Sydney

Leo ouvrit les yeux. Une jeune fille le regardait de près… Trop près. « Ah ! Il s’est réveillé ! » s’exclama-t-elle.

Il sursauta. Mais que fait-elle ici !? Et pourquoi est-elle humaine ?

Il observa son environnement. Bizarrement, il reconnut… Sa chambre ? Il fronça des sourcils, puis tourna à nouveau la tête vers la fille. Yep, elle était bien humaine, mais ça n’expliquait pas pourquoi elle était là.

La mine renfrognée, Leo leva la tête de son coussin et vit deux autres humains aux allures de touristes stéréotypés en bout de lit. Oookay. Tout. Va. Bien. Il leva son bras et vit sa main. Parfaitement normale. L’éventualité que ces touristes étaient venus voir le ‘monstre Leo Davis’ pouvait être écartée, même si ça ajoutait bien plus de questions que ça n’en résolvait.

La fillette était encore en train de l’observer comme si on observait un animal en cage. Leo grogna. « Oh regarde maman ! Il bouge !

Vous ne pourriez pas sortir de ma chambre s’il vous plaît ? J’ai envie de dormir ! »

Choqués, les touristes lâchèrent un cri d’indignation. « Oh, vraiment pas poli, lui ! Viens Mathilda, on va visiter les autres pièces. »

Bon débarras… Attends… Les autres pièces ? Cela ne présageait pas du bon. Il lui fallait se lever pour voir ce que ses parents avaient à dire à propos de ça.

Il tenta de rouler hors du lit. Sans succès. Puis une certaine peur commença à l’envahir : il n’arrivait pas à bouger ses jambes. Elles restaient immobiles malgré tous ses efforts.

Difficilement, il réussit à retirer sa couette. Ses jambes avaient l’air tout à fait normales, bien que légèrement atrophiées. Il n’arrivait pas à obtenir de réaction de leur part. D’où venait cette paralysie ?

Leo tourna la tête en direction de l’encadrement du lit, puis tenta d’en agripper le sommet pour se hisser. L’effort fut plus que laborieux, mais il put s’asseoir, ce qui était déjà quelque chose.

Il tendit son bras vers ses jambes puis les frappa. Rien. Pas une seule sensation. Il avait entendu parler des personnes paraplégiques et de l’absence de sensations qu’elles connaissaient, mais jamais il n’aurait imaginé le devenir. Pourquoi lui ? Pourquoi ?

Il hurla.

Ses parents accoururent dans l’instant et virent leur fils dévasté. Pendant plusieurs minutes, ils tentèrent de le rassurer, mais l’exercice prouva être impossible.

Ce n’est qu’un rêve, tu ne peux pas être comme ça. Pas maintenant. C’est un rêve, un rêve, un rêve. Rien d’autre. Mais alors pourquoi n’arrivait-il pas à se réveiller ?

« La maison… Pourquoi est-ce qu’il y a des gens que je ne connais pas ? »

Elsa le regarda d’un air curieux. « Hein ? Le musée ? »

Le mu… « Quoi ?

Oh bah tu sais, ton père a toujours voulu ouvrir un musée de la miniature et maintenant que l’on a les moyens, il a acheté toutes les miniatures au monde et les a entreposées ici. »

Le garçon n’arrivait pas à en croire ses oreilles. Il se mit à paniquer « Je… Je veux voir. Montre-moi ! »

Hugh semblait pensif, puis claqua des doigts. Il partit de la chambre et revint l’instant d’après avec une chaise de bureau en cuir blanc. Leo regarda son père avec de gros yeux. « On n’a pas mieux… » dit-il en haussant les épaules.

***

Une fois installé et stabilisé sur la chaise, Leo fut transporté dans les différentes pièces de la maison. Les murs étaient tous devenus des vitrines, contenant chacune des voitures miniatures par dizaines et le toit était inexistant, laissant tomber une fine pluie. Des touristes en chemise et short prenaient des photos de l’exposition. Lorsqu’ils virent Leo approcher, le silence s’installa. Tout le monde observa le millionnaire handicapé avec un profond respect.

Un jeune garçon le fixait. Il ne l’avait jamais vu, mais son visage lui semblait tellement familier. Il avait surtout l’air bien plus réel que le reste des touristes dans la pièce. Ses vêtements ressemblaient aux uniformes que portent les écoliers anglais avec un pull bleu clair, un short marron et une cravate rouge et noire rayée. Son visage était fin, couvert d’une frange de cheveux courts bien arrangés et ses yeux étaient d’un vert éclatant. Son sourire était tellement large, comme s’il était heureux de voir Leo dans un état pareil. Le jeune homme le regarda avec curiosité. « Tu le connais ? » demanda Elsa.

La bouche du garçon se mit à bouger, lâchant un mot à peine audible. « Sydney… » Le sourire du garçon se mit à s’élargir alors que du sang coulait doucement de sa tempe. Un trou commença à se former de part et d’autre de sa tête, petit du côté droit, bien plus large du gauche. Le flot de sang se fit de plus en plus grand, mais à peine eut Leo le temps de se rendre compte de l’horreur du spectacle macabre qui se tenait sous ses yeux qu’il entendit le bruit d’un claquement de doigts.

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