

Uh-oh.

Il avait totalement oublié qu’aujourd’hui marquait le centième jour avant le bac ! Le Père Cent !

Ça expliquait pourquoi certains dans le tram s’étaient habillé de manière aussi extravagante et pourquoi d’autres souriaient comme s’ils allaient commettre un meurtre. Il savait qu’il allait passer un sale quart d’heure. La place de la Victoire était tellement plate qu’un garçon non protégé comme lui faisait une cible parfaite. À moins que…

Leo jeta un coup d’œil dans son sac. Certains des futurs bourreaux souriaient en voyant ce garçon un peu trop inoffensif dans le tram tenter de se protéger avec un simple bonnet. Ils allaient se faire un plaisir de le lui ruiner.

Le tram s’arrêta et ouvrit ses portes. Les gens munis de poches pleines d’œufs se précipitèrent dehors tandis que ceux qui n’étaient pas préparés ou avaient oublié sortirent hésitants, ou restèrent pour descendre à l’arrêt suivant, sachant pertinemment que des gens les attendraient là-bas. Au moins ils tenteraient de limiter les dégâts en navigant dans une zone moins occupée par l’ennemi.

Leo, lui, descendit tranquillement du tram. Il savait que même en y allant tranquillement, il en avait pour moins de dix minutes pour atteindre le lycée à pied.

Il marcha tout en tentant de ne pas se faire repérer. En vain.

Deux lycéens qui se trouvaient près de la grande porte en pierre le prirent pour cible et se mirent à courir vers lui, œufs à la main. « En v’là un ! »

Mais leurs sourirent s’effacèrent lorsqu’ils lancèrent leurs œufs et ne touchèrent pas leur cible. Pire encore, ce garçon avait réussi à les rattraper en plein vol, sans les casser. Ses réflexes étaient effrayants de rapidité. Le plus effrayant était son regard. On aurait dit celui d’un démon en furie. « Alors on veut jouer à ça, hein ? »

Leo leur lança les œufs dessus tout en veillant à ne viser que le torse. Il savait que viser le visage était injuste et que se rincer les cheveux était abominable. Il fallait bien leur faire cette fleur-là.

Les deux lycéens s’arrêtèrent, choqués l’espace d’un instant, puis reculèrent en voyant la pointe de malice dans le regard du garçon. Ils jugèrent que c’était une meilleure idée de s’en prendre à quelqu’un d’autre. C’était plus sain pour eux.

Satisfait, Leo continua son chemin en direction du lycée, réservant exactement le même sort à l’autre lycéen qui tenta sa chance.

Son pouvoir de manipulation temporelle et d’armure, bien utilisé, était non seulement bien pratique mais aussi assez simple à dissimuler avec les réflexes qui allaient bien et s’il ne laissait pas les œufs voler au ralenti.

Trois minutes plus tard, il était dans la cour du lycée et hors de danger. Il désactiva son armure temporelle. Tous ceux qui étaient dans l’enceinte l’observaient d’un air choqué, car il était le seul à ne pas avoir un seul éclat d’œuf sur sa veste, malgré le fait qu’il était clairement habillé en cible.

Mais là n’était clairement pas le temps pour se pavaner. Heureusement qu’il avait une dizaine de minutes avant de devoir aller dans le couloir pour aller en cours. Il partit se réfugier dans les toilettes, histoire de laisser à ses cheveux le temps de redevenir normaux.

Voyant qu’il devait quand même mettre deux minutes pour aller dans le couloir, il se décida à sortir. Il jeta un coup d’œil à sa montre en argent. Encore cinq minutes avant un retour total à la normale. Il grogna. Il lui fallait gagner un peu de temps.

La seule solution était d’y aller en prenant son temps tout en n’ayant pas l’air de vouloir sécher. Lentement, il marcha vers le bâtiment. Lentement, il monta les marches en direction de la salle de classe… Et rapidement il entra dans la salle de classe car il constata que tout le monde était déjà entré.

Bonnet sur la tête, il entra dans la salle de classe. Tout le monde était encore en train de s’installer. De même pour le professeur de physique. « Désolé du retard. » marmonna Leo tout en s’inclinant. Il savait que ce professeur-là ne lui en voudrait pas particulièrement, surtout que visiblement il manquait encore deux personnes.

Lentement, il s’installa et sortit ses affaires, veillant à ce que le bonnet soit la dernière chose qu’il enlève. Heureusement pour lui, il ne lui restait plus qu’une minute de rechargement lorsqu’il entra dans la salle de classe, donc le timing était parfait. Sans attirer l’attention du reste de la classe, il enleva son couvre-chef pour révéler ses longs cheveux bruns tout à fait normaux et exempts de mèches rousses ou noires.

Jetant un coup d’œil en direction de ses camarades, il remarqua que la plupart d’entre eux avaient été victimes des bourreaux de l’extérieur. Le professeur le remarqua aussi et se lamenta de cette triste journée.

***

La sortie de cours était la source de toutes les craintes auprès de pas mal de lycéens. Ils étaient encore là.

Leo ne se sentait pas partir tout de suite. Il resta dans la cour quelques minutes pour consulter Twitter, avant de rapidement remettre en veille le téléphone, puisque 80% des messages concernaient la Saint-Valentin. Les œufs étaient une meilleure alternative à ça.

Lorsqu’il se rapprocha de la sortie du lycée, il pouvait entendre les cris des victimes. Certaines filles hurlaient lorsqu’elles se recevaient un œuf dans les cheveux.

Réunissant tout son courage, Leo décida de se munir de son armure temporelle. Cette fois-ci, il n’était pas question de traîner. Il marcherait vite, car il ne savait pas combien de temps il allait devoir attendre le tram et attendre plus de six minutes sur le quai avec son armure n’était clairement pas une option ou un luxe qu’il pouvait s’offrir.

Se munissant de son bonnet, Leo sortit. Heureusement pour lui, il ne fut jamais pris pour cible et il évita un œuf perdu de peu. En deux minutes il était arrivé à la place de la Victoire, qui était devenue une porcherie de première catégorie.

Si le sol ce matin-là avait pu être qualifié d’horrifiant, il n’y avait pas de mots pour décrire l’état de la place cet après-midi là.

Les services de nettoyage faisaient tant bien que mal leur travail, mais il y avait de tout. Des œufs éclatés, de la farine, des cotillons, des serpentins, des poches vides collées aux pavés. Mais heureusement, il n’y avait plus personne pour semer le chaos. Des policiers faisaient des rondes, tandis que deux d’entre eux commençaient à descendre la rue Sainte-Catherine. Ça allait barder pour ceux qui s’amusaient devant le lycée.

Voyant qu’il n’y avait plus aucun danger, Leo dissipa sa barrière et prit tranquillement le tram. C’était une chance que son dernier cours se finissait à 15h, puisque l’heure de pointe n’était pas encore arrivée et en plus cela voulait dire qu’il était en vacances plus tôt !

Sa mère fut surprise de le voir arriver indemne, surtout après avoir vu les images au journal de France 3 Bordeaux, mais il raconta qu’il avait eu de la chance que personne ne l’ait pris pour cible.

Sa fin de soirée n’aurait pas pu être plus parfaite… Si ce n’était pour les rappels constants de ceux qui vantaient ou se plaignaient de la Saint-Valentin, qui le firent soupirer bien plus de fois en quelques heures que tout le mois réuni.

Dimanche 16 Février 2014

Leo se réveilla difficilement. Sa sortie la veille en centre-ville ne s’était pas passée comme prévu. Il avait fait très froid et le tram avait été rempli de personnes malades.

Du coup, il était lui aussi devenu malade. Il avait passé la nuit à se réveiller pour aller se moucher et il avait déjà écoulé un bon paquet de mouchoirs.

Roh noooon… Son esprit était embrumé par la maladie et la fatigue, mais s’il y avait bien une chose qui était sûre et certaine, c’est qu’il allait passer une mauvaise semaine.

Arrivé dans la salle à manger, il vit que ses parents se portaient plutôt bien. « Bonjour Le… Oh ? Tu as l’air d’un véritable zombie ce matin. » remarqua Elsa.

« Chuis rhumé… » déclara le garçon d’un ton maussade.

Elsa soupira. Elle savait que son fils n’avait généralement pas tendance à tomber malade, mais quand c’était le cas, elle hésitait franchement à appeler des ambulances. Il avait toujours l’air en train de mourir, même avec un simple rhume. « Bon, bah je sens que pour toi, ça va être journée dans ta chambre.

— Yep…

— Heureusement que c’est les vacances. » raisonna sa mère.

Leo leva mollement les bras. « Chouette ! Pile quand je peux me reposer…

— Mieux vaut ça qu’en plein milieu de tes cours, ou pire, lors de ton bac blanc. » précisa Hugh.

Leo soupira. « Pas faux. » Son bac blanc s’était passé sans véritables problèmes. La seule chose qu’il redoutait, c’était l’épreuve de sport, qui aurait lieu à la rentrée. Natation, un pur bonheur pour lui qui savait aussi bien nager qu’un chien… Pour le coup, ses pouvoirs ne l’aideraient aucunement si jamais il avait voulu tricher. Enfin, de toutes façons, il n’avait pas l’intention de le faire. Ses épreuves, il les passerait à la loyale, comme ses camarades.

Elsa se voulut rassurante. « Bah, tu iras mieux d’ici deux-trois jours, ne t’inquiètes pas. Et compte sur ta maman pour veiller sur toi. » Elle lui tira la langue. Elle savait que Leo n’était pas fan des petites attentions comme ça. Il trouvait ça trop inapproprié pour son âge… Alors elle en profitait pour le faire au maximum.

Le garçon fronça les sourcils, puis se prit un petit déjeuner simple tout en veillant à limiter le contact avec ses parents avant de retourner à sa chambre.

***

Leo renifla. Il en avait marre de devoir prendre un nouveau mouchoir, le remplir et le jeter littéralement toutes les trois minutes. Ça commençait à sérieusement le fatiguer. Puis il eut une idée. Et s’il remontait le temps sur lui-même jusqu’au matin de la veille ? Il n’était pas malade à ce moment-là et en plus ça lui permettrait d’oublier la journée plus que moyenne qu’il avait eue.

Par précaution, il prit un morceau de papier. « Yo moi ! J’ai choppé un rhume bien violent, et vu que je sais que ça me gonfle (regarde la poubelle), j’ai remonté le temps sur moi-même d’une journée. Je ne rate pas grand chose, hier c’était assez pourri. À moi les joies de la non-maladie ! »

Il posa le post-it sur l’écran de son PC, s’assit sur sa chaise de bureau de sorte à fixer l’écran de l’ordinateur, puis entreprit de remonter le temps sur lui-même.

Lorsqu’il se réveilla, il regarda autour de lui, l’air perdu, puis remarqua le post-it sur l’écran. Il sourit de sa propre ingéniosité avant de se lever et se regarder dans le miroir. Il avait l’air en pleine forme, malgré les quelques mèches rousses et noires. Dans le doute, il prit la montre à gousset qu’il avait laissé sur le bureau et constata qu’il n’avait utilisé que deux minutes de magie. Tranquille.

Voyant qu’il restait environ une heure avant de manger à nouveau, il se décida de rattraper les informations de la journée sur Internet, étant donné qu’il avait tout oublié.

***

« Eh bien, tu as l’air bien plus en forme que tout à l’heure ! » constata Elsa à l’heure du repas.

Leo avait oublié ce petit détail. Il lui fallait trouver une bonne excuse et ne pas avoir trop l’air en forme. « Oh tu sais, un petit cacheton et c’est passé nickel ! »

Elsa fronça des sourcils. « Hein ? Mais tu n’en as pas pris tout à l’heure, si ?

— Errrrrm… Si ? Sisi. J’en ai pris un tout à l’heure quand tu ne regardais pas. » Mais quel con ! Tu aurais pu préciser ce qu’ils avaient fait ! Pensa Leo, amèrement.

« Huh… Bizarre. M’enfin, si tu vas déjà mieux, c’est cool ! Tu penses sortir aujourd’hui, alors ? »

Il lui fallait rester le plus naturel possible. « Oh, pas vraiment. Je préfère limiter les risques, tu sais.

— Et c’est une bonne initiative ! » lui dit Hugh. « Tout le monde tombe malade en ce moment, donc mieux vaut rester chez soi. »

Tout le monde acquiesça, puis ils mangèrent dans le calme.

Lundi 17 Février 2014

Roh mais quel con… Leo se réveilla difficilement. Il avait encore écoulé un paquet de mouchoirs durant la nuit. Visiblement, il était à nouveau tombé malade à cause des microbes qu’il avait laissé sur le clavier de son ordinateur et dans la poubelle qu’il n’avait pas pris le temps de vider.

Sa mère fut surprise de le voir débarquer dans un état encore pire que la veille. « Sacrée rechute. » constata-t-elle.

Leo grogna.

Elsa leva les yeux au ciel, exaspérée. « Si tu veux, je te prendrai des oranges et des médicaments en allant en ville tout à l’heure. »

Leo hocha la tête en silence.

Il attendit que sa mère parte pour changer de plan d’action. Il se dirigea aussi vivement qu’il le pouvait dans sa chambre, prit sa poubelle, la ramena dans le salon et jeta tout dans la cheminée avant d’y mettre le feu.

Puis, s’emparant de divers produits ménagers, il entreprit de nettoyer sa chambre de fond en comble pour se débarrasser d’un maximum de microbes.

Enfin, il prit plusieurs post-it, et écrivit. « Bon, alors tu as été super con, crois-moi. Cette fois-ci, tu feras tout pour t’empêcher de rechuter. J’ai fait le ménage à fond, donc t’as pas intérêt à déconner ! Et aussi, sois un meilleur acteur et aie l’air un minimum fatigué devant Maman, mange toutes les oranges qu’elle te file, bois énormément et avale au moins un ou deux cachetons au cas où. Si ça se trouve, tu seras déjà infecté quand tu verras ces mots, donc mieux vaut prévenir que guérir. Et traîne pas trop pour aller récupérer des vêtements dans le placard, Maman devrait débarquer sous peu. »

Leo prit ensuite les post-it et les colla sur le miroir de la salle de bains. Il se déshabilla, puis fila sous la douche. Après un premier lavage, il décida que c’était le bon moment pour remonter le temps sur lui-même. Il visualisa la veille dans son esprit, puis remonta le temps sur lui-même.

Encore une fois perdu, le garçon se demanda ce qu’il faisait sous la douche. Il vit le jaune des post-it sur le miroir à travers la buée de la cabine de douche. Il venait de remonter le temps sur lui-même, encore. Dans le doute, il finit de se laver, puis sortit de la douche et se mit à lire les mots. Il remarqua qu’il avait l’air particulièrement remonté et il comprenait pourquoi.

Puis il paniqua légèrement en lisant les derniers mots. Tendant l’oreille, il sut qu’elle n’était pas encore arrivée, mais ce n’était pas le moment de lambiner. Il décida d’arrêter le temps une minute pour éviter que le temps de recharge ne le compromette trop.

Lorsqu’elle arriva, il venait tout juste de foncer dans sa chambre et d’enfiler un pantalon. Au moins le timing était bon…

Mercredi 19 Février 2014

Leo s’ennuya. Il avait réussi à éviter le rhume avec succès et continuait de dévorer des oranges comme des biscuits d’apéritif, sous le regard à la fois surpris et amusé de sa mère et maintenant il n’avait pas grand chose à faire. Il s’était déjà occupé de tous ses devoirs et il venait de finir de faire le tour d’Internet et de l’actu du moment. Il ne se sentait pas trop jouer, sachant que Thomas viendrait le lendemain pour jouer avec lui et discuter.

Il regarda son calendrier. Mercredi. Ah mais oui, c’est vrai que je lui ai dit que je viendrais le mercredi !

Sans plus attendre, Leo appela le dieu et entra dans le portail.

« Hello hello, Stan ! »

Le dieu l’attendait encore une fois au centre de la pièce. Il lui serra la main. « Leo, content de te revoir ! J’ai vu que tu as été plutôt actif ces derniers temps. »

Leo pencha légèrement la tête sur le côté. « Heheh, ouais, un peu, même si c’est vraiment mort aujourd’hui.

— Pareil ici aussi, je dois avouer. En tout cas, j’avais eu peur quand il y a eu le Père Cent, mais tu as géré comme un pro. »

Leo ne savait pas trop comment prendre ce compliment. « Euh… Merci ?

— C’est sincère. Tu as bien calculé ton timing et les gens n’y ont presque vu que du feu. J’avais oublié de te donner cette leçon-là, mais on dirait que tu l’as assimilée par toi-même. Utilise tes pouvoirs avec modération et ça passera toujours tout seul. Allez, viens t’asseoir. »

Les deux hommes se dirigèrent vers les fauteuils.

Stan, comme à son habitude, sortit des verres et une bouteille d’eau et servit le garçon.

« Au fait, je suis désolé d’avoir raté ton anniversaire. »

Leo leva un sourcil. Il avait voulu le lui souhaiter ?

« Ne sois pas surpris comme ça. Tu vas me faire croire que je n’ai pas le droit d’être gentil.

— Oh euh… Non, mais c’est juste que votre statut fait que… »

Stan s’impatienta. « Bah, on s’en fout de ça. Je voulais te souhaiter ton anniversaire, mais vu que tu étais avec ta famille et que tu étais occupé, je n’allais pas tout interrompre juste pour te passer un message. »

Leo fit un geste vague de la main. « Oh, vous auriez pu, de toutes façons, il ne s’est pas passé grand chose, comme vous l’avez peut-être vu. Je pense même que j’aurais été agréablement surpris. »

Le dieu avait l’air ennuyé par cette réponse. « Bon bah je prends note pour l’année prochaine, mais ne m’en veux pas si je t’interromps au milieu d’un truc fun. » Il tira la langue au garçon, ce qui le fit sourire d’un de ces sourires particulièrement embarrassés. Leo se versa un verre, puis se mit à boire. « Enfin, de toutes façons, j’ai un petit cadeau à t’offrir. »

Le garçon manqua de s’étouffer. « Quoi !? » L’idée que quelqu’un d’aussi important dans l’univers décide de lui offrir quelque chose était impensable !

« Houla, gaffe ! Et non, ce n’est pas quelque chose de physique, ni de magique, mais c’est tout aussi utile. »

Pour le coup, le garçon était plus perdu qu’ intrigué.

« Une leçon. Et avant que tu ne tires la gueule et ne veuille partir de cette maison en courant, c’est une leçon très importante qui te sera utile pendant le restant de ta vie. Il te faudra constamment y repenser, car il s’agit de la leçon la plus importante que tu recevras.

— OK ? »

Stan se rapprocha du garçon et le regarda droit dans les yeux. « Rien n’est inutile.

— Huh ? » Le garçon ne semblait pas comprendre.

Stan roula des yeux. « Je te laisserais bien partir et réfléchir à ça, mais je préfère élaborer pour que tu ne te fasses pas la mauvaise idée. Car tu vois, absolument tout ce que tu fais a une utilité. Et même ce que font ou ne font pas les autres a une utilité si tu observes et en tire des leçons.

— Oh.

— S’il y a bien quelque chose que je déteste dans ce monde, c’est bien ceux qui font des jugements de valeur sur les gens en disant que ce sont des déchets. Ces pensées sont-elles saines ? Absolument pas. Elles sont même méprisables. N’importe quelle vie a la même valeur qu’une autre et c’est un gâchis à chaque fois que l’une d’elle disparaît.

— C’est faux ! » Objecta le garçon.

Le dieu sourit. « Oh ?

— Les gens qui tuent gratuitement les autres. Les criminels et les terroristes ne valent rien ! »

Le sourire du dieu s’élargit. « Et c’est là que tu te trompes lourdement. Aussi cruel que cela puisse paraître, ils sont encore plus utiles et plus visibles que les autres. S’ils t’inspirent du dégoût, c’est déjà qu’ils sont utiles, car ils montrent une voie que tu ne veux pas suivre. L’Humanité a cela de fantastique qu’elle peut avoir conscience de ses pairs et agir en fonction de leurs actions. Si le Mal n’existait pas, il n’y aurait pas de Bien, car il n’y aurait pas de point de référence moral. »

La réflexion du garçon se fit intense. « Oui, mais le monde s’en porterait mieux sans eux.

— Et là-dessus, je suis entièrement d’accord, mais ça ne serait qu’à la condition que le Mal ait déjà existé à un certain point de l’Histoire et que tout le monde en ait tiré des leçons pour faire le Bien. Et c’est en cela que rien n’est inutile. Si tu tires des leçons de tout ce qu’il se passe dans ton entourage, de tes actions et même de tes erreurs, alors tu pourras faire des choix qui te semblent justes et appropriés.

— Je vois… »

Le dieu haussa les épaules. « Alors oui, c’est de la philosophie de bas-étage, mais c’est une leçon qui m’a fait apprécier la vie. Et je sais que tu es encore un peu jeune et que tu n’as pas encore véritablement connu la souffrance que provoque la mort d’un proche – fort heureusement – mais quand tu la confronteras, n’oublie pas cette leçon. La mort de la personne que tu auras connu ne sera clairement pas une partie de plaisir, mais quand tu observeras les réactions de son entourage, et même la tienne, alors tu comprendras l’importance de ta vie et de l’utilité des choses. »

La joie de Leo s’était évaporée sur cette note sombre. « Je vois… »

Stan lui fit un petit sourire rassurant. « Je sais, ce n’est pas la plus joyeuse des leçons, mais la Saint-Valentin m’a donné envie de te parler de ça. Surtout que maintenant, tu ne peux plus oublier ces mots. »

La mine de Leo s’assombrit. « J’imagine que vous me dites ça par rapport aux pensées que j’ai eu l’an dernier. »

Stan fit la moue. « Oui. Et heureusement que ces pensées n’étaient que très passagères. Ça aurait été le plus gros gâchis imaginable si tu t’étais véritablement suicidé. Mais là encore, ça n’aurait pas été inutile aux yeux des autres. On en revient à ma leçon. »

Leo lui adressa un sourire amer. « Pour le coup, je la comprends mieux.

— Tant mieux. » Le dieu s’étira. « Bon, maintenant que cette page assez sombre est écrite, parlons plutôt de trucs agréables. J’imagine que tu veux encore me poser des questions ? »

Leo hocha la tête. Il était assez content de changer de sujet. « Yup. Ça m’est venu tout à l’heure, et j’imagine que vous avez un anniversaire, non ? »

Stan sourit. « Bien évidemment. C’est le euh… » Il prit son menton. « Euh… »

Le garçon leva un sourcil. « Vous avez oublié ?

— Bah disons que ça fait plus d’un millier d’années que je n’ai pas eu l’occasion de le célébrer et que de toutes façons je n’y accordais pas plus d’importance que ça, même à l’époque. Attends. »

Stan se leva et se mit au centre de la pièce. Il fit signe à Leo de ne pas bouger, puis il claqua des doigts.

Leo manqua de hurler en voyant un livre gigantesque se matérialiser et s’écraser au sol avec un bruit tellement brusque et un poids tellement énorme que la maison entière trembla.

« Ouais, c’est un peu gros. » déclara Stan en voyant l’expression terrifiée du garçon.

Leo se leva pour s’approcher du monolithe. Le livre était aussi long que lui et il devait facilement faire un mètre de large. Niveau hauteur, la couverture lui arrivait au niveau du cou. En dehors de ça, il n’y avait pas de dorures extravagantes, ni de pierres précieuses. C’était un livre relativement simple d’apparence à la désagréable odeur de renfermé qui avait pour simple particularité d’être très gros.

Ou du moins en apparence, car lorsque le dieu ouvrit le livre, Leo remarqua qu’il ne pouvait absolument rien y comprendre. Des symboles tous plus crus les uns que les autres se succédaient. Il n’avait jamais vu une écriture pareille. « Comme si j’allais te laisser lire ma vie tranquille. » dit Stan d’un air malicieux. « Petit curieux, va ! »

Le dieu se mit à lire rapidement. Ses yeux bougeaient à une telle vitesse que ça en devenait presque effrayant. Mais son regard, lui était assez inquiétant. Plus il lisait, plus il semblait triste. « Stan ? »

Le dieu sursauta. « Hein !? Quoi !? » Il vit le garçon le regarder d’un air préoccupé. « Faut pas me faire peur comme ça, voyons ! » Il claqua à nouveau des doigts pour faire disparaître le livre. « Donc oui, j’ai vu ma date de naissance, et si on devait le traduire en des termes plus modernes et l’adapter à ce calendrier, je dirais que c’est un 10 Août. »

Leo avait entendu et enregistré l’information, mais quelque chose le chiffonnait. « Ça va ? Vous semblez nerveux. »

Stan tenta de se calmer. En vain. « Oui, je le suis. J’ai lu des choses dont j’aurais préféré ne plus me souvenir » Il grogna. « Et non, je ne peux pas t’en parler. Je ne suis pas d’humeur et je préfère ne pas en parler. Pas tout de suite en tout cas.

— Je vois. »

Stan arriva enfin à se calmer. « Enfin… Je pense que l’on ferait mieux de s’en arrêter là pour aujourd’hui. La semaine prochaine on parlera de choses plus gaies. »

Mercredi 5 Mars 2014

« Au fait, je me demandais… Pourquoi est-ce que vous vous habillez comme ça ? » demanda Leo au dieu alors qu’il buvait une tasse de thé.

Stan leva un sourcil. « Hum ? » Il posa la tasse sur la table.

« Les gants et cette veste. Vous n’avez pas trop chaud ?

— Moi ? Psssh. Je n’ai jamais ni trop chaud, ni trop froid. Ma température s’auto-régule en fonction de mon environnement et de ce que je porte.

— Mais pourquoi des gants ?

— Tu sais, quand on a des mains sensibles, on fait toujours en sorte de les protéger. Tu as des mains sensibles ? » La question avait été posée sur le ton de l’impatience et de la frustration.

Leo fronça les sourcils. « Euh… Non ?

— Bah voilà. Tu ne peux donc pas savoir ce que ça fait. »

Leo fit la moue. Il savait que Stan lui cachait quelque chose et son attitude le démontrait bien trop clairement. « Il vous est arrivé quelque chose et vous ne pouvez l’admettre. »

Un tic nerveux parcourut le front du dieu. « OK. Tu veux la vérité ? Eh bien j’ai eu un accident il y a quelques mois. J’ai littéralement joué avec le feu et mes mains ont été ravagées. Voilà, content ? »

Leo grimaça. Non seulement il avait appris une vérité qui faisait bien mal à entendre, mais en plus il avait vexé Stan. « Désolé… Mais du coup, vous ne pouvez pas utiliser vous pouvoirs pour les soigner ?

— Penses-tu que je l’ai fait ! Sauf que pour toutes les blessures auto-infligées, même si je me soigne, j’en garde une trace. C’est un peu un retour karmique pour avoir été un peu trop con. D’ailleurs, je te jalouse un peu, puisque si tu te blesses, tu peux remonter le temps sur toi-même et ne pas garder de traces de l’incident.

— Oui, enfin je perds aussi tous mes souvenirs. »

Le dieu fit un geste désinvolte de la main. « Pah, ce n’est qu’un effet secondaire. »

Leo roula des yeux. « Oui, ‘fin ça en serait un dont je me passerais volontiers… » dit-il en marmonnant.

Stan lui adressa un faible sourire. « Pah, on ne peut pas tout avoir. Et puis bon, ça ne serait pas super fun pour l’Univers si il n’y avait pas une sorte de système de risques et de récompenses à tes pouvoirs. »

Leo soupira. Puis réfléchit à un truc. « Mais vous ne pouvez pas faire ça, vous ?

— Faire quoi ?

— Remonter le temps sur vous-même. Il n’y aurait plus de traces. »

Le regard de Stan partit en direction du feu, qui continuait de crépiter gaiement. « Penses-tu. Si je le pouvais, je le ferais.

— Mais vous ne pouvez pas ? »

Le dieu hocha la tête. « Nuh-uh. Je suis certes un dieu, mais je n’ai pas tous les pouvoirs. À vrai dire, comparé à d’autres, je suis un de ceux qui en a le moins. »

Le garçon fronça les sourcils. Un dieu qui n’était pas tout-puissant ? Cela semblait assez fou. « Comment ça se fait ? »

Stan soupira. « Je ne peux pas encore t’en parler en détail, mais je peux déjà te dire que ça concerne le processus pour un devenir un. Disons que j’ai suivi une formation un peu trop accélérée et en suis sorti biiiiien avant d’avoir tout reçu. »

La tristesse évidente des mots de Stan atteignit Leo, qui ne savait comment répondre.

Stan vit dans le regard du garçon qu’il l’avait légèrement attristé. Il lui fit un petit sourire. « Pah, c’est pas grave. Je n’ai probablement pas tous les pouvoirs, mais je pense que ceux que j’ai à ma disposition sont plus que suffisants pour que je puisse t’aider au maximum. » Son sourire s’élargit. « Et en plus, tu as hérité de pouvoirs que je n’ai pas, donc on peut dire que ‘on est complémentaires ! »

Leo se mit à rire. « Ça veut dire que l’on fera équipe pour combattre le crime et ramener la Paix et la Justice ?

— Seulement si toi tu pars loin devant et que moi je suis loiiiiiiin derrière. » Stan lui tira la langue.

Samedi 8 Mars 2014

Leo regarda les adresses des friperies sur Internet. Le look de Stan ne l’avait que bien trop impressionné et il voulait non pas faire pareil juste pour faire pareil, mais parce qu’il sentait qu’il était désormais de son devoir de répandre la classe vestimentaire à travers le monde. De plus, ce style était plus ou moins de nouveau d’actualité, grâce au mouvement steampunk, que Leo admirait depuis déjà plus d’un an. Et ça lui donnait un look british, ce qui tombait bien étant donné ses origines, donc ça faisait déjà trois bonnes raisons pour que le garçon se sente l’envie de changer sa garde-robe… D’autant plus que celle qu’il avait actuellement était bien trop banale et il savait que son père allait secrètement apprécier ce changement. Sa mère… Il préférait garder la surprise.

Sans trop en dire, le garçon sortit de la maison, puis se dirigea place de la Victoire.

Il avait noté les adresses et pour le coup, ça n’allait pas être bien compliqué à trouver, puisque la plupart des boutiques étaient situées dans des rues que certes il n’avais jamais pris la peine d’explorer, mais qui n’étaient pas loin de la rue Sainte-Catherine.

Le première friperie contenait une foultitude de vêtements tous plus vieux les uns que les autres, mais aussi bien trop chers. Intimidé par les prix, il ressortit bredouille. Il avait l’impression de faire face à cet ignoble marché de l’occasion du jeu vidéo, avec ses tarifs excessifs pour des jeux dont parfois la valeur était artificiellement gonflée juste à cause de la série à laquelle ils appartenaient, mais appliqué à des vêtements2 ! Des morceaux de tissus cousus, c’était impensable que ce soit aussi cher, surtout au vu de leur âge !

Heureusement, les deux autres boutiques qu’il avait repéré étaient bien plus abordables. Certes, le choix était bien moins important et il se sentait comme un étranger au milieu des autres clients bien mieux habillés, mais il était bien là pour changer, donc sa présence était encore plus justifiée à ses yeux.

Il tomba sur un vieux veston à sept euros et une vieille chemise blanche qui n’avait pas perdu de son éclat à cinq euros. Il hésita à prendre un pantalon qu’il jugeait allait bien avec le reste, puis se dit qu’il lui restait encore assez d’argent de son anniversaire et que bon, il n’était pas à un prix excessif non plus.

Sur le chemin, il avait repéré le magasin de comics Pulps et était passé devant, quelques mètres un peu avant les deux boutiques. Ce genre de boutique était bien pire qu’une sirène à ses yeux, surtout au vu de l’étalage de statuettes qui faisaient plaisir à ses yeux. Oh et puis zut. Il céda à la tentation, entra dans la boutique, et en ressortit avec un comics Batman qu’un des vendeurs lui avait conseillé. Il se maudit en sortant, mais bon, il ne pouvait pas tellement corriger l’acheteur impulsif qu’il était, surtout avec l’argent qu’il restait sur son compte.

Remarquant qu’il n’avait pas pris énormément de vêtements, il décida de compléter sa collection en allant dans des boutiques plus générales. Tant pis pour l’authenticité, au moins eux avaient du stock.

Il prit trois nouvelles chemises. Une blanche, une bleu pâle et une dernière à carreaux. Il prit aussi un autre pantalon noir en tissu et un deuxième veston. Enfin, dans une dernière boutique, il trouva des chaussures en cuir en promo qui iraient bien avec le reste. Sa transformation allait enfin être complète. Coûteuse, mais complète.

Lorsqu’il rentra chez lui, il fit en sorte à ce que personne ne le voit avec toutes les poches qu’il se trimballait. Il entra dans sa chambre, se changea pour mettre en avant son nouveau look et entra dans le salon.

« Coucou Maman, coucou Papa ! »

Elsa ne se retourna pas, mais Hugh oui. « What the… »

Intriguée, la mère de Leo se retourna. « Oh wow. Qu’est-ce que… Mon fils, c’est bien toi ? » Leo sourit. « Je ne rêve pas ! Chéri, c’est bien Leo ? »

Hugh le regardait avec de gros yeux. « Euuuuh… Oui oui.

— Je suis morte ? Chéri, dis-moi que le monde ne s’est pas détruit et que je ne suis pas morte pendant que je regardais la télé ! »

Leo regarda sa mère d’un air blasé. Elsa se leva. « Roh, je plaisante. Tu es super beau ! » Elle l’observa. « Tu veux impressionner une fille, non ?

— Euh… Non ? J’avais juste envie de changer de look.

— Ça te va bien. Hein chéri, tu trouves pas que ça lui va bien ? »

Hugh était encore fortement perturbé et il passa la soirée à l’être à chaque fois qu’il posait les yeux sur son fils. Leo lui-même avait du mal à croire qu’il avait décidé de faire ça, mais il avait dépensé plus de quatre-vingt euros, il n’allait pas juste le porter une fois et tout laisser dans le placard. Ça allait être son style définitif.

Lundi 10 Mars 2014

La première journée du « nouveau Leo » en classe fut plus que particulière. Non seulement pour le garçon, mais aussi pour ses camarades et ses professeurs, qui le regardèrent tous d’un air surpris. Pour une fois, il n’était pas mal vu et encore moins ignoré, puisque absolument tout le monde qu’il croisait lui lançait un regard. Parfois c’était en mal, mais bien plus souvent, c’était en bien.

Ses amis étaient eux aussi choqués et demandaient bien pourquoi ce changement avait-il eu lieu. Leo leur répondit avec un grand sourire que c’était parce qu’il en avait eu envie. Et accessoirement, il fallait bien le style qui aille avec la montre en argent, non ?

Mercredi 12 Mars 2014

« Euuuuh… Ce n’est pas par rapport à cette histoire de super-équipe que tu as décidé de t’habiller comme ça, si ? » demanda Stan d’un air inquiet lorsque Leo se présenta devant sa porte.

« Hein ? Oh non non. J’avais juste envie de changer de look. Surtout que je trouve le votre super cool.

— C’est gentil de bien vouloir m’imiter, mais d’un autre côté, je trouve ça assez… Flippant.

— Parce que ça fait très relation apprenti/maître ou parce que ça ressemble à un début de film d’horreur où un garçon respecte tellement quelqu’un qu’il devient comme lui au point que ça devient malsain ? »

Stan acquiesça. « Deuxième option. »

Le garçon fit rouler ses yeux tout en souriant. « Ne vous inquiétez pas, il n’y aura rien de ça.

— Tant mieux.

Mais n’empêche que traîner avec vous, ça m’a motivé à changer de style. Il est juste suuuper cool. » Leo débordait d’enthousiasme. Sa journée s’était bien passée. Il avait même réussi à attirer l’attention de personnes qu’il n’aurait jamais pu aborder sans ce changement. Dans un sens, il était un peu triste que les apparences aient autant influé sur ses nouvelles interactions sociales, mais maintenant qu’il avait compris cette triste réalité, il allait en tirer profit au maximum.

Stan invita le garçon à s’asseoir, et comme d’habitude, ils se servirent à boire.

« Au fait, je voulais vous demander pourquoi vous vous habillez comme ça ? C’est un style du début du vingtième, non ? »

Le dieu hocha la tête. « En effet. Je dois avouer que même si je suis plus vieux que la plupart des modes, celle-ci m’avait particulièrement tapé à l’œil à l’époque. Je la trouvais tellement classe que j’avais essayé et ça m’a tellement plu que j’ai décidé de la garder. J’avais même demandé à ton arrière grand-père ce qu’il en pensait pour voir si ça m’allait ou non et c’est lui qui m’a donné son feu vert.

— Cool ! » Leo n’avait jamais eu l’occasion de connaître ses arrière grand-parents. Ils étaient presque tous morts avant la naissance du garçon et son arrière grand-mère avait été la dernière à disparaître alors qu’il n’avait que deux ans. On lui avait dit qu’ils étaient des gens respectables. Bien que pauvres, ils avaient toujours essayé d’aider leurs voisins.

« Du coup, je suis resté avec ça. En même temps, je n’ai rien trouvé après qui ne vaille la peine d’être porté. J’ai tenté le look bad boy des années 50, mais ça ne m’allait tellement pas que ça n’a pas duré plus de deux minutes. »

Leo ne put s’empêcher de sourire en tentant d’imaginer Stan avec une banane sur la tête et une veste en cuir. Le dieu le remarqua et lui lança un regard noir.

« Donc vous ressembliez à quoi avant ça ? » demanda le garçon, bien trop curieux.

« Oh, pas à grand chose. Je dois avouer que je n’ai jamais vraiment suivi la mode auparavant et je me contentais de mon style pré-dieu.

— Quelle époque ?

— Loiiiiin… Mais je ne peux pas encore t’en dire trop. »

Leo grimaça. « Donc j’imagine que ce n’est pas encore aujourd’hui que je connaîtrai les origines de Stan ?

— Neeeewpe. »

Leo soupira légèrement.

Mercredi 19 Mars 2014

« Hé bé… T’en fais, une tête d’enterrement ! »

Les cernes de Leo étaient profondes, accentuées par l’expression de profond désespoir qu’arborait son visage.

Le garçon soupira. « Ouais… Et j’imagine que vous savez déjà pourquoi. »

Stan pencha la tête sur le côté. « Yep. À mon époque, ce choix était bien plus simple. Tu voulais faire quelque chose ? Eh bien fallait avoir la chance de vivre au bon endroit et que tes parents ne t’aient pas forcé à suivre un apprentissage particulier. » Le dieu fronça les sourcils. « Bon ok, pour le coup, ça peut être pareil ici aussi, mais tu vois où je veux en venir. »

Leo lâcha un petit grognement. « Trois jours que je stresse là-dessus et je n’ai toujours rien trouvé.

— En même temps, si tu avais fait ton travail de recherche plus tôt…

— Ça n’aurait rien fait avancer. » Sur invitation de Stan, Leo prit un cookie dans le pot posé sur la table et le grignota tout en fulminant. « Merci Stan. »

Le dieu ne put s’empêcher de sourire. « Pour le coup, te connaissant, je dirais que la fac de langues t’irait bien. Imagine surtout tous les apports culturels que tu y auras.

— Ouais, ‘fin je sais pas si je me vois devenir prof. »

Le dieu tenta de trouver quelque chose de positif à dire à propos de cette piste, puis y renonça bien assez rapidement. « Pas faux.

— Mon père voudrait que je continue dans les études scientifiques, parce que ça pourrait potentiellement m’aider à l’avenir, mais ça devient trop compliqué pour moi ces trucs-là.

— Teees notes disent le contraire. »

Leo fit une moue désapprobatrice. « Erm oui ? Pour l’instant ? Et puis même si j’ai des facilités là-dedans, ça ne m’empêche pas de trouver ça chiant… »

Stan toussa. « Ton langage, Leo.

— Désolé. Enfin vous voyez quoi.

— Au pire, j’ai une solution qui peut résoudre ton problème, même si je sais déjà que ça va causer de vives réactions à la maison. »

Leo leva un sourcil. « Année sabbatique ? »

Stan hocha la tête. « Yup. Bon, bien évidemment, j’espère que tu ne feras pas rien et que tu pourras te faire un peu d’argent entre temps, mais, pour le coup, ça te donnera une année supplémentaire pour réfléchir à tout ça et tu auras le droit à des expériences qui feraient que tu n’aurais pas l’impression d’avoir fait un mauvais choix et perdre une année. »

Le garçon se mit à réfléchir intensément. Puis il sourit. « Carrément ! Je sais pas encore si mon père sera d’accord, mais vu comme ça, ça semble plutôt sensé.

— Encore heureux, vu que c’est moi qui t’ai dit ça ! » pesta le dieu.

***

L’annonce du plan de Leo à ses parents fut particulièrement difficile, notamment à cause de l’insistance de Hugh pour que son fils continue ses études, mais l’argument de l’argent et du bonheur personnel était suffisant pour que le soir venu tout le monde accepte. Ils acceptèrent même qu’il garde ses deux mois de vacances, histoire de partir en Angleterre l’esprit tranquille, à la condition qu’il se mette à chercher un travail le jour où il serait rentré.

Jeudi 3 Avril 2014

Leo soupira. Il pleuvait assez fortement et l’effet nouveauté de son look s’était grandement estompé depuis quelques jours. Tout le monde s’y était habitué au point qu’il était à nouveau tombé dans l’anonymat et l’indifférence de ses camarades de classe. Il s’était même pris des remarques de certains qui jalousaient sa dernière performance en anglais. Il avait encore une fois réussi à avoir la plus grosse note de la classe sans aucun effort.

Et puis là, le trajet en bus commençait à sérieusement s’éterniser. La pluie frappait les vitres, tentant désespérément d’entrer pour caresser les visages des voyageurs, tandis que le véhicule était bloqué à cause des voitures, qui n’avançaient plus. Il considéra que c’était une chance que des couloirs spécifiques aux bus avaient récemment été ouverts, mais ce n’était pas suffisant pour ne pas s’ennuyer.

Leo fixa d’un regard vide l’extérieur. Si seulement le trajet pouvait aller plus… Vite.

Il considéra ses pouvoirs, qu’il n’avait que trop peu eu l’occasion d’utiliser récemment. Pas depuis le rhume en fait. Ça faisait un peu trop longtemps à son goût.

Il savait qu’il ne pouvait pas accélérer le temps. Seulement l’arrêter, le remonter et le ralentir. Arrêter le temps dans cette situation ne servirait absolument à rien, et le remonter ne ferait que l’empirer, puisque non seulement il n’avait aucune alternative, mais en plus Stan lui avait demandé au détour d’une conversation mercredi de n’utiliser ce pouvoir qu’en dernier recours, car il était assez dangereux. Leo lui avait bien demandé pourquoi, mais le dieu était resté étrangement silencieux par la suite. Quelque chose dans son regard le terrifiait, mais le garçon n’aurait su mettre le doigt dessus.

Donc il ne lui restait plus que l’option de ralentir le temps. S’il ralentissait le temps autour de lui-même, ça ne servirait à absolument rien. En revanche, s’il l’utilisait sur lui-même…

Leo plongea la main dans son sac pour en ressortir son bonnet. Non seulement ça allait cacher le roussissement de ses cheveux, mais en plus ça lui permettrait de se protéger de cette petite brise qui traversait le bus. Il prit aussi un cahier et un stylo, histoire de ne pas avoir l’air trop suspect et de donner l’air d’être en intense réflexion. S’il ne bougeait pas trop, alors personne ne devrait remarquer qu’il bouge au ralenti.

Une fois prêt, et après avoir fait mine d’observer ses notes pendant trente secondes, il mit son stylo à sa bouche et observa l’extérieur, histoire de garder un œil sur la progression du bus. Il commença l’expérience.

La pluie tombait désormais bien plus rapidement à ses yeux. Le bus avançait et s’arrêtait tous les dix mètres en accéléré. Le garçon voulait sourire, parce qu’il avait l’impression de se trouver dans un de ces films, où les scènes sont volontairement accélérées pour montrer le passage du temps quand rien d’important ne se passe. Un… Time-lapse ? Ouais, c’est ça, un time-lapse.

Il se concentra du mieux qu’il put pour voir où en était le véhicule, pour pouvoir se remettre en phase avec le temps au moment où il approcherait de chez lui. Une seconde d’inattention et il pourrait rater son arrêt.

Trois minutes – pour lui – passèrent. Il constata qu’il n’était plus loin de Gradignan. Il décida de ramener le temps à la normale, puis de jeter un coup d’œil à sa montre en argent… Avant de sentir son cœur s’arrêter l’espace d’un instant.

Dix-neuf minutes !? Mais je ne les ai utilisé que trois ! C’était illogique ! Quand il remontait le temps, ce n’était pas considéré comme une utilisation de plusieurs minutes. Juste d’une s’il ciblait précisément le moment où il remontait le temps. Alors pourquoi est-ce que là ça en comptait comme dix-neuf ?

Il se mit à réfléchir. Puis il grimaça. Il était vrai que quand il arrêtait le temps, sa jauge de magie n’allait pas dans son sens et continuait de se vider selon son temps d’utilisation. Mais ici, sa jauge de magie était plus ou moins liée au temps extérieur plus que le temps supposé d’utilisation, ce qui, du point de vue de l’Univers, devait être plus logique.

Grognant et se sentant humilié par l’entité cosmique, Leo vissa encore plus profondément son bonnet sur sa tête pour éviter qu’une mèche rousse ne s’en échappe, puis descendit du bus.

Il prit son temps pour rentrer, sachant que de toutes façons, il allait se cloitrer dans sa chambre pendant encore une cinquantaine de minutes.

Il entra chez lui, salua rapidement ses parents sans aller les voir, puis fit ce qui était prévu.

Lundi 14 Avril 2014

Ses professeurs et ses parents avaient été catégoriques : ce n’était pas parce qu’il était enfin en vacances qu’il pouvait s’amuser toute la journée et ne rien faire. Il lui fallait activement réviser, car dans un peu moins de deux mois, il allait passer le bac !

Bon après, cela concernait surtout les autres élèves de sa classe, puisque lui n’avait pas décidé de réviser à la dernière minute et il avait fait un point d’honneur de réviser au moins trois à quatre soirs par semaine, et ce depuis le début de l’année. Cela ne l’empêcha quand même pas de passer un peu de temps tous les jours à continuer de réviser, car il était bien trop facile d’oublier ces connaissances qu’il savait n’allaient pas vraiment être utiles au reste de sa vie3.

Rien n’est inutile.

Les mots de Stan résonnèrent dans sa tête. Il se rappelait avec exactitude de la conversation qu’il avait eu avec le dieu là-dessus. Certes rien n’est inutile, et il savait qu’il avait besoin de ces connaissances pour avoir de bonnes notes au bac, mais il doutait très sérieusement de l’application en situation réelle des fonctions mathématiques. Enfin… Mieux valait garder ces données en tête. Au cas où.

Vendredi 18 Avril 2014

« J’aimerais bien avoir des super-pouvoirs… Pas toi ? »

Thomas était en train d’infliger une lourde correction à Leo sur Super Smash Bros. Melee.

Leo leva un sourcil. « Hum ? » La question venait d’absolument nulle part. Il en avait l’habitude, puisque son ami avait souvent tendance de passer d’une idée à une autre bien plus vite qu’un claquement de doigts, mais cette question était encore plus inattendue.

« Eh, juste comme ça. T’imagines ? Genre j’aurais des super-pouvoirs… Ça serait cool !

— Mais pour en faire quoi ? » Leo était curieux de voir jusqu’où cette conversation pourrait aller.

« Je sais pas, moi. Ça dépend du pouvoir. » Il fixa l’écran de victoire. Son Fox Mc Cloud était en train de prendre une pose fière, tandis que le Roy de Leo l’applaudissait. « Franchement, j’aimerais trop pouvoir créer des portails.

— Avec ou sans robots tueurs4 ? » demanda Leo d’un air mesquin.

« Bien évidemment sans… Même si dans un sens, ça pourrait être cool. » L’adolescent marqua une pause. « Dans tous les cas, ça serait cool, parce que je n’aurais plus à payer les transports. Imagine, je pose un portail à New York à côté du Nintendo World Store, je rentre chez moi, j’en place un dans ma chambre et hop ! Dès qu’un nouveau jeu sort, je peux aller l’acheter direct des mains de Reggie5 ! »

Leo sourit. Lui aussi ferait la même chose, mais avec l’Angleterre. S’il pouvait aller là-bas sans avoir à perdre plus d’une centaine d’euros et des dizaines d’heures en transports, ça améliorerait considérablement sa vie. « Ouais, ça serait cool.

— Oh, et sinon je pourrais voler et faire la même chose tout en admirant la vue. Imagine, je survole des contrées inexplorées et je prends des photos. Il y aurait tellement de thunes à se faire dans la photographie aérienne.

— Erm ouais, ‘fin faut bien te couvrir. N’oublie pas qu’il fait super froid en altitude.

— Pas un problème si je vole bas. » ajouta Thomas.

« Et s’il y a un orage ?

Eh bah je vole pas ? Je suis pas con, non plus.

— Et n’oublie pas les tribus indigènes. Tu te souviens de cette histoire avec les aviateurs qui sont tombés sur une île totalement inconnue et ils se sont pris une volée de flèches ? J’imagine que ces gens-là rêvent d’une cible volante !

— Ouais, bon ça va. Ruine mes rêves, tant que t’y es… » grommela l’adolescent. Puis sa mauvaise humeur disparut dans l’instant avec l’idée d’après. « Ou bien je pourrais manipuler le temps ! »

Leo lui fit un large sourire gêné. « Ouais… Encore mieux… »

Thomas arriva à percevoir le doute dans la voix de son ami. « Tu déconnes ? Ça serait génial ! Genre on pourrait remonter le temps et tuer Hitler avant même qu’il ne devienne méchant… Ou mieux ! On pourrait remonter le temps et essayer d’apprendre à des raptors à faire du skateboard ! Comme dans Denver le dernier dinosaure.

— Parce que c’est mon ami et bien plus encore ?

— Yep ! » affirma Thomas d’un air fier.

Leo soupira. « Tu sais, je ne suis pas sûr que les dinosaures seraient contents d’apprendre à faire du skate.

— Mais avoue que ça serait drôle. Ils monteraient sur la planche et s’écraseraient comme des gros blaireaux sur le sol. » Thomas mima des gestes et des expressions censées représenter ses pauvres victimes.

Leo explosa de rire.

« Sinon, je pourrais remonter le temps pour gagner au loto et devenir super riche. Ça aussi, ça serait cool.

— Tu veux pas un almanach des sports, tant que tu y es6 ? »

Thomas pouffa. « Carrément, surtout si les résultats s’adaptent en fonction des circonstances.

— Je… Ne suis pas sûr que ça marcherait comme ça. » Leo y avait réfléchi une fois, alors qu’il s’ennuyait. Étant donné que l’almanach viendrait d’une époque et d’un univers différent de celui dans lequel le garçon arriverait en remontant le temps, le livre ne changerait pas, puisque ses victoires et les éventuelles fluctuation n’affecteraient pas l’avenir. Elles ne créeraient qu’un avenir alternatif, indépendant de l’avenir qui existait déjà, faisant que le livre pouvait potentiellement devenir obsolète si jamais il venait à racheter un club ou deux avec son argent et s’amuserait à jouer les investisseurs7.

« Pah ! Peu importe. Dans tous les cas, si je le pouvais, j’utiliserais ce pouvoir pour me faire un peu d’argent. »

Pas moi, pensa Leo. Il avait juré d’utiliser ses pouvoirs pour faire le bien. Certes, une petite digression de temps à autres ne faisait pas de mal si elle était mineure, mais il n’allait pas utiliser ses pouvoirs de manière aussi égoïste.

« Tu voudrais quoi, comme pouvoir, toi ? » demanda Thomas.

Il se doutait que cette question allait arriver. Il fit mine de réfléchir. « Erm… Probablement un truc qui aurait à voir avec les objets perdus. Un truc pratique. »

Son ami le regarda quelques secondes incrédule, puis éclata de rire. « Tête-en-l’air comme tu es, ça m’étonne pas ! »

Leo roula les yeux.

« Ou sinon la polymorphie ! T’imagines ? Je pourrais me transformer en absolument n’importe quoi. Et ça serait encore plus cool si j’avais leurs pouvoirs aussi.

— Façon Envy dans Fullmetal Alchemist8 ?

— Carrément ! » Thomas sourit.

C’était au tour de Leo de placer une pique bien sentie. « Avoue que c’est parce que t’as envie de te transformer en Pikachu.

— Heh ! Tu déconnes, mais ça serait cool. Je pourrais maîtriser l’électricité et en plus je serais tellement mignon… Toutes les filles voudront obligatoirement de moi.

— Ouais… Ou pas. Parce que bon, en dessin animé, ça passe, mais en vrai ? J’ai un doute. Au mieux ça aura l’air très bizarre, au pire ça sera carrément immonde. Et imagine que tu ne maîtrises pas tes pouvoirs. Soit tu grilles quelqu’un, soit tu te transformes en monstre sans le faire exprès. »

Le ton pragmatique de Leo irrita Thomas. « Roh, mais laisse-moi rêver un peu. Tu pourris mon groove là et tu réfléchis un peu trop là-dessus. »

Leo haussa les épaules. « Mieux vaut trop y réfléchir que pas assez, je dirais9. »

Thomas fit une moue. « Mouais, même si de toutes façons, avoir des pouvoirs, ça n’arrivera malheureusement jamais. »

Oooh si tu savais…

Mercredi 23 Avril 2014

« Je sens que tu ne vas pas aimer, mais il est temps pour moi de te révéler quelque chose d’important. »

Leo et Stan étaient tous deux en train de grignoter tranquillement lorsque la phrase du dieu vint installer une drôle de tension.

« Euh… À propos de quoi ? » demanda le garçon, qui sentit une certaine inquiétude monter en lui.

Stan se voulut rassurant. « Boh, trois fois rien. C’est juste que quand tu es Passé, il s’était passé quelque chose juste un peu avant qui m’avait motivé à le faire. »

Leo se mit à repenser à ce jour-là. « Quand vous vous étiez absenté ? »

Le dieu acquiesça. « Tu te souviens quand je t’avais dit que je te faisais Passer pour que tu me foutes la paix ? »

Le garçon fronça des sourcils. « Moui moui.

— Bah ça, c’était en partie vrai. La vraie raison pour laquelle j’ai précipité ton Passage était qu’un autre dieu pas loin de là avait l’intention de faire Passer un autre toi.

— Oh.

— Ouais… Si j’avais attendu, non seulement tu ne serais pas Passé, mais en plus tu n’aurais plus jamais eu l’opportunité de le faire. »

Leo fronça les sourcils. « Alors vous lui avez piqué son Passage ? »

Stan hocha la tête. « On pourrait dire ça, moui. C’est surtout que je n’avais pas envie que ton autre toi Passe auprès de lui et doive se coltiner sa tronche tous les quatre matins. Tu aurais vu ce dieu. Un véritable clown triste qui en plus m’en voulait, et je ne sais absolument pas pourquoi.

— Et vous avez essayé de discuter avec lui pour savoir pourquoi ?

— Pas eu le temps. Il passait son temps à me regarder de haut, comme si je n’étais rien. Quand je lui ai dit que j’allais faire Passer quelqu’un d’impur, c’était la totale. C’était limite s’il me disait pas que si je mourais, c’était tant mieux. »

Leo avait du mal à croire ce récit. « Uh-huh. Vous n’exagérez pas un peu ?

— Mais même pas ! Ce dieu était abominable ! Le cliché du noble parfait dans tes films d’action avec un ton condescendant et une attitude un peu trop composée. Typiquement le genre de personne qui risque de devenir fou le moment où quelque chose n’ira pas dans son sens.

— Eeeeet vous venez de faire quelque chose qui n’ira pas dans son sens. »

Stan soupira. « Oui… Mais bon, je l’ai fait pour toi, et dans un sens aussi pour l’autre Leo.

— Ça me gène un peu pour lui. » avoua Leo.

« Bah, ne te sens pas coupable. Ce n’est pas ta faute. Et de toutes façons, si jamais l’autre vient à ma porte pour m’enguirlander, j’assumerai les conséquences et puis c’est tout. »

Jeudi 8 Mai 2014

Leo arpenta les couloirs du manoir, un pistolet à la main. Quel endroit lugubre, pensa-t-il.

Il avait déjà eu l’occasion de tuer deux zombies quelques minutes plus tôt. C’était assez effrayant, mais étrangement pas si traumatisant qu’il ne l’aurait imaginé.

« Hey Leo, viens voir ! »

Une voix féminine l’appelait au bout du couloir. Hein ? Mais j’étais venu seul pourtant.

Il se dirigea vers la pièce de laquelle provenait la voix. « Qu’est-ce qu’il y a Lara ? » Il s’arrêta net. Lara ? Comment connaissait-il cette femme ? Il ne l’avait jamais vue auparavant ! En tout cas elle était jolie. Un peu plus petite que lui, elle avait la peau bronzée et des cheveux bruns courts et une seule mèche grise qui tombait sur le côté gauche de son doux visage. Elle portait un uniforme de son unité qui dissimulait légèrement son petit ventre, avec un gilet pare-balles qui semblait avoir vu de meilleurs jours. Ses yeux d’un marron foncé le fixaient d’un air perplexe. « Quelque chose ne va pas Leo ? »

Le soldat sursauta. « Oh nonon. Rien. » Il observa ses alentours. Ils étaient désormais dans un grand hall mélangeant architecture métallique moderne d’un mur et papier peint de vieux manoir sur les autres. C’est marrant, on dirait qu’on est dans le manoir Spencer de Resident Evil, se dit Leo.

« Regarde là-bas. Tu ne trouves pas ce mur bizarre ? » demanda la femme en désignant le mur métallique.

« Yep, carrément. Quelque chose me dit que l’on va résoudre ce mystère bien assez vite ! »

Lara regarda Leo d’un air de reproche. « Assez vite ? Ça fait deux jours qu’on tourne en rond parce que tu bloquais comme un gros débile sur ce puzzle !

— Oui, bon, ça va, hein ? C’est pas non plus comme si la solution était évidente ! Tu aurais pu me filer un coup de main aussi. »

Lara se mit à rire. « Et puis quoi encore ? C’est pas moi le personnage principal ! Tu as déjà entendu parler d’un personnage secondaire qui résolvait la situation sans que le personnage principal ne s’implique ? »

Leo grogna. « Oui, bon d’accord. C’est vrai.

— Et puis bon, tu as trouvé la solution au final tout seul, comme un grand.

— Peut-être parce que je suis allé consulter la soluce en ligne. »

Lara était outrée. « Tu n’as vraiment aucun mérite !

— Yuup, mais au moins on y est arrivés. »

Lara soupira. « Pas faux… Allez, on y va. »

Leo hésita. Il observa à nouveau la disposition de la pièce. Une salle aussi vaste marquant la fin du lieu et le début d’un autre cachant bien des secrets… À tous les coups, il y avait un boss et dès qu’il allait se rapprocher au milieu de la pièce, ça allait déclencher un script. « Tu euh… Tu peux aller devant, s’il te plaît ? J’ai envie de vérifier un truc. »

Lara était elle aussi hésitante, mais s’exécuta. Elle arriva sans problèmes à la grande porte et l’ouvrit. Il n’y avait rien. « C’est bon ! »

Leo plissa des yeux. Il n’y avait vraiment rien de l’autre côté. Il se mit à marcher pour rejoindre sa camarade. Tellement de peur pour ri… « Bordel de… »

Arrivé au milieu de la pièce, il se trouva incapable de bouger. Sa vision se rétrécit d’elle-même pour mettre des bandes noires en haut et en bas. Lara était bloquée alors qu’un serpent géant surgit de la porte. Allez, encore un boss… Ça me gonfle, voulut hurler le soldat.

Lorsque le serpent eut fini de s’installer et que sa vision était redevenue normale, Leo put enfin bouger à nouveau. « Lara ! »

Elle était bloquée dans le serpent. Ses jambes passaient au travers du monstre. Visiblement c’était un bug, mais elle ne semblait pas avoir mal. « Ça va ! Je n’ai rien !

— Profites-en pour tirer ! » cria Leo.

Lara sortit son pistolet et se mit à tirer sur l’animal, qui bougeait de quelques centimètres à chaque fois qu’il était touché. Leo en fit de même. L’avantage dans ce genre de jeux, c’est qu’il n’y a même pas besoin de recharger. Surtout en ayant triché pour avoir les munitions infinies. Mais ça, Leo ne l’avouerait jamais à Lara, autrement elle lui passerait encore un savon.

Le serpent commença à attaquer. Ses mouvements étaient rapides. Un peu trop rapides à son goût, surtout en comparaison des déplacements lents et mal fichus de Leo.

Ceci dit, il avait un atout que le serpent n’avait pas : il pouvait ralentir le temps ! En théorie !

Leo essaya. Par miracle, il y arriva. Le serpent bougeait tellement lentement qu’il était presque immobile.

« Qu’est-ce que… Leo, tu ne serais pas en train de tricher !? » hurla Lara.

« Moi ? Non, j’exploite toutes les possibilités qui me sont offertes ! Vas-y, on lui tire dessus jusqu’à ce qu’il meure et on n’en parlera plus, d’accord ? »

Lara haussa les épaules et continua à tirer.

Et ils continuèrent à tirer.

Encore.

Et encore.

Il leur fallut vingt-cinq minutes pour en venir à bout, tant et si bien que Leo commençait à se demander si le jeu n’avait pas buggé.

Le serpent se mit à fondre, puis, dans la mare qui disparaissait petit à petit, Leo et Lara trouvèrent deux marteaux aux proportions grotesques. Des marteaux de Super Mario Bros !? C’est quoi ce bazar ? Pensa Leo.

Puis des limaces mutantes sortirent de la porte.

Sans plus attendre, Leo et Lara prirent chacun un marteau. Ils étaient tellement légers que c’était un miracle qu’ils soient efficaces.

Le soldat se mit à donner un coup en direction d’une des limaces et l’écrasa dans un bruitage tellement absurde que ça devenait hilarant.

Il donna un coup, puis un autre, et un autre. Il frappait désormais les limaces avec le même amusement qu’un enfant de quatre ans, tout en rigolant comme un fou. Pendant une dizaine de minutes, il s’amusa à déambuler dans les couloirs en frappant les zombies comme un maniaque jusqu’à ce que le thème du Lagiacrus de Monster Hunter 3 retentisse avec une telle force que Leo se réveilla en sursaut.

Il tâtonna lourdement sur la table à côté de son lit en grognant pour trouver son téléphone et l’éteignit le plus rapidement possible. Il ne se souvenait pas l’avoir mis aussi fort pourtant.

Il resta deux minutes dans son lit. Ce rêve était tellement cool et débile qu’il ne voulait pas se lever pour aller au lycée. Il voulait retourner dans son rêve.

Mais bon, il le fallait bien. Il se leva, alluma la lumière, puis se dirigea de manière pataude vers son placard pour prendre des vêtements. Mais, en passant devant le miroir, il remarqua quelque chose qui fut suffisamment étrange pour que toute trace de fatigue disparaisse en une fraction de seconde.

Ses cheveux étaient intégralement roux et noirs. Plus une trace de brun. Ses yeux s’écarquillèrent. Les pouvoirs qu’il avait utilisé dans son rêve… Il les avait accidentellement utilisés dans le monde réel !

Leo se précipita vers la table de chevet pour voir sa montre. Il constata avec horreur qu’il venait tout juste de repasser en dessous de la deuxième partie de la jauge. Il l’avait allègrement franchie et heureusement pour lui, il remarqua que peu importe s’il avait franchi un palier ou non, il reviendrait toujours à la normale avec un peu de temps.

Leo souffla. Il était rassuré. Par contre, cela voulait aussi dire qu’il allait devoir rester une heure dans sa chambre pour éviter que ses parents ne se posent de questions… Or, Il n’avait que quarante minutes pour manger et se préparer. Il ne lui restait plus qu’une seule solution.

Leo n’attendit pas une minute de plus. Il invoqua le nom de Stan. Le portail mit trente secondes pour apparaître. Le dieu avait probablement été ailleurs et était revenu en catastrophe.

Mais ce n’était clairement pas le temps pour se soucier de ses activités. Le garçon sauta dans le portail et arriva rapidement chez le dieu.

Mais quelle ne fut pas sa surprise en voyant Stan encore en pyjama et peignoir, le visage visiblement miné par la fatigue. Cela ne dura pas longtemps, puisque le dieu eut la même réaction que Leo en voyant les cheveux roux. « Wowza ! Qu’est-ce qu’il s’est passé !? »

Leo se gratta l’arrière de la tête, l’air embarrassé. « Eh bien erm… Disons que j’ai fait un rêve bizarre et j’ai accidentellement utilisé mes pouvoirs ? »

La mâchoire du dieu semblait sur le point de se décrocher. « Tu… Quoi !? » Leo haussa les épaules. « Mais c’est horrible ! Attends… » Stan claqua des doigts. « Voilà, le problème devrait être résolu. » Leo haussa un sourcil. « J’ai lancé un sort pour bloquer tes pouvoirs au moment où tu perds conscience. Ça devrait être bon. » Puis il s’arrêta net. « Attends, peut-être pas. »

Leo commençait à s’inquiéter. « Peut-être pas ?

— Euuuuuh… »

Stan claqua des doigts, faisant immédiatement tomber le garçon par terre.

***

Un claquement de doigts se fit entendre. Leo se réveilla. Il remarqua en grognant qu’il était affalé sur le sol de la maison de Stan. Tournant la tête, il vit que le dieu l’observait d’un de ces regard curieux que l’on lance aux gens étranges. « Kékigna ? » demanda Leo, la bouche pâteuse.

Stan sursauta. Le garçon était en train de se lever. « Oh rien rien. J’avais juste besoin de vérifier une théorie. »

Le garçon se dépoussiéra. « Vous auriez pu prévenir avant de mener vos expériences. » lui dit-il d’un air de reproche.

« Si je te l’avais dit, tu aurais été réticent. » fit-il remarquer. « Et puis bon, au moins tu n’as plus besoin d’attendre une heure pour rentrer chez toi. »

Intrigué, le garçon jeta un coup d’œil en direction du miroir au dessus de la cheminée. En effet, ses cheveux étaient redevenus normaux. « J’ai pas dormi une heure quand même ?

— Oh non. À peine deux minutes. Mon expérience a remporté un certain succès, à ce que l’on dirait.

— Vous avez réussi à me débarrasser de ces effets secondaires ? »

Le dieu grimaça. « Nope, mais ta transfo… » Il s’arrêta, voyant le regard intrigué du garçon.

Sans prévenir, Stan se précipita en direction de la bibliothèque et renversa nonchalamment un livre tout en regardant le garçon, qui le fixait bizarrement. « Qu’est-ce que vous… »

Le dieu claqua des doigts. La tête du garçon partit violemment en arrière. « Qu’est-ce que… »

Stan haussa les épaules. « Oh euh, je parlais d’un de tes ancêtres et tu as voulu prendre un de ses livres, qui t’est tombé sur la tête. Tu t’étais ouvert le crâne, mais tu as remonté le temps sur toi-même un peu trop loin, je crois. »

Leo vit le livre par terre. « C’est normal que je me sois ouvert le crâne avec un livre tombé de cette étagère ? »

Il pointa du doigt l’étagère la plus basse possible. Stan se retourna et se frappa violemment le front. Il se dirigea à nouveau vers la bibliothèque et renversa d’un air moins nonchalant le livre le plus gros et le plus haut possible. « Non, c’était avec celui-là ! » hissa-t-il.

« Mais… »

Stan claqua à nouveau des doigts, faisant à nouveau basculer violemment la tête du garçon en arrière.

« Qu’est-ce que…

— Ah Leo, heureusement que tu n’as rien ! » Le dieu semblait rassuré. « Tu t’es blessé en voulant consulter le livre d’un de tes ancêtres. Un autre t’est tombé sur le crâne et dans la panique, tu as remonté le temps sur toi-même de manière un peu trop radicale, j’en ai peur.

— Ah… » Il se regarda dans le miroir. Il semblait indemne et en plus ses cheveux avaient repris leur couleur normale.

« Dommage que tu ne te souviennes plus de rien. On avait bien discuté en plus… Enfin, je pense que tu peux rentrer chez toi, maintenant. J’imagine que tu dois avoir faim en plus ! »

Le ventre de Leo émit un gargouillis d’approbation. « Ouais…

— Allez, tu vas y arriver champion ! Cette journée va bien se passer ! »

Cet élan de positivité couplé aux mouvements ultra clichés de boxeur que fit le dieu effrayèrent légèrement le garçon, qui dans un « Euh ooooookay ? » perplexe sortit de la maison après avoir dit au revoir.

***

« T’as vraiment été con sur cette dernière journée. » fit remarquer le double de Stan.

« Oui, bon, c’est bon, pas la peine d’en rajouter.

— Pour le coup, j’imagine que c’est ce qui a précipité ta décision ?

— Yep.

— Espérons qu’il n’y ait pas de dérapages de ce genre bientôt.

— Yep.

— De ta part, j’entendais. »

Un spasme nerveux parcourut le front de Stan. Il grogna.

Puis il rangea le livre. Faisant craquer ses phalanges, il se tourna vers son double. « Bon, allez, va te cacher dans ma chambre. Il est temps d’appliquer le plan. » Stan sourit.

1Pour le coup, je vais un peu sortir de l’histoire pour vous offrir un conseil de vie qui peut vous être très utile, surtout si vous êtes jeune : ne vous mettez pas la pression pour être avec quelqu’un. Il n’y a pas de mal à être célibataire. Non, parce que si vous cherchez l’amour à tout prix, ledit prix risque d’être plus qe désagréable tant vous resquerez d’enchaîner les erreurs et de finir plus malheureux que si vous aviez attendu le bon moment. Et bien évidemment, un conseil qui va de soi : soyez sympa avec les autres. Ça ne vous apportera peut-être pas l’amour, mais ça ouvrira potentiellement des portes intéressantes pour votre avenir professionnel (beaucoup plus que si vous attaquiez tout le monde pour aucune raison en particulier, dans tous les cas). Et puis bon, comme l’a si bien dit ma sœur : être positif ne peut qu’apporter que des choses positives sur le long terme. Et je rajouterai : soyez fort en faisant face à tous vos problèmes tout en tentant de trouver l’aspect positif de toute chose !

2Ce qui est encore plus débile dans cette histoire, c’est que bien trop souvent, les jeux les plus côtés sont justement ceux qui ont été produits à des centaines de milliers d’exemplaires, donc ce n’est pas non plus comme s’ils étaient introuvables… Enfin, heureusement que dans ces cas-là il y a les remasterisations et les ressorties sur les boutiques numériques.

3Et j’en veux pour preuve le fait que j’ai oublié 90% de ce que j’ai appris à l’école en dehors de la base des bases ! Bien évidemment, je ne vous incite pas à ne pas étudier, au contraire, puisque le plus vous oubliez, le plus de chances vous aurez de ne pas trouver de travail et de vous retrouver contraint à écrire des séries de romans avec l’espoir infime que ça puisse fonctionner car c’est plus ou moins tout ce qu’il vous reste. Grermf.

4Une référence à portal qui risque de plus en plus d’être perdue dans les abysses du temps. Parce que dans ce puzzle-game, vous aurez à résoudre des énigmes en créant des portails et des robots aux phrases amicales tenteront de vous accueillir en faisant plein de petits trous dans votre corps. Le jeu coûte moins cher qu’une baguette de pain désormais et possède de quoi vous faire hurler de rire. Sa suite est encore meilleure et mérite votre temps.

5Reggie Fils-Aimé, président de la branche américaine de Nintendo en 2014 et vénéré parmi les joueurs, car il avait un sens de l’auto-dérision des plus prononcés. À noter qu’à une certaine époque, il était aussi un des employés les plus haut gradés chez Pizza Hut et avait une coupe afro monstrueusement cool à l’université.

6Si vous ne comprenez pas cette référence, je ne peux plus rien pour vous…

7Tu peux aller te rhabiller, Doc ! (Je m’excuse sincèrement pour ce démontage de film, Bob Gale et Robert Zemeckis)

8Le Meilleur Manga de Tous les Temps ! Ce manga possède absolument tout : de la magie, une histoire passionnante et des personnages mémorables, en plus d’un rythme parfait. Si vous vous demandiez quel était une de mes sources d’inspiration, ne cherchez pas plus loin que ce chef d’œuvre de Hiromu Arakawa (et même si l’influence ne se sent pas encore, m’est avis que vous commencerez à la ressentir d’ici quelques chapitres et la deuxième partie ♪)

9Plus ou moins mon leitmotiv et la raison pour laquelle je suis devenu timbré en écrivant cette série ♫

Chapitre 4

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