Les Chroniques de Loutre-Monde : Eastern Tails – Épisode 28

Résumé des épisodes précédents.

Yûzô Kazehiko

Naomi arriva dans la cour aux alentours de 9h15. « Chéri ? »

Yûzô se retourna. « Reste dans la maison, s’il te plaît. Yukito pourrait arriver à tout moment.

— Je ne l’imagine pas arriver aussi tôt. » rétorqua Naomi. « Il doit encore être en train de veiller sur son fils à l’heure qu’il est. »

Yûzô scruta l’horizon depuis la porte principale de l’école. « Il va arriver d’une minute à l’autre. Je le sens. »

Naomi se mit à sourire malgré elle. « J’imagine que tu te dis ça depuis que tu es réveillé, non ? »

Pendant cinq secondes, Yûzô resta silencieux. Puis il lâcha un grognement. « Il faut que tu restes éloigné de tout ça et que tu protèges Mamoru. C’est tout ce qui compte… »

L’oreille de Yûzô se dressa. Des bruits de pas. Nombreux. Il se leva subitement. « C’est lui ! Vite, rentre et reste auprès de Jun et Mamoru ! »

Naomi ne perdit pas une seconde pour appliquer l’ordre de son mari. Yûzô se mit en position, main sur son sabre.

Depuis la porte principale, il put entendre les pas d’un certain nombre d’hommes. Puis le silence.

« Restez ici. »

Il ne put le voir avant quelques secondes, mais enfin un homme entra dans le champ de vision de Yûzô. Yukito.

Le hundini fut surpris de voir l’autre hundini arriver sans rien autour de la hanche. Il arriva au pas de la porte du dojo, la mine grave.

« Yûzô… Si j’avais su qu’on se reverrait.

— Yukito. »

Le chef du clan Sasaki s’avança d’un pas rempli de confiance. « Quatorze ans…

— Ça fait un bail. » Répondit le maître d’école d’un air méfiant.

Yukito observa le bâtiment. « Je vois que tu t’es bien installé. C’est un bel endroit.

— Merci. » Yûzô observa le hundini. « Je vois que tu n’as pas changé.

— Et toi non plus, on dirait. Tu sais pourquoi je viens… N’est-ce pas ? »

La mine de Yûzô s’assombrit. « Hélas. Ton fils… Il… »

Le poing de Yukito se resserra. « Il s’en est sorti. Malheureusement, il a perdu un œil et est encore sous observation médicale. »

À sa grande surprise, la mine froide de Yukito disparut pour laisser place à de la tristesse.

« Je vois… Je suis désolé.

— Tu n’as pas à l’être. Ton fils, en revanche… »

La porte derrière Yûzô s’ouvrit soudainement. Jun sortit d’un pas rapide. « Jun ! Je t’ai dit de rester à la maison ! »

Le garçon s’avança et dépassa son père. « Laisse-moi faire. » répondit Jun, d’un air déterminé.

Le hundini se rapprocha de Yukito, avant de s’agenouiller et s’incliner. « Je suis sincèrement désolé pour ce qui est arrivé à votre fils ! J’ai appris ce qu’il s’est réellement passé et je ne pensais pas que votre fils était une victime dans toute cette histoire. Je suis vraiment vraiment vraiment désolé et suis prêt à en assumer entièrement la faute ! »

Pendant quelques secondes, il ne se passa rien. Yûzô fut une nouvelle fois surpris en voyant l’expression décontenancée de Yukito.

Le chef du clan Sasaki observa le jeune hundini quelques secondes, avant de retrouver toute forme de composition. « Je… Ce n’est pas à moi qu’il faut s’excuser, mais à mon fils directement. » Son regard se dirigea vers Yûzô. « Ton fils a un véritable sens de l’honneur. Tu l’as bien élevé… Cependant… Je… » Il hésita. « Je ne peux laisser ce crime impuni. Des paroles ne peuvent ramener l’œil de mon fils, ni instantanément guérir la femme que ton fils a frappé et encore moins refermer les blessures infligées à une de mes gardes par les Matsumae. Il va me falloir des actes, à commencer par me confier l’enfant Matsumae. Si je ne peux pas récupérer les terres qui lui reviennent de droit, une guerre civile va éclater et ravager la région. »

Jun leva la tête, d’un air choqué.

« Je ne peux pas te laisser avoir l’enfant. » dit Yûzô.

« Yûzô… Tu comprends pourquoi j’ai besoin de lui.

— Pour étendre ton territoire et ton influence ? La moitié de Johsei ne te suffit-elle déjà pas ? »

Yukito fronça les sourcils. « Tu ne comprends donc pas… Johsei ne peut être en paix si deux moitiés sont détenues par deux groupes aux idéologies différentes. Il me faut la totalité du pays et pour ça, il me faut l’enfant.

— Mamoru ne désire pas te joindre et je défendrai cette école de ma vie si c’est pour t’empêcher de l’enlever. »

Yukito leva un sourcil. « Un duel, hein ? Intéressant. Si je gagne, je veux que tu me confies Mamoru et que tu renonces à ton école. Si je perds, l’enfant est à toi. »

Ça, ça risque pas d’arriver. Pensa Yûzô. « Entendu. Et si je gagne, tu renonces à envahir le territoire des Matsumae.

— Ça me va… Du moment que tu en prends toute responsabilité et que tu nettoies derrière les différents clans qui se déchireront sur ce territoire. Je n’interviendrai pas. »

Dit comme ça, ça semblait être une très mauvaise idée.

Yukito remarqua qu’il avait réussi à faire hésiter son adversaire. « Ou bien tu abandonnes et tu me confies l’enfant maintenant, comme ça, le problème est résolu rapidement.

— Pour qu’il vive parmi des gens dénués d’honneur ? Alors ça, ça m’étonnerait.

— Hoh… Tu me blesses, Yûzô ! Ne crois-tu pas que les Matsumae n’étaient pas eux non plus dénués d’honneur ? » Yukito serra son poing. « Ils ont utilisé leur fils pour attaquer le mien ! Jamais je n’aurais fait ça avec Ryû et tu le sais ! »

Yûzô fut incapable de répondre à ça.

« Avec moi, il vivra bien et deviendra un très bon commandant. Ne souhaites-tu pas son bonheur, toi aussi ?

— Si c’est pour que tu t’occupes de lui comme tu t’occupes de ton premier fils, ce n’est même pas la peine. »

Yukito fut véritablement choqué. Puis la plus grande des fureurs put se voir dans son regard. « Je voulais vraiment que cette rencontre se déroule dans le plus grand des calmes. Je pensais même mettre de côté mon idée de venger mon fils… Mais là… Tu viens de me manquer de respect. Tu… TU NE SAIS PAS CE QUE JE VIS, ALORS COMMENT OSES-TU ME JUGER !? » Il se tourna vers le fils de Yûzô. « JUN ! »

Le hundini se leva précipitamment. Yûzô se mit à craindre le pire et posa sa main sur le manche de son sabre.

« Si tu tiens à la vie de ton père, tu as une minute pour chercher des sabres d’entraînement, autrement ça se fera à lames réelles et il ne s’en sortira pas. »

Terrifié, le jeune hundini se précipita vers le centre d’entraînement.

Les deux hundinis étaient désormais seuls. « Je ne souhaite pas que ton fils connaisse ce que le mien et Mamoru ont connu… Ce que nous avons nous aussi connu il y a bien des années… Cependant, une fois que ce duel sera terminé, peu importe le résultat, parce que tu m’as manqué de respect, je veux que toi et ta femme quittiez ce pays. »

Yûzô lança un regard terrifié à Yukito.

« Jun peut vous rejoindre si ça le chante, mais je ferai en sorte de vérifier régulièrement si toi et Naomi êtes dans le coin. Et crois-moi, si moi, mon fils ou un de mes gardes vous voit, j’enverrai tout une armée à votre poursuite. Tu as voulu jouer au plus malin, eh bien voilà ta récompense… »

Jun arriva quelques secondes plus tard avec deux sabres en bois.

« Jun. Le sabre de ton père. Jette-le à l’extérieur de l’école. » ordonna Yukito.

Le jeune homme obéit. Yûzô vit le faible sourire du chef de clan. Puis Yûzô fronça les sourcils en voyant son fils revenir avec un regard terrifié. Il fut incapable d’en savoir plus.

« Allez, mets-toi en position, Yûzô. » dit Yukito.

Une fois les deux hommes prêts, Yukito tint son sabre en garde haute et dit. « J’espère que tu es prêt, parce que je compte tout donner. »

Yûzô ne répondit pas.

Pendant vingt secondes, il ne se passa rien. Les deux adversaires s’observèrent.

Ce fut Yukito qui donna le premier coup, paré sans aucun problème par Yûzô. Il attaqua également les seconde, troisième et quatrième fois, alternant entre coups en haut, en bas et sur le côté. Yûzô n’eut aucun problème à tous les parer.

Le père de Jun tenta alors une contre-offensive, réussissant à toucher son adversaire une fois.

Énervé, Yukito décida de changer de technique, tentant une approche dyisienne au combat. Les mouvements étaient plus amples, mais encore plus rapides. Heureusement pour le père de Jun, il avait déjà eu l’occasion d’affronter des personnes utilisant ces techniques, notamment grâce à Colin, un de ses anciens élèves qui revenait de Dyisia de temps à autres. Il réussit à contrer chacun des coups du hundini avec habileté.

Pendant cinq minutes, Yûzô et Yukito s’échangèrent des coups sans relâche. Yukito changeait sans cesse de style, avant de finalement opter pour un style bien plus direct et sauvage.

« Neo Raïto. » se vanta Yukito.

« Tu es… Allé… Jusque là-bas !? » demanda Yûzô, impressionné. La technique étant inédite, il eut un peu plus de mal à arrêter chaque coup.

« Le trajet était long… Mais valait tellement le coup ! Ezio et Dante Heimann… Étaient des adversaires redoutables… »

Yûzô fronça les sourcils. « Mais… Ce sont les descendants du roi de Raïto ! Comment… Tu les connais !? »

Yukito se mit à sourire d’un sourire malveillant. « Crois-moi… Dans le monde dans lequel je vis… On en rencontre, des gens. Gah ! »

Yûzô parvint à toucher son adversaire au bras. « Je vois… Cependant… »

Le hundini donna un dernier coup. Le sabre de Yukito partit de ses mains. « Ça ne m’empêchera pas de gagner. »

Yukito se massa la main. « En partie, Yûzô. En partie. » Il ramassa le sabre en bois, qu’il lança à Jun avant de se frotter les mains. « Et c’est facile à dire quand on passe sa vie à s’entraîner sans rien avoir d’important à côté. » Il ouvrit les bras, haletant. « J’admets ma défaite. Tu peux garder l’enfant et je n’envahirai pas son territoire. En revanche… »

Yûzô siffla.

Des nombreuses personnes en noir arrivèrent vers l’entrée, des bidons d’alcool à la main. « N’oublie pas que ton fils a privé Ryû de son œil, fait souffrir Chikayo et que tu m’as manqué de respect. Tu as jusqu’à midi pour préparer tes affaires et me dire dans quel pays tu comptes t’installer, après quoi cette école brûlera. »

La porte s’ouvrit derrière Yûzô. Naomi, qui visiblement avait suivi discrètement le duel, en sortit. « Tu n’as pas le droit, Yukito !

— Oh que si. Dans cette situation, j’ai tous les droits.

— Je ne vous le permettrai pas ! »

Yûzô fut terrifié en voyant Mamoru sortir de la maison.

« Oh ! Regardez qui voilà ! » dit Yukito, souriant.

Le garçon sembla paralysé quelques secondes, puis il se reprit. « Monsieur Sasaki, s’il vous plaît, ce ne sont pas les Kazehiko qu’il faut punir !

— Et qui donc, alors ? Je ne vais pas punir un enfant qui n’a rien fait ! » rétorqua le chef du clan Sasaki. Il vit la détresse dans le regard du garçon. « Et si je ne me trompe pas, c’est bien Jun qui a levé la main sur un membre de mon clan, en plus d’avoir accidentellement éborgné mon fils ! »

Yûzô se tourna vers Yukito. « Accidentellement ? Alors tu es au courant !

— Bien évidemment que je le suis. Cependant, ça n’enlève pas le fait que Jun a frappé Juri et que tu m’aies insulté en osant dire que je ne savais pas ce que je faisais avec les miens, aussi illégitimes puissent-ils être. »

Mamoru était clairement désemparé. « Je… Je peux vous céder les terres de ma famille, alors ! Tout, mais ne détruisez pas leur maison ! S’il vous plaît ! »

Yukito s’accroupit pour se mettre au niveau du garçon. « L’offre est plus que noble, mais hélas, à moins que tu ne viennes avec moi, dire que tu me cèdes tes terres ne servira à rien. Personne ne nous croira et la guerre ravagera quand même ce pays. De plus, tout le monde à Shiba s’attend à ce que cette école brûle à midi et ça ne le ferait pas si je revenais sur ma parole. »

Mamoru fixa le hundini d’un air terrifié. « Je… Je viens avec vous !

— Inutile. » répondit Yukito. « Comme je viens de le dire, je ne peux revenir sur ma parole et ce cher Yûzô m’a battu, donc il a ta garde. De plus, si tu venais avec moi, je passerais pour un preneur d’enfants otages. Ce n’est pas l’image que je veux que l’on aie de moi, tu comprends ? »

Yûzô serra son poing. « Monstre… Tu le laisses se débrouiller seul !

— Olà olà, non non non. Je lui ai laissé pas mal d’options ! Il peut venir avec vous, s’il veut, tout comme il peut arpenter le pays à la recherche du reste de sa famille. De plus, je n’ai jamais spécifiquement demandé à ce que Jun parte avec vous. Lui, il peut l’accompagner si Mamoru le désire. Dans tous les cas, et parce que sa famille a commis un des pires crimes possibles à mon égard en voulant me priver de mon fils, si je revois cet enfant, je serai contraint de prendre des mesures drastiques.

— Mais c’est injuste ! » protesta Mamoru. « Je vous ai proposé un arrangement !

— Et cet arrangement ne peut me convenir car en plus d’être peu fiable, il impliquerait d’entacher mon image. Et puis d’après le Code, si d’ici un mois aucun membre du clan Matsumae ne vient réclamer ses terres, elles n’appartiendront à personne. Or, les conditions de ce duel stipulaient que je ne toucherai pas aux terres des Matsumae, donc je n’aurai plus qu’à lever le petit doigt pour les avoir lorsqu’elles ne seront plus affiliées à son clan, quitte à ce que ça créé un petit conflit de quelques semaines. »

Yûzô sentit son sang ne faire qu’un tour. « Espèce de vil manipulateur… Tu t’es joué de nous comme d’un satané violoncelle ! »

Le chef du clan Sasaki haussa les épaules. « Je n’ai rien manipulé. Tu n’as fait que poser des termes trop vagues, donc c’est ta perte. » Puis il se tourna à nouveau vers Mamoru. « Dans tous les cas, je te souhaite bon courage pour retrouver tes grand-parents d’ici la fin du mois… S’ils sont encore en vie. »

Mamoru fixa le hundini d’un air terrifié. « Ils… Sont morts ?

— À toi de le découvrir. Personnellement, je n’en sais rien, mes espions n’ont jamais su ce qu’ils étaient devenus, donc j’espère que tes parents t’en ont parlé avant de partir… Auquel cas je ne peux rien faire. » Il tourna ensuite la tête en direction du couple. « Yûzô, Naomi… Vous avez deux heures pour faire vos affaires et me retrouver à Shiba, avec Jun et Mamoru ou non. Mes hommes vous escorteront. » Le chef du clan Sasaki se retourna et se dirigea vers la sortie de l’école. « Sur ce, mon frère, je dois m’occuper de mon fils. Si vous le voulez bien. »




Instant making-of : une des scènes que j’attendais d’écrire avec grande impatience ! Le plus drôle, c’est que rien ne s’est passé comme prévu, et c’est carrément pour le mieux.

À la base, le duel devait se passer « tranquillement » et était simple : Yûzô gagnait et l’école brûlait quand même parce que Yukito était mauvais perdant.

Et puis Tarô est arrivé.

Tarô a été créé pas mal sur le tard dans le processus de création de l’histoire et est très vite devenu un chouchou à cause de son design vraiment cool. Je ne sais plus comment l’idée qu’il s’agissait en fait du premier fils de Yukito est arrivé, mais tout est arrivé très vite avec l’arrivée de Sonia, la mère de Tarô. Yûzô était donc à la base censé se battre sans être véritablement ignoble, mais quand j’ai créé ce duo de personnages, quelque chose me disait que je me devait d’en faire un point de scénario à pousser. Couplé au fait que Yûzô soit totalement paniqué et sur les dents à cause de la gravité de la situation, il fallait que ça dérape à un moment ou à un autre, résultant en une remarque totalement déplacée qui rend Yukito furieux.

Coup quadruple : Yûzô n’est pas aussi gentil qu’on peut le croire, Yukito gagne immensément en profondeur, la scène gagne énormément en enjeux et le fait que Yukito décide de brûler l’école est désormais totalement justifié. De plus, ça me permettait de tacler ces histoires où les « gentils » agissent en parangon de la justice sans forcément se rendre compte que ce qu’ils affrontent n’est pas si noir et possède beaucoup trop de nuances.

Après, Yukito bascule à nouveau dans le camp des « full bad guys » une fois que Mamoru entre dans le cadre pour une raison que je ne peux encore évoquer, mais c’était un bonheur immense à écrire, car l’utilisation d’une logique particulièrement tordue pour arriver à ses fins est une des choses que j’aime bien décrire.

Il n’était également pas prévu que Yukito possède un style de combat aussi varié et je pensais à la base écrire un duel simple, voire simpliste, mais compte tenu du personnage et du fait qu’il s’agisse d’un homme avide de pouvoir et de connaissances, je ne pouvais me résoudre à ne pas le faire voyager autour du monde. Et glisser une référence totalement gratuite aux princes de Neo Raïto, parce que ces personnages auront leur importance dans les futures histoires de Loutre-Monde. Considérez ça comme un nouvel Easter Egg glissé bien avant les faits ♪

Et oui, j’ai glissé une référence à une des pires lignes de Metal Gear Solid parce que je trouvais ça drôle et ça collait bien au contexte.

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