Les Chroniques de Loutre-Monde – Eastern Tails : Épisode 18

Une fois le petit déjeuner englouti et tout le monde prêt, Sarah ainsi qu’un groupe de fans réunis dans le hall de l’hôtel se dirigèrent vers le stade. Comme d’habitude, à chaque fin de saison, le nombre de personnes allant voir le match était minimum le double du public habituel. Peut-être que certains n’avaient pas le temps de voir les autres, peut-être que le nombre de touristes venant des quatre coins du monde pesait aussi dans la balance… Et peut-être que certains n’assistaient à ce match en particulier que dans l’espoir de pouvoir manger un morceau du Grand Gâteau1. C’était sûrement un mélange des trois, qui sait, vu qu’il y avait autant d’individus que de raisons spécifiques d’assister au match.

Le stade était immense et paraissait très aéré du fait de ses immenses arches extérieures. Des gens postés à l’entrée distribuaient fanions aux couleurs des deux équipes et paquets de pop-corn. Sarah décida d’en prendre un en plus d’un fanion pour supporter l’équipe de Beayerd.

Elle et le reste de l’entourage des différents chefs de village n’eurent aucun mal à s’installer dans les gradins, puisqu’en échange de leur travail difficile, ils avaient le droit à quelques avantages particuliers, comme celui de s’asseoir aux premières loges dans une tribune dédiée avec vue royale sur l’immense bassin. Cassandra décida de placer sa fille à droite de Leo et des dieux, ce qui ne put que la ravir.

La foule était déjà en délire et les conversations allaient de bon train, au point que le stade vibrait légèrement. Le jeune femme ne put qu’à son tour être contaminée par l’excitation ambiante. « Ce match va être tellement épiiique ! » chantonna-t-elle. Puis elle se tourna vers Leo en lui tendant le paquet de pop-corn. « Vous en voulez, Monsieur Davis ? »

« Oh euh non. Pas tout de suite. Merci. » répondit poliment l’Étranger, avant de tourner la tête vers les gradins pour jeter un coup d’œil aux spectateurs.

Sarah fronça les sourcils, puis entreprit de faire la même chose après avoir proposé un peu de sucreries à sa mère, qui refusa poliment. Avalant une bouchée par dépit, elle repéra énormément de têtes connues. Elle connaissait au moins très bien un quart des habitants de l’île et une bonne partie du reste de visu. Sur les gradins d’en face au niveau du sommet, elle reconnut le pelage inimitable de Desmond, qui avait trouvé une bonne place. Elle remarqua par la suite que pas mal de gens semblaient la regarder avec curiosité, avant de se rendre compte qu’ils fixaient l’Étranger et les deux dieux assis à côté d’elle. Il était vrai que Leo avait de quoi captiver les foules. De même pour Stan Verdi, son dieu, qui apparemment était venu ici pour faire purifier le garçon à cause de son Passage raté. Il était même dit que Leo ne ressemblait pas à ça à la base, mais à quelque chose ne possédant pas de poils en dehors de ses cheveux et l’équivalent d’un museau de kutz, à cela près que la truffe ressortait bien plus. Sarah avait tenté de s’imaginer la chose en entendant les rumeurs, et se demandait si le résultat final était aussi dérangeant que dans son esprit.

Stan aussi apparemment ressemblait à un « humain » en vrai, ce qui était dommage, étant donné que sous la forme d’un kutz noir avec une petite tache blanche sur le front et de longs cheveux arrangés avec une queue de cheval et son ensemble vestimentaire sobre et élégant, il rayonnait de classe.

De plus, Edgar Bright était à leurs côtés et il était presque sûr et certains que certains des touristes n’avaient jamais vu le dieu qui s’occupait de ce monde. Lui aussi ne ressemblait à aucun autre. Il se désignait comme un « furet », chose dont jamais personne n’avait entendu parler. En tout cas, il avait un pelage assez particulier en cela que son poil brun foncé laissait place à une sorte de masque d’un brun très clair autour des yeux. Ses cheveux bruns ébouriffés le faisaient presque passer pour plus jeune qu’il ne l’était vraiment, puisque la légende dit qu’il aurait vécu avant même l’an Zéro et que donc il serait l’unique être vivant à savoir ce qu’il s’est passé avant cette bien mystérieuse date. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé de lui tirer les vers du nez, mais peu importe qui lui posait la question ou tentait de le piéger pour qu’il parle, rien n’y avait jamais fait. Les rares qui auraient pu répandre le mot étaient ceux ayant vécu durant cette fameuse année, mais personne ne put le consigner dans des carnets ou bien transmettre la vérité. Par choix délibéré ou bien à cause d’un sort d’amnésie générale ? La spéculation était présente, mais la vérité, elle, resterait très certainement enfouie à tout jamais dans l’esprit du dieu.

edgar-bright

1Étant donné que l’argent n’existe pas sur Dyisia, il n’y a pas de récompense pécunière à la clé, mais tout simplement un morceau d’un immense gâteau confectionné par les meilleurs pâtissiers de l’île, ainsi qu’un petit trophée, histoire de garder une trace de l’événement.

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